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R.J. Barrett, plus qu’un lot de consolation pour les Knicks

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les New York Knicks ont peut-être trouvé leur prochaine superstar en draftant R.J. Barrett avec le troisième choix hier soir.

Vous-vous souvenez de la dernière fois où les supporters des New York Knicks n’ont pas hué le choix de leur propre franchise le soir de la draft ? Twitter ne devait même pas exister à l’époque. C’est dire à quel point ça remonte. Les fans de la franchise en ont vu de toutes les couleurs depuis plusieurs années et la draft était habituellement leur défouloir. Une opportunité de montrer aux dirigeants à quel point ils sont mécontents – sans risquer d’être banni du Madison Square Garden. Mais ils étaient heureux cette nuit. Très heureux. Ils ont accueilli R.J. Barrett, rookie appelé en troisième par Adam Silver, avec des applaudissements nourris.

Ils craignaient peut-être que leur club de cœur fasse encore une fois le mauvais choix. Le jour même de la draft, le management a mis à l’essai Coby White, un jeune meneur. La veille, c’était Darius Garland, un autre joueur au poste un. Et ça alors que Dennis Smith Jr, Emmanuel Mudiay et Frank Ntilikina font encore partie de l’effectif. Plusieurs rumeurs évoquaient la possibilité pour les Knicks de descendre d’un ou plusieurs crans à la draft. Ce qui aurait probablement été la mauvaise décision. Mais non, la franchise a rassuré son monde en optant pour ce qui avait du sens : drafter Barrett.

R.J. Barrett, un talent sous-estimé ?

Pour le jeune homme, c’était un moment vraiment particulier. Son grand-père était un grand supporter de la franchise new-yorkaise. Il espérait vraiment débarquer dans la grosse pomme. Voilà donc un joueur qui veut évoluer ici, malgré les déboires de l’organisation depuis des années, et qui est déjà apprécié par les fans. Le début d’une belle histoire ?

Il ne faut pas oublier que ce talent de demain est tout sauf un lot de consolation. Il y a encore un an, il était perçu comme le favori pour être choisi en première position lors de la Draft 2019. Il était le prospect numéro un de sa génération, devant Zion Williamson, au moment de choisir l’université de Duke. Le basketteur le plus prometteur de l’Histoire du Canada. Plus encore qu’Andrew Wiggins, pourtant numéro un de la draft 2014. R.J. Barrett avait notamment désossé Team USA – qui comptait alors Hamidou Diallo, Kevin Huerter, P.J. Washington ou encore Cameron Reddish – lors du mondial U-19 en 2017. Menant ainsi sa sélection à la médaille d’Or tout en étant élu MVP de la compétition.

Il a presque été éclipsé par la « hype » énorme autour de son ami Williamson lors de leur saison commune à Duke. Souvent présenté comme le bouc émissaire des échecs des Blue Devils. Au point d’être presque sous-estimé. Il tournait quand même presque à 24 points, 8 rebonds et 4 passes de moyenne pour sa seule année à l’université ! Des statistiques rares pour un freshman.

La race des grands scoreurs

Il a le jeu pour faire vibrer les fans des Knicks dès son arrivée en NBA. Les comparaisons vont de DeMar DeRozan à Tracy McGrady. Le profil, c’est celui d’un attaquant grand par la taille (2,01 mètres) capable de scorer dans diverses situations et de créer du jeu. Il a aussi les atouts physiologiques pour bien défendre chez les pros. Un potentiel « two way player », l’accent étant évidemment mis sur « potentiel ».

Il a déjà l’air prêt pour la NBA physiquement. R.J. Barrett est d’abord un slasheur qui aime avoir le ballon entre les mains pour driver, et parfois distribuer. Il n’a pas peur des contacts, il était même bon pour ça à la fac. Après, conclure face à des intérieurs adultes est évidemment autre chose. Mais sa silhouette tracée laisse penser qu’il a déjà commencé à se renforcer musculairement. Son petit flotteur main gauche est aussi une arme qui pourrait faire des dégâts, surtout que les défenses NBA laissent souvent de l’espace aux attaquants à mi-distance.

Les Knicks vont pouvoir lui filer la gonfle entre les mains et le laisser provoquer les défenses. Si New York ne signe pas de stars cet été – et c’est bien parti pour – il sera sans doute la première option offensive de l’équipe. Tant mieux. Bon, ce serait évidemment une forte pression mise sur les épaules d’un jeune homme de 19 ans. Mais il a l’air prêt à relever les défis. C’est un bosseur.

Un tir à travailler pour passer un cap

Justement, en parlant de boulot, il va devoir se pencher sur son tir extérieur. C’est un peu le cliché du joueur attiré par le cercle qui a une adresse irrégulière. Il a le potentiel pour développer un shoot intéressant en sortie de dribble. C’est une clé pour les stars NBA. Si la défense passe sous les écrans, il doit pouvoir punir. Ça permet de débloquer tous les autres aspects de son jeu. Son 66% aux lancers et 30% derrière l’arc en NCAA ne sont évidemment pas encourageants. Mais il y a un petit touché.

Il va devoir répéter de nombreuses situations pour accroître ses pourcentages. Il manque aussi d’expérience. ESPN ciblait ses prises de décision comme l’une de ses faiblesses. Barrett va parfois prendre un tir forcé plutôt que de libérer la balle sur un coéquipier démarqué. Peut-être que ça peut changer en étant entouré de meilleurs shooteurs autour de lui. Même si ce n’est pas nécessairement la qualité première de l’effectif des Knicks à l’heure actuelle.

Il manque aussi d’un peu d’explosivité pour se créer de l’espace. Mais c’est un débat un peu particulier. Certains scouts ont toujours cette crainte quand un prospect n’a pas autant de verticalité que son profil pourrait le laisser penser. En continuant à apprendre à maîtriser son corps et sa taille, le Canadien peut devenir une vraie menace offensive de premier plan. S’il se discipline, il sera aussi un défenseur de qualité.

Un Andrew Wiggins du riche ?

Pour l’instant, il lui arrive encore de s’endormir en défense. Les coaches NBA lui demanderont de jouer dur constamment. Notamment un entraîneur comme David Fizdale, actuellement sur le banc des Knicks. C’est à lui de faire des efforts. Il a déjà tendance à se battre aux rebonds et à plutôt bien défendre sous le panier. Reste à voir comment il réagira quand il devra chasser un ailier qui passe à travers trois picks (NB : la plupart des équipes NBA switchent dans cette situation).

Sa main droite est quasiment inexistante et les défenses adverses le pousseront constamment sur ce côté. C’est un autre aspect important pour qu’il score au très haut niveau. Il y a des côtés Wiggins dans le jeu, un garçon incroyablement talentueux qui se repose sur ses acquis. C'est cependant un meilleur passeur. Il a un potentiel de playmaker intéressant avec sa taille. Surtout, ce n'est pas la personnalité de R.J. Barrett. Il en veut. Il est bien entouré, aussi, avec un père basketteur – passés par l’ASVEL et d’autres clubs français – et un parrain très spécial en la personne de Steve Nash. Son moment avec son paternel, très fier de lui, était l’une des belles séquences de la soirée. Ça donne envie de le voir réussir. Ça prendra peut-être un peu de temps avant qu’il fasse vraiment gagner son équipe. Mais il a le talent pour aider les Knicks à rêver d’un avenir meilleur.