Langston Galloway, vent de fraîcheur dans franchise en péril

A 23 ans, le rookie Langston Galloway est l'une des seules satisfactions que les fans des Knicks peuvent se mettre sous la dent.

Guillaume RantetPar Guillaume Rantet | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Langston Galloway, vent de fraîcheur dans franchise en péril
27 juin 2014. Le jeune Langston Galloway, est là, sur son lit. Devant lui, une télévision. Dans ses mains, une manette d'une console de jeux vidéos. Le jeune homme de 22 ans s'adonne à sa deuxième passion. Histoire de faire passer la pilule. Et d'oublier. Car la veille, le natif de Baton Rouge, en Louisiane, a attendu que son nom soit annoncé dans l'une des franchises NBA lors de l'édition 2014 de la Draft. La famille Galloway, accompagnée de celle de la petite amie de Langston, Sabrina, s'était même rendue au restaurant pour le féliciter. Eux n'envisageaient pas ne pas voir leur fils prodige accéder à la Grande Ligue, lui qui venait de rentrer dans l'histoire de l'université de Saint Joseph en devenant le deuxième meilleur scoreur de son équipe NCAA, avec 1991 points. Mais la fête a été gâchée. Soixante jeunes joueurs ont été draftés. Pas Langston. Mais Langston n'est pas de ceux qui ont été découragés par un tel coup du sort. Le meneur, qui s'entraînait déjà sans relâche depuis l'élimination de Saint Joseph du tournoi NCAA en vue de la Draft, s'est remis au travail. Rapidement. Efficacement.
« J'étais un peu déçu, mais en même temps, je voulais juste me changer les idées, me détendre un peu, et retourner au travail le jour d'après » confie-t-il dans une interview au New York Post.  

Le jour d'après

Langston Galloway n'a pas été drafté ? Tant pis, répond-il. Surtout que la déception n'aura pas duré bien longtemps : le 9 septembre, le meneur se voit offrir un contrat par les New York Knicks, avec qui il a disputé la Summer League. Le 27 juin dernier est déjà oublié. Sauf que la franchise de Big Apple le coupe fin octobre. Langston est envoyé en D-League, chez les Wetchester Knicks. Une nouvelle chance... La suite ? Une ascension fulgurante. Le 7 janvier 2015, Phil Jackson lui offre un contrat NBA de 10 jours. Dès le lendemain, Langston claque un dunk monumental sur la tête des Rockets. [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=U2KCJtC9ZFI[/youtube] Le président des Knicks est séduit : il lui fait signer un second contrat de 10 jours. Puis un contrat partiellement garanti de deux ans. L'histoire de Langston Galloway connaît un autre coup du sort. Positif, cette fois. Le meneur vétéran, José Calderon, se blesse. Langston Galloway le remplace. Car à 23 ans, le Louisianais est déjà polyvalent.
« A l'Université, je devais jouer poste 2, mais avec le temps, j'ai eu plus la balle dans les mains, et je progresse chaque jour en essayant d'apprendre comment jouer poste 1 et poste 2. »
Conséquence : Langston Galloway débute 20 de ses 24 matchs avec les Knicks. Et en profite pour faire le show.

Show Time

Philadelphie, Détroit, Toronto, Orlando. Ils sont quatre à avoir subi les fulgurances du jeune Galloway dans le money time. L'adresse du meneur sévit souvent dans les derniers instants d'une rencontre. Et notamment à trois-points. Florilège. [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=rtshY9ArbkQ&t=17[/youtube] [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=9le6jnqmQWU[/youtube] [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=Kto73ePwy08&t=52[/youtube] [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=QY37wcuqTDk&t=22[/youtube]
« Il a montré un niveau impressionnant de sang-froid et d'assurance pour un rookie » avoue son coach, Derek Fisher, dans des propos rapportés par ProBasketballBalk.
Un compliment qui va droit au cœur du joueur, qui ne cache pas l'admiration qu'il vouait pour Derek Fisher, lorsque ce dernier foulait les parquets.
« C'est l'un de mes modèles en tant que joueur. Il jouait dur, agressif... Il n'avait peur de rien. Peu importent les circonstances dans lesquelles il devait prendre le shoot, il pouvait shooter à 0,4 seconde de la fin face aux Spurs, ou prendre un tir lointain dans l'angle quand les Lakers avaient besoin d'un trois-point pour remporter le titre, il n'avait peur de rien. »
Les tirs à trois-point, c'est la marque de fabrique de Langston. A Saint-Joseph, il a réalisé quatre saisons à 39%, 47%, 39% et 45% à l'exercice. Le joueur des Knicks a même réussi six trois-points sur neuf à cinq minutes de la fin d'un match cette saison. Langston Galloway, 1m88 pour 92 kilos, sait aussi montrer haut. Les Rockets comme les Pelicans en savent quelque chose. [youtube hd="1"]https://www.youtube.com/watch?v=h0ehu4wT1D4[/youtube] Sa confiance, et son culot, impressionnent. Langston, lui, remercie ses parents :
« Ils m'ont toujours dit de n'avoir peur de rien, et d'avoir confiance en moi, de penser que je peux rivaliser avec n'importe qui dans le monde. »
Une leçon qui a servi au rookie. Et qui lui permet de faire briller un rayon de lumière dans le paysage bien sombre qui envahit Manhattan.

Un rayon de lumière

Le All Star Game arrivé, la plupart des joueurs se sont empressés de rejoindre leur famille ou de prendre du bon temps entre amis. Langston Galloway, l'enfant de la Louisiane, lui, est resté à New York. Admirer le spectacle qui se préparait au Barclays Center et dans sa nouvelle maison : le Madison Square Garden. Devant le match des étoiles, il se met à rêver :
« J'ai regardé ça en me disant ' Peut-être qu'un jour ce sera mon tour. ' ».
Langston Galloway pouvait ainsi admirer la star des Knicks avec qui il a eu la chance d'évoluer, Carmelo Anthony, et qui est devenu son second modèle au sein de la franchise.
« C'est un grand travailleur... très altruiste. Il reste à ton écoute, c'est le plus important. Il aide les jeunes joueurs, et m'a beaucoup aidé personnellement. »
Le rookie était également présent au Rising Stars Challenge. Là où il aurait certainement pu jouer, s'il avait commencé la saison avec les Knicks. Car aujourd'hui, les chiffres sont sans appel : l'ancien joueur de Saint Joseph plante 11 points par match. Ce qui en fait le troisième meilleur rookie, derrière Jabari Parker (12 pts) et Andrew Wiggins (16 pts). A New York, Channing Frye est le seul rookie à avoir suivi ce rythme lors des 25 dernières année. Le match des étoiles ? Le chemin est encore long. Mais celui du Rising Stars Challenge n'est pas si loin. Au sein de l'équipe la plus mauvaise de la Ligue, Langston Galloway apporte de la fraîcheur. Ses trois-points sont des cachets d'aspirine pour les maux de tête des fans new-yorkais. Surtout, sa joie, et sa détente, décrispent (un peu) joueurs, fans et dirigeants. Comme il aime à le dire, Langston s'amuse sur les parquets. Et ça se sent.
« Ce n'est pas un travail pour moi. Je m'amuse quand je joue depuis que j'ai 4 ans. »
Dans une franchise fortement moquée et critiquée, sous le feu des projecteurs de par son histoire et l’effervescence qui l'entoure, et à la recherche d'un leader en l'absence de sa star, Carmelo Anthony, Langston n'a pas eu peur. Au point que certains évoquent une place au sein de la All-Rookie Team. Ce qui en ferait le onzième joueur non drafté à être désigné en son sein. Et le quatrième à être distingué juste après la Draft qui ne l'a pas retenu. Une sacrée revanche sur ce soir de juin 2014, lors duquel aucune franchise n'a cru en Langston. Mais après un passage devant sa console, le meneur est reparti. Très fort.
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