Michael Jordan est le GOAT mais est-ce aussi une chèvre ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Joueur extraordinaire en son temps, Michael Jordan prouve avec les Charlotte Hornets qu’il est un dirigeant catastrophique.

Si vous êtes un supporter des New York Knicks, la soirée d’hier a sans doute été douloureuse. Pleine de désillusions. Celle des fans des Charlotte Hornets n’a probablement pas été pire, parce qu’il y avait moins d’attentes autour de la franchise de Caroline du Nord. Mais c’est peut-être ça le pire : il n’y a plus aucun engouement autour de cette équipe. Michael Jordan, son propriétaire, avait ramené un peu d’excitation en reprenant le nom et les couleurs des Hornets, club mythique des 90’s.

Entre temps, l’organisation avait déménagé à New Orleans pour devenir plus tard les Pelicans… tandis qu’une nouvelle équipe voyait le jour à Charlotte. Les Bobcats. Un nom en référence à l’excentrique ex-propriétaire, Robert Johnson (Bobcats étant lié à Bob, surnom donné à Robert). Michael Jordan a racheté la franchise en 2010 avant de reprendre le nom des Hornets en 2014. Jusque là, c’était cool.

Encore fallait-il construire une formation intéressante. Pendant des années, le peuple de Caroline du Nord, une terre de basket, a vibré pour un seul All-Star. Kemba Walker. Il a été drafté puis développé à Charlotte. Il était le chouchou du public. Et il envisageait même d’y finir sa carrière. Pour ça, il aurait fallu lui proposer le « super max ». Une prolongation record pour le récompenser de sa fidélité. Ça aurait mis les frelons dans le rouge sans pour autant avoir de quoi l’entourer.

Les dirigeants lui ont proposé 160 millions sur cinq ans à la place des 220 possibles. Un manque de respect vu l’écart entre les deux sommes. C’était là un signe fort : Walker n’était plus vraiment le bienvenue et le management s’apprêtait à tourner la page. Franchement, pourquoi pas. Ça peut se justifier. La suite est déjà nettement moins compréhensible.

Afin de remplacer leur meneur All-Star, les Charlotte Hornets ont filé 58 millions sur trois ans, donc presque 20 M la saison, à Terry Rozier. Un remplaçant aux Boston Celtics l’an dernier. Un back-up qui était à 9 points par match et moins de 41% aux tirs. Alors, certes, il était derrière Kyrie Irving. Et il a été excellent lors des playoffs 2018, quand les Celtics ont atteint les finales de Conférence. Mais ça reste léger comme CV. Il n’a que 25 ans, ce qui laisse penser qu’il peut évidemment progresser. Il a aussi un caractère de cochon et il est clairement un joueur moins fort que Kemba (évidemment, ils n’ont pas le même âge ni la même expérience).

Miser 20 millions sur Rozier, c’est risqué. Mais c’est le contexte qui rend cette signature encore plus étrange. Avec ce contrat, les Hornets ont donc blindé leur masse salariale. Si le but était de finir dans le rouge, alors peut-être valait-il mieux garder Walker, non ?

Encore une fois, le deal est plus court et « Scary Terry » est plus jeune. Donc à voir. Mais c’est fou à quel point l’effectif de Charlotte ne fait pas rêver malgré plusieurs salaires supérieurs à 10 millions de dollars. Le plus fou serait que cette équipe atteigne la dixième ou onzième place à l’Est. Celle du con. Pas assez fort pour les playoffs, pas assez fort pour tanker. Bon, l’intersaison n’est pas terminée. Peut-être que les Hornets vont réussir à virer un ou deux gros contrats pour clairement jouer le fond du classement et essayer de dénicher un bon choix à la prochaine draft.

Et si on sait bien que Michael Jordan n’est pas l’unique responsable – il y a un GM sous ses ordres – on notera qu’il n’a toujours pas réussi à se métamorphoser en bon dirigeant. Sur le terrain, c’était le GOAT. En coulisses, c’est une chèvre.