Rudy Gobert : « Les gens qui connaissent le basket nous prennent au sérieux »

Déterminé et sûr des forces de son équipe, c'est un Rudy Gobert plein de sérénité que nous avons croisé à Utah.

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Interview
Rudy Gobert : « Les gens qui connaissent le basket nous prennent au sérieux »
De passage dans l'Utah la semaine dernière, nous avons eu l'occasion, avec d'autres médias français, d'aller à la rencontre de Rudy Gobert dans son élément. Dans la salle d'entraînement du Utah Jazz, le Zions Bank Basketball Center, nous avons pu le voir à l'oeuvre durant un entraînement individuel avant de discuter avec lui de sa saison, de ses objectifs avec le Jazz et avec l'équipe de France et de... sa barbe. Quelques heures plus tard, il battait son record de points en carrière en claquant 35 points aux Knicks ! A croire qu'on porte chance... BasketSession : Tu n'as pas été All-Star mais tu restes dans le course pour le titre de meilleur défenseur de l'année, comment est-ce que tu juges ta saison ? Rudy Gobert : Pour moi, ça  va avec l'équipe. J'ai travaillé très dur cet été pour revenir plus fort et être capable d'aider l'équipe au mieux et, cette année, on a été très constant, même si on a eu pas mal de blessures, et on a réussi à gagner beaucoup de matches. Personnellement, je me sens mieux, plus confiant, plus fort physiquement et mentalement. C'est le résultat de l'expérience que j'ai pu emmagasiner et du travail que j'ai fourni, mais je sens que je peux encore énormément progresser. BasketSession : Tu sens aussi que tes adversaires te respectent plus ? RG : Bien sûr, déjà l'année dernière, je sentais que les attaques adverses se préparaient par rapport à moi et cette année encore plus. Les mecs sont beaucoup plus physiques, ils essaient de faire le max pour me stopper. Chaque année c'est un nouveau challenge. BasketSession : Certaines équipes modifient leur plan de jeu pour essayer de t'éloigner au maximum de la raquette... RG : C'est clair, il y a des équipes qui prennent moins de tirs quand je suis là et tu sens que parfois ils ne regardent même pas le panier. C'est pas forcément le match où je mets le plus de contres que j'ai le plus d'impact. Il y a des matches dont j'ai changé totalement la physionomie parce que les mecs ne tirent même pas, je vais peut-être avoir zéro contre, mais j'aurais fait un meilleur match que d'autres où j'aurais mis sept ou huit contres.

[superquote pos="c"]"C'est pas forcément le match où je mets le plus de contres que j'ai le plus d'impact."[/superquote]

BasketSession : Salt Lake City t'a vu grandir, tu es un peu comme l'enfant du pays, non ? RG : Tout le monde me connaît ici, bien plus qu'en France. En France, quand je me ballade, les gens s'arrêtent parce que je suis grand, mais le grand public ne me connait pas plus que ça. Les gens vont peut-être se dire qu'ils m'ont déjà vu quelque part, mais ils ne connaissent pas forcément mon nom ou quoi que ce soit. [caption id="attachment_378495" align="alignright" width="318"] Une rivalité avec les Clippers ? "Pas vraiment"...[/caption] BasketSession : Tu te sens bien ici ? RG : J'aime bien vivre ici, c'est assez calme, il n'y a jamais trop de bouchons, il y a pas mal de bons restaurants et il y a aussi des endroits pour s'amuser, même si ça ferme un peu tôt que les lois sont assez strictes... Mais bon, vu que je ne bois pas pendant la saison, ça ne me dérange pas (il sourit). Je suis très bien ici. BasketSession : De toute façon, quand on a joué à Cholet on peut jouer n'importe où, non ? RG : (Rires) C'est clair, mais ici ça n'a rien à voir avec Cholet, les gens sous-estiment Salt Lake City. BasketSession : Vous semblez bien partis pour jouer les Clippers au premier tour, on sent qu'il y a une rivalité qui est en train de s'installer entre vos deux équipes, non ? RG : Pas vraiment. Ce sont des matches physiques, des matches de basket, même si on sait que ces matches comptent quasiment double vu qu'on a des chances de se retrouver à égalité avec eux, ils sont un peu plus intenses. Mais il n'y a pas de rivalité en particulier. BasketSession : Vraiment ? Il y a pourtant eu quelques petites déclarations de-ci, de-là... RG : (Il sourit) Ce ne sont que des déclarations...

Rudy Gobert a été sans pitié avec les Knicks

http://www.dailymotion.com/video/x5gug1m_record-en-carriere-rudy-gobert-claque-35-points-aux-knicks_sport BasketSession : Même si vous faites une très bonne saison, on a l'impression que certains vous voient toujours comme une « petite équipe », non ? RG : On est un petit marché, les Knicks ou les Lakers passent beaucoup plus à la télé que nous, par exemple. Voilà, c'est comme ça, on s'y est fait. Tout ce qui compte pour nous, c'est de gagner les matches et, en playoffs, de montrer l'équipe qu'on est. Les gens commencent quand même à nous montrer de plus en plus de respect, que ça soit individuellement ou collectivement. Tu sens que les gens qui connaissent le basket nous prennent au sérieux, mais les gens en général regardent les highlights et sont surpris quand ils regardent le classement de voir qu'on est quatrième.

[superquote pos="c"]"On sait qu'on n’est pas flashy, mais on est une équipe altruiste avec des mecs qui défendent dur et qui ont une mentalité d'équipe."[/superquote]

BasketSession : On t'a vu beaucoup bosser ton jeu offensif à l'entraînement, ça reste là que tu peux encore beaucoup progresser... RG : Je travaille mon shoot tous les jours, après c'est en match qu'il faut que je prenne les opportunités qui se présentent. C'est le palier que je dois encore franchir, mais je pense que c'est plus mental que technique. BasketSession : Quand tu dis que c'est mental, tu veux dire qu'il faut que tu oses prendre ces shoots ? RG : C'est surtout d'y penser, parce que des fois je suis prêt à driver ou à faire le main à main et après je me rends compte que je suis tout seul, mais c'est trop tard parce que je ne suis plus vraiment en rythme. Alors que si je pense à regarder le cercle avant même de recevoir la balle, là "Boom" je peux tirer. C'est ce palier que je dois franchir. [caption id="attachment_378493" align="alignleft" width="318"] Impossible de louper Rudy Gobert quand on va assister à un match à la Vivint Arena.[/caption] BasketSession : Vous avez l'une des équipes les plus cosmopolites de toute la ligue, ça apporte quelque chose à votre collectif ? RG : Quand tu regardes les Spurs et la façon dont ils ont construit leur équipe, nous on fait un peu la même chose. On sait qu'on n’est pas flashy, mais on est une équipe altruiste avec des mecs qui défendent dur et qui ont une mentalité d'équipe. BasketSession : Comment ça se passe avec Boris ? RG : C'était top qu'il vienne ici. J'étais le seul Français, donc rien que ça, ça a fait du bien. Et puis Boris on le connait, c'est un bon gars et c'est un mec qui a de l'expérience. C'est un bon mentor donc c'est top d'avoir un mec comme ça avec moi. BasketSession : Contrairement à l'équipe de France, cette fois c'est toi qui l'a accueilli dans l'équipe. Tu as pu lui rendre la monnaie de sa pièce de ce qu'il a pu te faire vivre en sélection ? RG : (Il sourit) Tout le monde le connaissait déjà, il est très respecté au sein de la ligue donc l'intégration s'est bien passée. BasketSession : Concernant le prochain Euro, est-ce que tu sais quand tu vas prendre ta décision ? RG : Je ne sais pas encore. Il faudra que je vois avec le Jazz, ils ont dit qu'on en reparlerait à la fin de la saison. Moi j'ai envie d'y aller, mais si mon club ne veut pas que j'y aille, je ne pense pas que j'irais. Après, il n'y a pas de raison pour qu'ils me disent ça si tout se passe bien, donc on verra. BasketSession : A la base c'était un pari avec Raul Neto, mais finalement tu as gardé la barbe... RG : (Rires) Oui, mais je l'ai taillée maintenant. Avant j'avais un peu de trous donc c'était moche, mais maintenant ça va, ça commence à passer.
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