106 PHI
86 DET
95 CLE
118 BOS
111 IND
119 MIN

Ibaka et Siakam, la raquette la plus efficace à l’Est

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

S’ils ne sont peut-être pas aussi talentueux que d’autres duos d’intérieurs, Serge Ibaka et Pascal Siakam forment un tandem redoutable qui marche sur la NBA depuis le début de la saison.

Oui, les plus prompts d’entre vous réagiront sans doute, peut-être même outrés, en mentionnant avec insistance les noms de Blake Griffin et Andre Drummond. Les deux intérieurs des Detroit Pistons composent probablement la meilleure raquette de la Conférence Est – si jamais ce terme a vraiment un sens quelconque. Après tout, ce sont-là deux All-Stars. Un statut que ni Serge Ibaka ni Pascal Siakam ne peut revendiquer à l’heure actuelle. Mais pourtant, une fois ensemble, le Congolais et le Camerounais ont peu d’équivalent en NBA. Et surtout pas en ce moment.

Ils ont été excellents cette nuit. Ibaka a posté 34 points – son nouveau record en carrière – en ne ratant que deux tirs (15/17) et tout en prenant 10 rebonds. Il avait même été absolument phénoménal dans le premier quart temps en inscrivant 20 points à 8/8 quand les Los Angeles Lakers n’en totalisaient que 17. Siakam a compilé un nouveau double-double avec 16 points et 13 rebonds de son côté. Une nouvelle prestation dominante d’une association redoutablement efficace depuis le début de la saison.

Serge Ibaka et Pascal Siakam, plus modernes donc plus forts ?

Les deux joueurs n’ont peut-être pas autant d’atouts techniques que Griffin et Drummond (enfin, surtout Griffin…) mais ils sont peut-être mieux taillés pour la NBA actuelle. D’où les performances de leur duo. C’est l’un des tandems les mieux adaptés au jeu moderne. La modernité justement, ou le « small ball », ce n’est pas seulement une capacité à étirer le jeu ou même à tirer à trois-points. Ce n’est pas non plus, comme son nom pourrait l’indiquer, une question de taille. Jouer « small », c’est d’abord avoir des basketteurs polyvalents et interchangeables sur le terrain. Et c’est peut-être aussi paradoxalement… de la défense, encore plus à une époque où les scores fleuves sont de plus en plus nombreux au sein d’une ligue qui privilégie l’attaque à outrance.

La raquette des Toronto Raptors est l’une des plus complètes du championnat défensivement. Serge Ibaka protège le cercle, ce qui n’est pas nécessairement le cas d’un Drummond machine à rebonds mais souvent dominé dessous. Le natif de Brazzaville limite ses opposants à 41% de réussite aux tirs près du panier tandis que les adversaires directs du joueur de Detroit convertissent plus de 67% de leurs tentatives dans la même position selon NBA.COM. Il y a plusieurs mondes d’écart entre les deux hommes sur cet aspect-là ! D’autant plus que, contrairement à Griffin, Pascal Siakam a la capacité de VRAIMENT chasser les ailiers mobiles et autres intérieurs fuyants au large. Il est à même de switcher sur des écrans, de se retrouver face à un meneur de jeu a priori beaucoup plus véloce et de le contenir. Ce que « Quake » n’est absolument pas en mesure de faire.

La renaissance et la révélation

Pascal Siakam

Les qualités des deux joueurs des Raptors se complètement à merveille et forment un duo défensif très intéressant. Si Kawhi Leonard, la superstar de l’équipe, est un DPOY en puissance, ils ne sont pas non plus étrangers aux belles prestations des Dinos en défense (huitième en NBA avec 105,7 points encaissés sur 100 possessions).

Leur impact ne se limite pas à un côté du terrain. Ibaka, par exemple, a été le leader offensif de son équipe cette nuit. Ce début de saison marque sa renaissance après quelques saisons où il a paru un peu lourd et fatigué. C’est simple : il n’a jamais été aussi bon. L’ancien joueur du Thunder pointe à 18,1 points par match (son record sur une saison est de 14,8 points) à 56% de réussite aux tirs et 7,6 rebonds. Son différentiel est de +9,6 alors qu’il joue à peine plus de 27 minutes en moyenne. Il est transfiguré. Pour Siakam, c’est une révélation. Il progresse de manière constante depuis son arrivée dans la ligue en 2016. Mais il est en passe de franchir un palier. 11,3 points et 7,4 rebonds au compteur en 26 minutes.

Et ensemble, ils font de très gros dégâts. Toronto affiche un superbe net rating de +22 (118 pts marqués, 96 encaissés) sur 100 possessions quand les deux compères squattent le parquet. Ils étaient deux des principaux facteurs de la victoire des Raptors cette nuit. Et ils sont sans doute même un peu plus. Au-delà de ce match. Ils forment ensemble une raison supplémentaire pour la franchise canadienne de croire aux finales NBA.