Michael Jordan : pourquoi son Double Nickel Game est aussi culte

Michael Jordan : pourquoi son Double Nickel Game est aussi culte

Marquer 55 pts en NBA n'est plus considéré comme un exploit. En 1995, le Double Nicke Game de Michael Jordan est pourtant devenu iconique.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

Le Double Nickel Game est l'un des matches cultes de l'histoire de la NBA. Pourquoi une copie à 55 points, pas banale mais presque en 2020, est-elle autant ancrée dans les mémoires un quart de siècle après ? Tout simplement parce qu'en valeur symbolique, il est difficile de faire beaucoup mieux. Déjà, l'acteur principal de l'histoire est Michael Jordan.

Tout a plus de signification quand le meilleur joueur de l'histoire est concerné. Mais c'est avant tout le contexte et l'opposition qui font la légende de cette partie disputée par "His Airness" le 28 mars 1995.

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Neuf jours plus tôt, la star des Chicago Bulls avait fait son retour sur les parquets au lendemain du mythique fax "I'm back". Après des premières rencontres un peu poussives où l'icône paraît logiquement rouillée par un an et demi d'éloignement des terrains, l'occasion lui est offerte de briller dans son jardin. Pas Chicago, où le United Center a été inauguré pendant sa retraite, mais New York et le Madison Square Garden.

Les Knicks sont restés performants pendant la disparition de leur bourreau et iront jusqu'en demi-finale de Conférence cette année-là. Ils attendent Jordan de pied ferme et sont préparés à utiliser tous les moyens légaux pour l'empêcher de ressusciter dans leur antre.

"Notre plan était assez simple et le même que la plupart des autres équipes. Essayer de le couvrir en un contre un aussi longtemps que possible, puis effectuer une prise à deux en fin de possession et le pousser à aller sur sa gauche. Il avait déjà vu cette stratégie un paquet de fois.

On a mis John Starks sur lui. Puis Anthony Mason, pour le sortir de la peinture et l'obliger à jouer autour du périmètre", raconte Jeff Van Gundy, alors assistant de Pat Riley, dans le NY Daily News.

Avec John Starks, Anthony Mason (Rest in Power), Charles Oakley et Pat Ewing, les Knicks ont quasiment ce qui se fait de mieux comme armada susceptible de gêner Michael Jordan à l'époque de ce côté-ci du pays. Surtout un Jordan de 32 ans, inactif pendant aussi longtemps et désormais affublé du numéro 45. Ce fameux 45 que Nick Anderson décrira comme "moins explosif et différent du numéro 23, qui ne l'aurait jamais laissé lui faire autant de misères" lors du match entre Orlando et Chicago un peu plus tôt.

Malheureusement pour les Knicks, Jordan a coché cette date dans le calendrier depuis bien trop longtemps. Les Knicks ont beau le pousser, l'agripper, le percuter, rien n'y fait. "His Airness" claque 55 points (le chiffre 55 est souvent qualifié de "double nickel" aux Etats-Unis) à 21/37 (3/4 à 3 points) et prouve qu'il n'a rien perdu de sa férocité et de son génie offensif. Son fait d'armes majeur dans ce match n'est étonnamment même pas un panier.

Alors qu'il reste 14 secondes à jouer et que les deux équipes sont à égalité, Michael Jordan a la balle en main. Tout le monde s'attend à une énième initiative solitaire pour repartir de Big Apple en héros. Raté. C'est Bill Wennington qui raconte le mieux la suite des événements.

"Michael a la balle et va sur la droite en sortie d'écran. Patrick Ewing défendait sur moi sur la gauche. Pat sort d'un coup et me laisse pour jouer la prise à deux. Je m'attends à ce que Mike shoote, mais il me donne la balle. Et comme on me l'a appris au lycée et à la fac, si tu es seul sous le panier, tu sautes et tu dunkes". 

Cette passe décisive pour un panier marqué à 3 secondes de  la fin est suivi par une presse de Jordan sur Starks en sortie de temps mort et par une perte de balle du meneur des Knicks. Une autre action sous-cotée et décisive dans ce succès. L'intensité et la pression retombent alors doucement, notamment chez le Zen Master.

"Ce n'est pas un game 7, mais ça y ressemblait drôlement. C'était un peu l'officialisation de son retour en tant que roi. Michael m'a épaté", se réjouit alors Phil Jackson.

Van Gundy, lui, est encore abasourdi par le simple souvenir de ce Jordan incandescent.

"Ce match, contre l'une des meilleures défenses de la ligue, c'est l'un des plus grands exploits auxquels j'ai pu assister. Réussir à être aussi efficace avec l'arbitrage de l'époque, c'était incroyable. 55 points à l'époque valent sans doute 75 points aujourd'hui. C'était tellement plus physique..."

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Au sortir de la rencontre, Michael Jordan se voit demander ce qu'il a encore en magasin pour épater la galerie maintenant qu'il est de retour.

"Je ne sais pas et c'est ce qui est amusant. Qui sait ce que je serai capable de faire demain ?", lâche-t-il au micro de TNT.

Ce qu'il fera à partir de la rentrée suivante, c'est remporter trois bagues et deux titres de MVP supplémentaires, pour asseoir son statut de G.O.A.T. Rien que ça.

 

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