105 BOS
87 PHI
108 GSW
100 OKC

Cleveland, c’est reparti pour un doute

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Les Cavs ont-ils déjà été aussi inquiétants depuis le retour de LeBron James que cette saison ?

La dernière fois que l'on a tiré la sonnette d'alarme pour les Cleveland Cavaliers, ils ont rapidement fait mourir les décibels. C'était fin octobre et les Cavs venaient d'être battus, parfois surclassés, par des équipes contre lesquelles ils n'auraient pas eu à transpirer par le passé. Brooklyn, Orlando, Detroit, New York... S'en étaient suivies 15 victoires en 18 matches, avec un LeBron James absolument époustouflant et des efforts collectifs à la hauteur.

L'inquiétude était prématurée, pensait-on. Comme depuis le retour du "King" en son pays, la franchise de l'Ohio a pris la mauvaise habitude de complètement couper le courant par instants et de devoir enfiler le bleu de chauffe lorsque les critiques commencent à affluer. La mise au point était donc intervenue via cette belle série de victoires et un retour au premier plan au classement.

Nous voilà à mi-saison et l'inquiétude est de retour.

Des roustes sans précédent pour LeBron James

Le constat fait par quiconque a regardé un match des Cavs ces 15 derniers jours se doit d'être sévère. On ne voit pas comment, avec aussi peu d'assurance défensive et de confiance collective, Cleveland pourrait ne serait-ce que prendre un match à Golden State si un quatrième volet des Finales avait lieu aujourd'hui. Jamais une équipe avec LeBron James dans ses rangs n'avait perdu deux matches de suite (contre les Wolves et face aux Raptors) par 25 points d'écart ou plus. Jamais une équipe avec LeBron James dans ses rangs n'avait pris 133 points dans une rencontre sans prolongation.

On aurait pu excuser un soir off si l'adversaire avait été une machine de guerre offensive type Warriors ou Rockets. Toronto a une mécanique bien huilée, mais en l'absence de Kyle Lowry et Serge Ibaka, et avec un DeMar DeRozan à 13 points, on peut se demander comment les Canadiens ont pu autant mettre le feu à la maison. C'est justement parce que n'importe quelle équipe de la ligue paraît capable d'abuser de Cleveland à cette heure que la panique s'empare petit à petit de ceux qui ont misé sur un retour des Cavs en Finales NBA.

Lue aux abonnés absents

Les joueurs donnent des signes visibles de fatigue physique et mentale, trahis par leur langage corporel. Isaiah Thomas, attendu comme l'homme du second souffle, a un peu de mal à retrouver son impact et son adresse (2/15 à Toronto). Kevin Love disparaît petit à petit des matches après un excellent début de saison et Lue considère sans doute que 20 minutes de jeu par match sont suffisantes pour le All-Star. Les autres se laissent un peu vivre, comme dans l'attente d'exploits de James.

La situation ne convient pas à LeBron, bien trop conscient de ce qu'impliquera une telle attitude dans quelques semaines pendant les playoffs. Il y a en tout cas bien longtemps qu'on ne l'avait pas vu prendre un temps mort à son compte et montrer des signes aussi visibles d'énervement.

On peut plaisanter sur le rôle undercover de LeBron comme "vrai" head coach de cette équipe. Mais cette image d'un James qui monte au créneau sur la seule scène d'expression publique de Lue n'est pas favorable au head coach de l'Ohio. Ty Lue, de son côté, a tenté de reprendre la main après la rencontre, ciblant directement la mentalité de ses joueurs.

"Si certains gars dans l'équipe ont des plans pour le futur et ne pensent qu'à leur intérêt, ils doivent se débarrasser de ça et jouer comme il faut".

Gagner ne suffira pas

On peine à imaginer que c'est de l'avenir de LeBron James dont Lue voulait parler. Même si certains ont forcément en tête le fait qu'il s'agit peut-être des derniers mois compétitifs des Cavs avant de longues années.  LeBron James voulait à tout prix éviter que sa future free agency ne parasite la saison des Cavs. Malheureusement, le sujet plane au-dessus du groupe à cause des résultats décevants.

"Si des gars ont des plans cachés ? J’espère que ce n’est pas le cas. En tout cas ce n’est pas le mien. Après quatre ans ensemble et vu notre situation, je ne l'espère pas. De mon coté, je veux juste gagner".

Il reste du temps aux Cavs pour redresser la barre, mais gagner des matches ne suffira pas. Les gens ont besoin de voir le groupe vivre et jouer mieux. Être la deuxième défense la plus perméable de NBA quand on a l'ambition de faire vaciller Boston et, un peu plus tard, Golden State, est inacceptable.