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Le Miami Heat, ça surprend et c’est très prometteur

N.SPar N.SPublié

L'arrivée de Jimmy Butler et l'émergence de très bons jeunes font du Miami Heat une très belle surprise de ce tout début d'exercice

Avec le Miami Heat, c'est clairement le courant alternatif depuis le départ de LeBron James en 2014. Une année, ça fait les playoffs in-extremis, la suivante, ça se plante pour finir à la place du con. Avec un effectif rempli de role players très solides mais aucune star (sans faire injure à un Dwyane Wade vieillissant qui a quitté le navire un an et demi), la franchise floridienne n'a jamais eu de véritable constance. Comme cette saison 2016/2017 où Miami a démarré avec un piteux 10-31... pour ensuite se reprendre et claquer exactement le même bilan mais inversé. Trop juste pour intégrer le top 8.

Pat Riley avait aussi du mal en coulisses à attirer ce fameux go-to-guy. Les gros poissons ont toujours snobé le soleil et la plage de South Beach pour aller dans des écuries plus certaines sportivement. Jusqu'à cet été où Jimmy Butler a rejoint, un peu à la surprise générale, le Miami Heat. L'ailier cherchait une équipe à son image, à savoir le travail, la sueur et la dureté. À Miami, il ne pouvait pas trouver mieux. Comme un bon mariage, du moins sur le papier. Il était le meilleur joueur des Sixers lors des derniers playoffs, celui à qui on donnait la balle en fin de match. Encore plus que Joel Embiid. Et qu'importe ses états d'âme et son caractère compliqué partout où il est passé, Pat Riley n'a pas hésité à se séparer du très prometteur Josh Richardson pour acquérir Jimmy Bulter. Avec seulement un seul match dans les jambes sous ses nouvelles couleurs, la nuit dernière face aux Hawks, on attendra un peu pour voir le réel impact de Jimmy.

Mais si les motifs d'espoir sont très nombreux, ce ne sont pas seulement à cause des résultats. Trois victoires en quatre rencontres, et une défaite très sévère contre Minny, ça se prend. Il y a aussi ce succès acquis en prolongation contre Milwaukee. Mais on ne va pas s'enflammer, il en reste 78 derrière. Encore plus avec le passé récent des ouailles d'Erik Spoelstra. En revanche, le jeu pratiqué est très plaisant. Pas de hero-ball, pas d'isolations et de pick and roll à outrance. Par contre du décalage, de l'extra-passe, et cette volonté criante de se refiler la gonfle. Le spacing est très présent, ce qui permet ce jeu de fixation pour ensuite ressortir les ballons. Bam Adebayo n'est pas un immense fan du post-up, et il se met clairement au service du collectif pour faire tourner la boutique, poser des écrans et écarter le jeu.

Bam Adebayo, futur MIP et... défenseur de l'année ?

Car c'est là aussi la petite révolution de l'été. Hassan Whiteside a enfin dégagé le plancher, lui qui plombait les finances et n'hésitait pas à faire état de son mal-être. Place désormais à Bam Adebayo. Avec des minutes supplémentaire et son potentiel, il est dans les papiers de beaucoup pour décrocher le titre de MIP. Sur ce qu'on a vu, il l'est clairement. Ses chiffres sont déjà très intéressants. 15,8 points, 10,8 rebonds à 54%. Mais il y a autre chose de nouveau dans ce pivot très mobile. Son agressivité est grandissante. Il shoote par exemple 9,3 lancers/match. L'an dernier, c'était presque quatre fois moins. Ça va certainement baisser au fil de la saison, mais l'idée est là. Surtout qu'il est très correct dans l'exercice pour un grand avec 72,9%. Son jeu de passes est très intéressant, dans un rôle de distributeur à la Al Horford. À Milwaukee dimanche, c'était 8 passes. En moyenne, c'est presque 5.

De l'autre côté du terrain, il représente également le défenseur type d'aujourd'hui, capable de défendre au contact dans la raquette, de switcher sur les pick et de faire office de gardien de but. Sur ce dernier point, ce n'est pas Whiteside, reconnaissons-le. Mais quelle activité. Ce sprint pour rattraper Bledsoe en fin de match et lui caler un chasedown est typique d'un Draymond Green ou Anthony Davis dans la mobilité. Ses mains rapides et sa faculté à anticiper et intercepter sont à noter. Et s'il était là, le concurrent direct de Rudy Gobert au titre de défenseur de l'année ? Si le Miami Heat s'intercale dans le top 5 et fait partie des meilleures défenses du pays (actuellement 7e au rating), le doute ne sera plus permis.

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Le Miami Heat a eu du flair avec ses rookies

À 22 ans, Adebayo a tout l'avenir devant lui, tout comme ses compères de première année. Pat Riley a eu le nez fin le soir de la Draft. Avec son 13e choix, il est allé prendre le sulfureux Tyler Herro de Kentucky. Un gars qui n'a pas tourné de l'oeil une seule seconde pour revenir sur sa parole de rejoindre l'Université du Wisconsin, son état natal, pour filer chez l'armada de John Calipari. Mais quel joueur, quel culot. En Summer League ou en pré-saison, on a déjà vu le rookie faire quelques crises de loin. Face à Atlanta hier, le shooteur a remis ça, histoire de continuer sur son début de saison réussi. En sortant du banc, il a eu le temps de lâcher 29 points, dont 19 en second quart-temps, à 7/9 et 16 lancers francs tentés. De quoi devenir le rookie le plus prolifique dans l'histoire du Miami Heat sur un match devant... Dwyane Wade. Il est clairement l'un des cinq meilleurs rookies du moment, en compagnie de son acolyte Kendrick Nunn.

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Inconnu au bataillon il y a encore quelques semaines, cet espèce de mélange entre James Harden et Lou Williams ne figurait même pas parmi les 60 noms draftés. Aujourd'hui, il est le meilleur marqueur de son équipe et de toute sa promo ! Là, on ne parle plus de steal, mais presque d'incompétence pour tous les scouts NBA. On a tous en mémoire cette pointe à 40 unités dans un duel avec Harden en pré-saison, en ayant un peu cette peur que ce ne soit qu'un coup d'un soir. Il leur faudra maintenant tous les deux garder cette régularité, surtout avec l'intégration de Jimmy Butler, tout en limitant les dégâts lors du fameux "rookie wall" aux alentours du All-Star Game.

Goran Dragic, arme létale du banc

Erik Spoelstra a pris sa décision au training-camp, la mène du Miami Heat sera confiée à Justise Winslow. Ça lui réussit bien pour le moment avec un 15-6-8 loin d'être degueu, surtout pour un arrière/ailier de formation. On lui pardonne encore son pourcentage douteux et ses mains glissantes (37% et 3,5 balles perdues). Mais ce choix a aussi pour but de dynamiser, comme en fin d'année dernière, le banc floridien. Blessé une très grande partie l'an dernier, Goran Dragic avait adopté ce rôle de sixième homme. Sans rechigner. Et ça lui va comme un gant. Sur ces quatre matches, le Slovène combine 19,5 points avec 4,5 rebonds et 4,3 passes à 40% derrière l'arc. Tout en jouant en fin de match. Un sacré client pour détrôner Lou Williams en tant que meilleur remplaçant si les blessures le laissent tranquille.