Preview : San Antonio Spurs vs Miami Heat

La finale inédite, qui commence jeudi, va nous offrir une superbe opposition entre 2 des 3 meilleures équipes de la Ligue depuis 2 saisons.

Benoît JametPar Benoît Jamet  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Preview : San Antonio Spurs vs Miami Heat
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C'est la finale que tout le monde attendait (ou presque...) depuis la saison dernière. Si Kendrick Perkins et Serge Ibaka n'avaient pas pris feu dans le Game 5 des Western Conference Finals de 2012, le duel aurait déjà pu avoir lieu il y a un an. Il faudra sans doute voir un signe du destin, ainsi qu'une certaine forme de croyance en son équipe et dans celle de l'autre, dans le fait que les 2 matches de saison régulière ayant opposé ces deux teams (et que le Heat a gagnés) se soient déroulés de façon "anormale". Rappelons que Popovich avait pris une grosse amende de 250 000 dollars pour avoir fait reposer son Big Three (et Danny Green) lors du match "aller" le 29 novembre 2012 à South Beach. Erik Spoelstra lui avait rendu la pareille le 31 mars dernier en n'alignant ni LeBron James, ni Dwyane Wade ou encore Mario Chalmers. C'est donc un peu vierge de tout repère sur certaines oppositions que ces NBA Finals vont débuter entre deux équipes qui ne laissent personne indifférent, pour des raisons diverses : le Heat détesté par certains pour le jeu trop physique de sa star et la façon dont cette équipe s'est formée, mais adoré par d'autres pour le niveau de jeu affolant de son MVP et le show assuré par ses stars tandis que les Spurs sont haïs, de leur côté, pour leur image "old school" et leur présumé manque de spectacle, et vénérés, d'un autre côté, pour leur jeu collectif extrêmement bien huilé et l'attitude exemplaire de leurs stars depuis plus d'une décennie.

San Antonio Spurs (58-24) - Tête de Série # 2 - Playoffs 2013 12v-2d

Forces des Spurs

Profondeur de l'effectif : On le répète depuis quelques saisons maintenant mais les Spurs possèdent l'un des (LE?) effectifs les plus profonds et malléables de toute la Ligue. Au poste de meneur, Tony Parker est bien secondé pendant ces playoffs par Cory Joseph, capable d'apporter 10 bonnes minutes à Coach Pop. S'il se déchire, Popovich pourrait même encore se tourner vers Patty Mills, qui serait un excellent backup dans la majorité des équipes de la Ligue. Mais, dans les faits, c'est bien Manu Ginobili qui prend le plus souvent la relève à la mène, Tony Parker devenant un shooting-guard profitant alors des multiples écrans de ses intérieurs. A l'extérieur, le coach aligne deux belles trouvailles avec Kawhi Leonard et Danny Green mais peut également compter sur la versatilité du point-forward Boris Diaw, capable de s'écarter pour apporter le spacing nécessaire au bon déroulement des systèmes mais aussi d'aller délivrer de véritables caviars in the paint. Enfin, à l'interieur, Tim Duncan a trouvé un réel pendant avec le Brésilien Tiago Splitter qui apporte désormais 20-25 très bonnes minutes à l'équipe. Tout ceci est donc chapeauté par le génie de Manu Ginobili, capable du meilleur comme du pire (parfois dans le même match...), Enfin, un joueur comme Matt Bonner a été essentiel dans le sweep infligé aux Grizzlies par sa capacité à bombarder à 3-pts (42% à 6/14 sur la série) mais aussi son âpreté dans sa défense sur Zach Randolph. Popovich peut même se permettre de laisser sur le banc (ou en costume) deux joueurs estampillés Euroligue tels que Nando De Colo et Aaron Baynes (on vous fera grâce de mentionner la présence de T-Mac), ainsi qu'un intérieur du calibre de Dejuan Blair (7,8pts et 5,8 rbds en carrière). Adresse à 3-pts : Avec ses 37,6% de réussite à 3-pts sur la saison régulière, les Spurs se présentent comme la 4e équipe la plus adroite de la Ligue. Tournant à près de 41% dans les corners (261/634 sur la saison), ils sont aussi très adroits en face du panier (39,64% à 88/222) grâce, notamment, à Danny Green (104/238 (43,6%) à 7,25 m, dont 15/34 en face du panier) et Matt Bonner (42/93 (45,1%) à 7m25, dont 15/30 en face du panier). Si les deux compères n'ont pas de position ouverte, Tony Parker a toujours la possibilité de ressortir dans le coin pour Kawhi Leonard, devenu artilleur de précision dans le corner droit (24/49, à 49%) plus que dans le gauche (28/72, à 39%). Si les équipes des Spurs récemment parvenues en finales vivaient et mourraient par le pick-and-roll entre Tim Duncan et Tony Parker, l'actuelle vit et meurt par les shoots derrière la ligne primée. Les Grizzlies ont pu s'en apercevoir lors du Game 1, les Spurs leur en mettant 14 dans la vue (record de la franchise). [superquote pos="d"]San Antonio profite de la "résurrection" de Tim Duncan, ainsi que l'éclosion de Tiago Splitter pour, de nouveau, posséder une vraie force de dissuasion dans la raquette.[/superquote]Défense collective : Si la défense des Spurs n'est plus aussi piquante que celle ayant amené les titres de 1999, 2003 ou 2005, l'équipe de Popovich a retrouvé un semblant d'unité. Dans le Top 10 de la Ligue au pourcentage d'adresse accordé à l'adversaire (44,2%, 8ème), l'équipe profite de la "résurrection" de Tim Duncan, ainsi que l'éclosion de Tiago Splitter pour, de nouveau, posséder une vraie force de dissuasion dans la raquette. Avec Kawhi Leonard, les Spurs possèdent également un joueur capable de s'occuper du meilleur joueur adverse, mais aussi de venir aider ses intérieurs en cas de nécessité de prise à deux. Coaching : Avec ses 5ème finales en 17 ans à la tête de l'equipe texane, Coach Pop cimente un peu plus son bilan de First-Ballot Hall of Famer (élu au premier tour de l'élection pour le Hall of Fame). Devenu véritable "parrain" de la NBA, avec tous ses ex-assistants ayant maintenant des responsabilités au sein d'autres franchises, Popovich est toujours prêt à surprendre son adversaire d'une manière ou d'une autre. N'ayant aucun remord pour recourir à une tactique aussi vilaine que le " Hack-a-(remplir le nom du pivot adverse qui ne sait pas mettre un lancer-franc)", il a aussi eu l'intelligence de filer les clés du camion à Tony Parker, lui accordant une confiance absolue. Certaines équipes peuvent avoir des doutes sur le niveau de leur coach avant une série de playoffs, les Spurs n'en ont aucun. Tony Parker : Au sommet depuis maintenant deux saisons (5ème puis 6ème à l'election du MVP), le Français est tout simplement l'un des joueurs majeurs de la Ligue (le 3ème meilleur joueur, selon Jalen Rose). Tout en gardant sa formidable capacité à percer les défenses adverses sur jeu placé ou en contre-attaque, le meneur des Spurs a ajouté ce pull-up jumper qui le rend presque inarrêtable, si l'adresse est là. Tony Allen, l'un des meilleurs défenseurs extérieurs de toute la Ligue, s'y est même brûlé les ailes lors du premier QT du Game 4 de la Finale à l'Ouest. Si TP n'a pas été déréglé par cette attente de dix jours, on se dit qu'un titre des Spurs passera sûrement par une performance de MVP de sa part. OKC avait été capable de reduire l'impact de Parker en lui mettant Sefolosha sur le paletot, plus grand et plus puissant que lui, Shane Battier pourra-t-il avoir le même impact si Erik Spoelstra décide de lui confier cette mission, au cas où Norris Cole et Mario Chalmers boivent le bouillon dès les deux premiers matches de la série?

Faiblesses des Spurs

Défense extérieure : Si Kawhi Leonard est un vrai atout défensif à l'aile, sa tendance (ou plutôt le besoin des Spurs) à aller aider à l'intérieur l'amène quelquefois à être en retard sur les rotations à l'extérieur. Il rattrape ce retard assez souvent par son physique hors-normes lui permettant de fondre sur le shooteur mais, face à des gâchettes comme Ray Allen bien tranquille dans le corner, il lui faudra être un peu plus rigoureux, bien que le Heat ne possède pas d'intérieurs du calibre de Zach Randolph, véritable aimant à ballon dans la raquette. De la même façon, le jeune ailier a tendance à laisser son joueur partir en backdoor, concentré qu'il est sur la défense collective plus qu'individuelle. Danny Green n'est pas non plus le Défenseur de l'Année, bien qu'il ait réalisé un travail remarquable sur Stephen Curry lors de la série contre les Warriors et qu'il ait progressé par rapport à l'an dernier. Néanmoins, si sa défense contre des joueurs en mouvement reste solide, celle contre les "spot-up shooters" (les shooteurs qui attendent que le ballon leur arrive, bien calés sur leurs positions) reste l'un des gros points faibles de ces Spurs. Après avoir fait douter les Warriors, les Spurs ont laissé un joueur comme Quincy Pondexter prendre feu derrière la ligne à 3-pts... [superquote pos="d"]Bien qu'ils aient eu plus de 10 jours pour bien se préparer, le physique des Spurs est toujours un sujet délicat pour leurs supporteurs.[/superquote]Rebonds : Avec ses 2 tours de 2,11 m (Splitter et Duncan), c'est un paradoxe que de voir les Spurs dominés dans ce domaine. Pourtant, avec 41 prises par match en moyenne, ils n'apparaissent qu'en 19ème place du classement. Pire, ils ne sont qu'à l'avant-dernière place du classement au niveau des rebonds offensifs (8,1/match). Ce chiffre est, bien sûr, biaisé par l'adresse dont font preuve les Texans, et qui réduit le nombre d'opportunités, mais cette incapacité chronique à se procurer des secondes chances peut se révéler fatale lorsque l'adresse n'est pas au rendez-vous. Les Spurs se rattrapent néanmoins en étant la 3ème équipe au nombre de rebonds défensifs (33,2 / match) mais ceux-ci sont aussi dépendants de l'adresse de l'adversaire et de la capacité de celui-ci à aller glaner ces "extra-balles". Le physique : Bien qu'ils aient eu plus de 10 jours pour bien se préparer, le physique des Spurs est toujours un sujet délicat pour leurs supporteurs. Tim Duncan, en perdant quelques 10 kilos, a retrouvé une seconde jeunesse mais l'enchaînement des matches tous les deux jours (surtout sur le fameux pont Game 2-3-4) pourrait lui porter préjudice. Manu Ginobili a eu trop de problèmes avec sa cheville, entre autres, dans le passé pour ne pas s'inquiéter à chaque nouveau gros contact et réception de saut, dans la raquette. Quant à Tony Parker, son mollet semble lui poser quelques problèmes depuis la série contre les Warriors. Popovich devra donc aussi gérer son effectif sans pouvoir, cette fois-ci, faire reposer toutes ses stars. En cas de pépin, Pop sait pouvoir, de toute façon, compter sur un T-Mac s'étant préparé depuis plus d'un an pour cette écheance...

La question Spurs

Tim Duncan va-t-il dominer le secteur intérieur et devenir le deuxième joueur de l'histoire MVP des Finales à 14 ans d'intervalle - seul Kareem Abdul-Jabbar (1971 et 1985) a réussi cet exploit insensé - ? Lire la suite
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