Stephen Brun : « Les Espagnols, il faut leur rentrer dedans »

A quelques heures de la demie finale France-Espagne de l'Eurobasket 2013, Stephen Brun fait le point sur les chances des Français.

Théophile HaumesserPar Théophile Haumesser  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Stephen Brun : « Les Espagnols, il faut leur rentrer dedans »
Champion de France 2013 avec Nanterre et consultant pour Sport +, Stephen Brun commente et décrypte pour nous l’Eurobasket 2013 ainsi que les résultats de l’équipe de France. BasketSession : Qu’est-ce que tu as pensé du quart de finale contre la Slovénie? Stephen Brun : C’était le match le plus abouti de l’équipe de France depuis le début de cet Euro. Tout le monde était sur la même longueur d’ondes au niveau de l’agressivité, de l’envie et surtout de la solidarité. Et ça, il en faut beaucoup quand on joue contre l’équipe organisatrice, devant 12 000 personnes. Là, c’est vrai qu’on a vu les mecs vaillants, se jeter sur les ballons, prendre une fois, deux fois les rebonds offensifs. Tous les ballons morts, c’était pour nous. Défensivement, on a été monstrueux et c’est ce qu’on attendait depuis tout le début de l’Euro. Tous les supporteurs qui étaient un peu sceptiques jusque-là avaient envie de voir ça. Est-ce que l’équipe sentait que ce n’était pas nécessaire de faire une prestation comme ça sur les matches précédents et qu'elle pouvait se réserver la qualité d’un match de quarante minutes sur un quart de finale ? On ne le saura jamais, mais en tout cas les mecs ont su répondre présent sur le match qui était le plus important de l’Euro et ça c’est une belle satisfaction. BasketSession : Comment est-ce que tu expliques que l’équipe ait pu passer des matches précédents à celui-ci, en termes d’efficacité et d’intensité défensive ? SB : Nos mecs… Je ne vais pas dire que ça ne les intéresse pas les petits matches, mais ils arrivent à augmenter leur envie et leurs qualités défensives en fonction de l’adversaire. Ce sont des gars qui marchent à la fierté et qui ont l’habitude des gros matches. Je ne vais pas dire que les « petites » équipes ça ne les motive pas, mais il y a quand même une mobilisation un peu moindre au moment de jouer la Lettonie plutôt que la Slovénie chez elle, pour une chance de jouer une demie finale. Nos joueurs aiment les grands matches et ils aiment se surpasser. Pour eux, c’était un défi et il y en a un autre qui les attend ce soir. [superquote pos="d"]" Rudy Fernandez a un bon casier judiciaire en France"[/superquote]BasketSession : Justement, au vu du quart de final très « particulier » qu’a joué l’Espagne, comment est-ce que tu sens les choses ? SB : C’est difficile. On sait que France-Espagne en basket, c’est une rivalité énorme. Tout le monde sait ce qui s’est passé sur les matches précédents. On connait les antécédents de certains… Rudy Fernandez a un bon casier judiciaire en France (rires). Voilà, on a envie, en plus c’est eux qui nous sortent à chaque fois dans les compètes pour aller prendre le titre. La rivalité, elle est là et c’est ça qui fait l’histoire de ce sport. A un moment donné, il va falloir que ça change. C’est le moment ou jamais pour battre l’Espagne, parce qu’elle est dans une configuration où elle n’est pas au top de ce qu’elle peut-être au niveau de l’effectif, même si ça reste quand même une sacrée machine de guerre avec une ligne arrière monstrueuse. Sergio Rodriguez, avec sa barbe de Tom Hanks dans « Seul au monde », il ne ressemble à rien mais il est monstrueux (rires). Il va falloir sortir LE match. Ils peuvent le faire puisqu’ils l’ont fait contre la Slovénie et je pense qu’ils en ont encore en réserve. Ils sont prêts. Après, dans cette compétition, on sait qu’on a souvent souffert contre des secteurs intérieurs dominants, que ce soit contre la Serbie avec Krstic ou la Lituanie avec ses cinq pivots de haut niveau. Là se présente Marc Gasol devant nous, ça va forcément être une des clefs de ce match. Tous les ballons passent par lui et il a une énorme lecture de jeu qui lui permet de ressortir si on vient trapper, d’autant que les mecs à l’extérieur mettent dedans. Il va falloir l’attaquer, l’agresser. On sait qu’il a connu pas mal de problèmes de fautes depuis le début de l’Euro, il va falloir absolument le mobiliser pour qu’il ne puisse pas s’économiser en défense. Ça sera le rôle de tout le monde, même des extérieurs, de driver au cercle pour essayer de faire tomber des fautes, et surtout d’Alexis. [superquote pos="d"]"Il faut dire aux mecs 'Ce soir, on est là, on n’a plus peur de vous. S’il faut vous casser le bras, on va vous casser le bras'."[/superquote]BasketSession : Quand on voit ce que l’Espagne a pu faire contre la Serbie dans les premières minutes de son quart de finale, est-ce qu’on peut se permettre une première minute aussi compliquée que lors du dernier match ? SB : Un début de match, c’est toujours capital. Les Serbes, au bout de cinq minutes, le match était plié. Après contre la Slovénie, on a pris deux-trois contre-attaques en début de match, mais comme il y avait très peu de points marqués, ça n’a pas fait un grand écart tout de suite. Contre les Espagnols, si on prend un 10-0 dès le début, ça sera quasi rédhibitoire pour la fin de match. C’est pour ça que, d’entrée de jeu, il faut être dur, aller au combat et ne pas hésiter à faire des fautes. Contre les Serbes, les Espagnols n’ont pas laissé les mecs marquer un seul panier facile. Il faut avoir cette mentalité et ne pas hésiter à faire des grosses fautes s’il le faut. Il faut dire aux mecs « Ce soir, on est là, on n’a plus peur de vous. S’il faut vous casser le bras, on va vous casser le bras » et en aucun cas baisser les yeux. Il faut leur rentrer dedans. BasketSession : Contre la Slovénie, Vincent Collet avait dû beaucoup réduire sa rotation. Contre une équipe à l’effectif aussi profond que l’Espagne, est-ce que c’est jouable d’aborder un match en ne comptant que sur 7 ou 8 gars ? SB : Dans les matches couperets, c’est compliqué de changer les choses. Si ta rotation des quarts de finale a bien fonctionné, c’est difficile de tout bouleverser. Vincent Collet a quand même changé quelque chose contre la Slovénie, avec Joahn Petro qui est rentré tout de suite en première rotation d’Alexis Ajinça. C’est Joffrey qui en a pâtit et qui n’a pas joué, mais après, peut-être qu’on va avoir besoin d’un garçon comme Charles Kahudi si un Rudy Fernandez commence à prendre feu ou si Nico Batum est en difficulté sur les fautes. Ça dépendra de la physionomie du match, mais je ne pense pas que Vincent Collet ait prévu de beaucoup bouleverser ses rotations. BasketSession : On a malgré tout une belle carte à jouer ce soir, non ? SB : On a une magnifique carte à jouer ! Déjà pour le basket français. Bon, ça passe sur France 4, ce n’est pas la meilleure chaîne, mais c’est déjà un bon début. Et justement, si on veut être sur France 2 dimanche, sur un créneau horaire où tout le monde sera devant sa télé – et putain, qu’est-ce que ça ferait du bien au basket français d’avoir une finale sur France 2 ! -, il faut taper l’Espagne maintenant. Tony dit que c’est l’équipe qui remportera cette demie finale qui sera championne d’Europe. Gagnons déjà ce match. On se concentre et on fait quelque chose de magnifique pour avoir un prime-time dimanche soir sur France 2. Suivez Stephen Brun sur twitter Récaps de matches, perfs, réactions, équipe de France, retrouvez toutes les infos concernant l’Eurobasket 2013 en cliquant ici.
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