P.J. Tucker, homme de l’ombre indispensable aux Rockets

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Il n’est pas All-Star et il ne marque pas 20 points par match mais le vétéran P.J. Tucker continue de faire gagner les Houston Rockets.

C’est fou de se dire que dans une équipe qui compte James Harden, un MVP auteur de 41 points lors du dernier match contre les Golden State Warriors, un Eric Gordon survolté à 30 pions ou encore un futur Hall Of Famer en la personne de Chris Paul, c’est le sans-grade P.J. Tucker qui a sans doute sauvé la peau des Houston Rockets au cours du Game 3 des demi-finales de Conférence Ouest. Les Texans l’ont emporté, mais ils ont eu chaud. Parce que Kevin Durant avait activé le mode « démolition ». Et ses Warriors avaient pris l’avantage en début de quatrième quart temps. Tucker, lui, ruminait sur le banc. Le vétéran a alors pressé tout le staff de la franchise pour revenir sur le terrain. Bien qu’il ait déjà écopé de sa quatrième faute.

« J’étais en colère parce que je sais que c’est en début de quatrième quart que KD part dans ses runs. Le coach m’a laissé sur le banc et j’étais frustré », explique l’intéressé.

Mike D’Antoni et ses assistants ont bien fait de l’écouter et de le laisser entrer sur le parquet. Durant venait de marquer sur quatre possessions de suite. Le coach des Rockets a donc pris un temps mort pour relancer son stoppeur. Ça a fait toute la différence . Il a calmé KD en défendant sur lui comme un acharné. La star de Golden State a terminé avec 2 sur 7 aux tirs. Seulement 7 points dans les quinze dernières minutes pour le meilleur joueur du monde.

« Nous n’avons aucune réponse pour KD mais P.J. est le seul qui peut le ralentir. P.J. nous a fait gagner ce match », osait Austin Rivers.

Pas seulement en défendant dur. Tucker est aussi allé au charbon aux rebonds. Il a capté 9 prises dans le quatrième quart temps et en prolongation. Plus que l’équipe adverse sur la même période, à lui tout seul. Il a jouté ses 7 points, tous inscrits dans des moments clés.

« C’est Tuck. C’est un gagnant. Il a refusé de nous voir perdre », remarquait Mike D’Antoni.

C’est vrai que cette attitude, le joueur de 34 ans l’a adopté il y a des années. Ce n’était pas la première fois qu’il se battait comme un lion pour essayer de faire gagner son équipe. Sans rechigner devant la tâche ou même avoir peur de faire le sale boulot. Il fait ce qui est nécessaire pour que ses coéquipiers soient en bonne position pour l’emporter.

« Il joue extrêmement dur à chaque fois qu’il est sur le terrain depuis qu’il est arrivé en NBA », notait Kevin Durant.

P.J. Tucker ne compte pas. Ni ses efforts, ni ses statistiques. C’est ce qui le rend si précieux aux Rockets. Il peut défendre, prendre du rebond, marquer des trois-points, jouer sans le ballon, évoluer au poste trois, quatre ou même cinq. Notamment contre les Warriors, une série où les deux équipes n’hésitent pas à miser sur du extra-small-ball.

« Il ne fait pas dans le glamour. Il fait des trucs qui ne se voient pas forcément sur la feuille de match. C’est vraiment l’un des joueurs les plus importants de notre équipe. Il joue dur et ça vous force à faire la même chose. »

Chaque équipe devrait avoir son P.J. Tucker. Et le vétéran peut servir de modèle à de nombreux basketteurs moins talentueux qui veulent faire une longue carrière au plus haut niveau.