Scott Brooks déçoit encore : Il ne faut pas rester là, monsieur..

Alexis RabutéPar Alexis Rabuté Publié

Washington n’a pas été ridicule face à Toronto. Pour autant, cela ne sauve pas le très mauvais bilan du coach Scott Brooks.

C’est désormais officiel : la saison des Washington Wizards de Scott Brooks prend fin avec cette ultime défaite au Game 6 contre les Toronto Raptors. Le point final d’un exercice totalement manqué où le coach a une nouvelle fois montré ses limites.

Bien évidemment, avant de lancer l’autopsie d’un coaching défaillant, il ne faut pas occulter certains problèmes plus larges. Il serait temps que les Wizards parlent moins et prouvent plus, leur duo de All-Stars en tête. La saison de John Wall reste l’une des plus grandes déceptions cette année en NBA. Le poste de pivot doit absolument se renouveler, avec en priorité le départ de Marcin Gortat.

Malgré tous ses problèmes individuels, il devient difficile de ne pas pointer du doigt le travail de Brooks. Il y a un an, Washington donnait l’impression de représenter la vraie force naissante à l’Est. Malheureusement pour eux, les carences affichées au Game 7 contre Boston persistent. Une rencontre qu’ils n’auraient d’ailleurs jamais dû perdre.. Rappelons que Brad Stevens a donné une leçon de coaching, avec un Kelly Olynyk finissant joueur du match, là où son confrère de DC se reposait uniquement sur le duo Wall-Beal.

Un effectif stable

S’il y avait un classement des vestiaires les plus difficiles à gérer, celui des Wizards décrocherait certainement une place sur le podium. Un argument qui serait recevable si ce n’était pas déjà le cas la saison dernière, où l’équipe avait montré de belles choses. En l’espace d’un an, hormis de très légères modifications (Bojan Bogdanovic et Brandon Jennings partis, Jodie Meeks et Mike Scott arrivés), les hommes de Scott Brooks n’ont cessé de régresser.

Beaucoup de monde, dont John Wall lui-même, avait pointé du doigt le manque d’apport du banc. Une responsabilité qui dépend forcément de l’homme en charge des rotations. Lorsqu’on regarde la saison du supporting cast autour du duo Wall-Beal, ça en devient effrayant..

La saison entière n’a été qu’un permanent ajustement, sans réel fil conducteur. Il n’a jamais cédé à la tentation d’installer Kelly Oubre dans le cinq de départ. En backup des deux leaders, Tomas Satoransky a alterné les deux postes, disparaissant parfois des rotations, sans jamais avoir l’occasion de jouer avec la balle en main. Même face aux seconds units adverses.

Les playoffs, révélateur des incohérences

Washington a réussi l’exploit de prendre deux matchs dans cette série. L’équipe peut remercier John Wall et Bradley Beal, monstrueux et capables de créer individuellement mais aussi pour les autres dans le cas du meneur. Malheureusement pour eux, c’est sur le reste des aspects qu’ils perdent la série.

Le parallèle avec Toronto fait froid dans le dos. Critiqué pour les mêmes raisons l’an dernier, Dwane Casey est parvenu à s’adapter. Moins dépendants de leur backcourt, les Raptors ont gagné plusieurs matchs grâce à un banc de touche très performant (Delon Wright, Pascal Siakam, C.J Miles, Fred VanVleet etc..).

En face, Scott Brooks a enchaîné les rotations.. surprenantes. Totalement dépassé en défense, Marcin Gortat n’a cessé d’offrir l’accès au cercle à ses adversaires. À chaque fois qu’un joueur de Toronto se retrouvait face à lui, il fonçait l’affronter en un contre un. Pourtant, le pivot polonais a encore joui d’un temps de jeu conséquent.

Sans être formidable, Ian Mahinmi aurait peut-être mérité davantage de minutes quand on voit l’impact négatif de son concurrent. Sauf que parmi ses remplaçants, Brooks a préféré tout miser sur Ty Lawson. Un joueur qui, rappelons-le, jouait encore en Chine il y a quelques semaines et semblait fini pour la NBA. Même s’il n’a pas démérité, comment peut-on décider de responsabiliser autant ce joueur ? Quel message envoie un coach aux autres joueurs de l’effectif avec un tel management ?

Et maintenant, quoi ?

Un échec, voilà à quoi ressemble cette saison de Washington. Une telle déception devrait logiquement pousser le front office à remettre plusieurs choses en question, le coaching en tête.

Scott Brooks n’a jamais réussi à installer un réel jeu collectif. Que cela soit au Thunder avec le duo Durant-Westbrook ou aux Wizards avec Wall-Beal, il s’est trop souvent reposé sur des exceptionnelles individualités. Suffisant pour aller en playoffs, ce modèle montre ses limites au plus haut niveau.

La franchise de la capitale va devoir revoir son modèle. Avec Wall, Beal, Porter et Oubre, il existe une base intéressante, si tenté qu’elle souhaite encore jouer ensemble. Le reste doit forcément changer, ça paraît inévitable.