La Draft 1999, une cuvée massive trop souvent oubliée

La Draft 1999, une cuvée massive trop souvent oubliée

Peu souvent citée parmi les meilleures promotions de l’Histoire de la NBA, la Draft 1999 regorge pourtant de très nombreux joueurs talentueux.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / G.O.D.

1984 avec Michael Jordan, Hakeem Olajuwon, John Stockton et Charles Barkley. 1996 avec Kobe Bryant, Allen Iverson, Steve Nash et Ray Allen. Ou 2003, avec LeBron James, Carmelo Anthony, Dwyane Wade et Chris Bosh. Ce sont toujours les mêmes années qui reviennent dans les discussions au sujet de la « meilleure classe de Draft de tous les temps. » La Draft 1999, elle, est rarement, voire jamais, citée. Pourtant, elle compte neuf All-Stars. Juste un de moins que la cuvée 96. Autant qu’en 2003. Et deux de plus que 84. Présentation d’une promotion qui gagne à être plus connue.

Premier choix, Elton Brand

Fin des années 90. Malgré Michael Jordan, ce sont les intérieurs qui contrôlent la ligue. Encore plus après la deuxième retraite du mythique numéro 23 de Chicago. Un grand puissant capable de marquer dessus, avec une bonne patte à quatre-cinq mètres, qui prend des rebonds ? Banco. Il n’en faut pas plus pour être choisi en première position. Catastrophiques depuis le départ de MJ, les Bulls en profitent pour piocher la star montante formée à Duke.

Malgré plusieurs saisons à 20 points et 10 rebonds, Brand n’a jamais réussi à ramener les taureaux au sommet. Mais il n’est pas passé loin de faire des Clippers, eux aussi très mauvais à l’époque, une équipe dangereuse à l’Ouest. Il les a même menés au second tour des playoffs ! Il a finalement eu la malchance de jouer essentiellement pour des équipes de losers. Des pépins physiques ont écourté son « Prime ». Mais ça reste un joueur très solide.

Deuxième choix, Steve Francis

Un caractère de cochon – il a forcé son transfert dès son arrivée en NBA parce qu’il refusait de jouer pour Vancouver, la franchise qui l’a drafté ! – mais de la dynamite dans le moteur. Un arrière monté sur ressorts qui a même été brièvement le patron des Rockets. Avec même trois sélections All-Star de suite entre 2002 et 2004. Sans les quelques fusibles qui ont sauté au cours de sa carrière, Francis aurait pu s’affirmer comme l’un des meilleurs joueurs de sa génération. Il a malheureusement entamé une descente progressive aux enfers avant ses 30 ans pour finalement tirer sa révérence après « seulement » neuf saisons chez les pros.

Troisième choix, Baron Davis

Un autre phénomène. Un peu grassouillet mais terriblement explosif, Baron Davis a régalé les supporteurs des Hornets puis des Warriors pendant les neuf premières années de sa carrière. Il a porté Charlotte et Golden State vers le second tour des playoffs, avec une qualification historique en sortant Dallas, grand favori, au premier tour en 2008. Il était le moteur de l’équipe « We Believe » des Warriors. Le meneur, le capitaine de route et le meilleur joueur de l’effectif.

Plusieurs saisons autour des 20 points, 4 rebonds et 8 passes de moyenne, que ce soit en Caroline du Nord ou en Californie. Lui aussi a décliné avant même d’atteindre la trentaine, comme Brand ou Francis finalement. La faute à des genoux défaillants qui ont fait dérayer sa fin de carrière. Mais merci pour le run, c’était kiffant.

Quatrième choix, Lamar Odom

Sachez que Lamar Odom ne figure pas parmi les neufs All-Stars de cette cuvée. Et pourtant, comment ne pas le citer ? Personne ne savait réellement à quel poste le faire jouer à son arrivée en NBA. Meneur ? Ailier ? Intérieur ? Il avait les capacités pour assurer partout sur le terrain ! Les Clippers lui ont donné les clés du jeu et l’équipe est soudainement devenue sexy à souhait. 17-8-5 pour a deuxième saison en NBA quand même. Un avenir de star l’attendait.

C’est finalement dans un tout autre rôle qu’il a effectué ses meilleures années. Sixième homme. Toujours à Los Angeles, mais aux Lakers. Grand ami de Kobe Bryant, coéquipier de luxe et homme fort du système de Phil Jackson, Odom a fortement contribué aux deux titres de 2009 et 2010. Avant de sombrer. Dans l’alcool. La drogue. La dépression. Au point de passer tout près de la mort. Encore un joueur qui a sombré trop tôt. Aujourd’hui, il s’en remet. Doucement. Et c’est tout ce qui compte.

Sixième choix, Wally Szczerbiak

Un nom imprononçable mais un ailier très solide – un habitué des salles de musculation – qui s’est acheté un tir en cours de carrière pour devenir un All-Star et un sniper à trois-points. Le meilleur lieutenant de Kevin Garnett aux Timberwolves. Mais aussi le soutien de Paul Pierce aux Celtics, de Kevin Durant aux Sonics et de LeBron James aux Cavaliers. Il n’a pas été une superstar mais des grands joueurs, il en a connus un parquet.

Septième choix, Richard Hamilton

Richard Hamilton, plus connu sous le diminutif RIP, a eu l’honneur d’être le side-kick de Michael Jordan aux Wizards. Jusqu’à ce que MJ se lasse et l’envoie à Detroit en l’échange de Jerry Stackhouse. Une bénédiction pour Hamilton, avec le recul. Parce que c’est aux Pistons qu’il s’affirmera comme une pièce maîtresse en NBA. Un All-Star à 20 points par match. Un fil de fer redoutable en sortie d’écran. Un tireur d’élite de loin. Un défenseur féroce. Et surtout, un champion NBA. Un cadre de l’équipe du Michigan sacrée en 2004.

Huitième choix, Andre Miller

Pas un All-Star mais quel joueur ! Le « Professeur », encore plus malin que celui de la « Casa de Papel ». Un mec qui avouait ouvertement se goinfrer pendant l’été sans en avoir rien à faire des programmes de diététique, mais qui régalait ensuite ses partenaires avec des offrandes à foison dès la reprise de la compétition. Une science du jeu et un QI supérieur à la norme.

Auteur d’une très longue carrière pour le coup, Andre Miller figure parmi les meilleurs passeurs de l’Histoire de la NBA (onzième). Ironie, cet homme toujours très altruiste a un jour claqué plus de 50 points dans un match.

Neuvième choix, Shawn Marion

« Matrix » ! Mais quel joueur aurait été Shawn Marion s’il était né dix ans plus tard ? Il serait considéré comme Draymond Green, en plus fort, s’il jouait dans la NBA actuelle. Un monstre, pas calé dans les codes de son époque. Pas vraiment ailier-fort mais redoutable aux rebonds. Pas vraiment adroit – une mécanique horrible – mais capable de coller 20 points par match. Ni même réellement technique mais terriblement complet. Un cadre de l’équipe magique des Suns sous Steve Nash et Mike D’Antoni. Terriblement sous-estimé à l’époque.

Sans lui, Phoenix n’aurait jamais connu le même succès. Et s’il y avait au moins un joueur qui défendait autant que lui, ce groupe aurait sans doute eu une ou deux bagues. Marion méritait un DPOY. Il a finalement été quatre fois All-Stars avec quelques lignes de statistiques assez dingues. La consécration ? Son titre, mais avec les Mavericks, en 2011.

Dixième choix, Jason Terry

Encore un qui n’a pas été All-Star mais qui a marqué son temps. Jason Terry, alias le « Jet », a ouvert la voie aux Jamal Crawford et autres Lou Williams. Superstar soliste et à la sélection de tirs hasardeuse, il a finalement brillé dans un rôle de sixième homme beaucoup plus libre. Un joker offensif capable de flirter avec les 20 points de moyenne. Lui aussi un joueur clé du titre des Mavericks en 2011.

Seizième choix, Ron Artest

Réputé pour ses déclarations rocambolesques et ses frasques, Ron Artest, maintenant Metta World Peace, a d’abord été un excellent joueur de basket. Proche des 20 points de moyenne pendant plusieurs saisons tout en étant l’un des meilleurs défenseurs de toute la NBA. Ses pétages de plomb l’ont sans doute fait passer à côté d’une carrière un peu plus glorieuse sur le plan individuel. Mais en acceptant de devenir un joueur de devoir, il a décroché une bague, aux Lakers, en 2010, en plantant le tir le plus important du Game 7.

Vingt-quatrième choix, Andreï Kirilenko

Encore un qui aurait mérité de débarquer dans une NBA plus moderne. Et encore une carrière écourtée par les blessures. Mais avant ça, « AK-47 » a tout de même été un joueur très complet. Star du renouveau du Jazz après les départs de John Stockton et Karl Malone.

Cinquante-septième choix, Manu Ginobili

Et le meilleur pour la fin ! Si Manu Ginobili n’a rejoint la NBA qu’en 2002, après avoir mis l’Europe à ses pieds, il appartient officiellement à la cuvée 1999. Les Spurs ont eu le flair – ou la chance – de le piocher à la toute fin du second tour cet Argentin. L’Argentin a ensuite eu la carrière que tout le monde connaît. Quadruple champion NBA, sixième homme fantasque, All-Star, génie… le seul Hall Of Famer de la promotion. C’est justement ce qui manque à cette Draft 1999 pour vraiment figurer parmi les meilleures de tous les temps. Une ou deux vraies superstars de plus.

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