Curry : « Si j’ai trois bagues, c’est parce que j’ai joué comme ça »

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Stephen Curry était à Paris jeudi pour un event avec Under Armour. L'occasion de discuter un peu avec le triple champion NBA.

Jeudi après-midi, Stephen Curry était à Paris, sur le playground de Saint Paul, dans le cadre d'une masterclass organisée avec Under Armour. Le meneur des Golden State Warriors a joué le jeu avec des jeunes basketteurs en leur faisant réaliser les mêmes drills que lui a l'entraînement. Le tout dans la bonne humeur et avec l'aide de Teddy Riner, le champion français un tout petit peu moins à l'aise sur le terrain de basket que sur les tatamis.

On a pu participer à la séance de questions avec le "Baby-faced Assassin", toujours très bon client malgré le décalage horaire et une arrivée dans la nuit en provenance du Japon. En voici quelques unes.

Avec les Warriors, vous allez encore être les grands favoris en début de saison. Comment est-ce que l'on fait pour répondre à ces attentes après autant de succès ?
Stephen Curry : L'idée c'est d'essayer de vivre dans l'instant autant que possible. Les 29 autres équipes veulent nous battre et nous virer du sommet. Donc on doit être prêts et on travaille beaucoup pour s'améliorer. Cette saison va être complètement différente de la précédente. On ne peut pas faire exactement la même chose et espérer que tout se passe sans problème. On essaye d'évoluer, d'intégrer les nouveaux éléments. Evidemment, on a ce qu'il faut pour gagner encore, mais il nous faudra de la patience.

Parmi ces nouveaux éléments, il y a DeMarcus Cousins. Comment tu vois sa venue ?
Entre le moment où j'ai appris qu'il était OK pour venir et sa signature, il n'y a sans doute eu que 4 heures. Ça s'est fait très vite. En sachant ce par quoi il est passé ces 6 ou 8 derniers mois pour revenir de blessure, ça va être incroyable de pouvoir l'intégrer à notre équipe. Il va être le nouvel atout qui va nous permettre de réussir ce que l'on veut faire.

Avant, on disait que les gens voulaient être comme Mike. Maintenant, les gamins veulent être comme Steph. Ce doit être un sentiment particulier.
J'ai grandi en essayant de reproduire ce que faisaient des gars comme  Steve Nash ou Reggie Miller. Je voulais être ces deux-là combinés. Tout le monde voulait être comme Jordan, baisser le cercle pour pouvoir dunker comme Shaq ou voler comme Vince Carter. Aujourd'hui, savoir que le jeu a changé de la manière dont mon équipe joue, c'est incroyable. Mais le message, c'est que l'on peut tous apprendre à shooter, comme ces gamins avec qui j'ai fait la séance, mais c'est le nombre de répétitions et le travail qui sont les plus parlants. C'est fun de jouer de cette manière, mais tu ne peux pas débarquer à la salle, balancer des shoots de partout et espérer que ça fonctionne.

On sait que tu penses toujours d'abord à l'équipe, mais est-ce qu'il t'arrive de penser à la trace que tu vas laisser individuellement ? Notamment au niveau des trophées qui te manquent, comme celui de MVP des Finales.
J'y pense parce que ça fait partie du jeu, de ce qu'il y a face à toi quand tu veux accomplir des choses. Mais les objectifs individuels, c'est un piège de s'en inquiéter et de les avoir à l'esprit. L'important, c'est comment tu vas pouvoir gagner des matches, jouer à un niveau élevé, pousser tes partenaires à progresser, etc... Les autres choses viennent d'elles-mêmes ensuite. Il y a du talent partout en NBA, c'est terriblement compétitif, donc j'apprécie les compliments et les récompenses. Simplement, si j'ai trois bagues de champion, c'est parce que j'ai joué de cette manière-là. Ne vous méprenez pas, si je gagne un titre de MVP des Finales, c'est cool. Mais je ne me sens pas mal par rapport à ça.

Ton jeu a été comparé à de l'art par un directeur de ballet à New York. Est-ce que c'est quelque chose dont tu te rends compte ?
J'ai toujours eu un état d'esprit créatif en ce qui concerne la passe ou le shoot. Je me suis souvent regardé en vidéo et je vois de quelle manière je positionne mon corps et bouge, oui. Après, honnêtement, je fonctionne à la mémoire musculaire. C'est elle qui prend le contrôle quand je reçois la balle. Je n'ai pas de checklist mentale à effectuer avant de shooter. Tout arrive tellement vite... Il y a une forme d'art en ce qui concerne le flow et le rythme, peut-être.

Ray Allen est entré au Hall of Fame, Reggie Miller aussi quelques années plus tôt. Quelle relation tu entretiens avec ces deux grands shooteurs ?
Lorsque l'on parle de shoot aux gens, ce sont leurs noms qui reviennent obligatoirement. Ray a joué avec mon père pendant un à Milwaukee et je l'ai rencontré quand j'avais 10 ans, c'était fort. Je crois que Ray a dépassé Reggie au nombre de paniers à 3 points l'année avant mon arrivée en NBA. C'est un exploit énorme et j'espère pouvoir le battre à l'avenir. Je suis sur le bon rythme,  mais il me faudra de la longévité. J'adorais voir Reggie jouer et je reproduisais aussi ce qu'il faisait quand il n'avait pas la balle : toujours se déplacer dans l'attente d'une bonne situation.

On te sait fan de foot, tu as pu suivre le sacre de l'équipe de France ?
J'ai regardé trois matches du Mondial et la finale. C'est un phénomène incroyable à travers le monde. La France a fait le job. Je suis un fan à la cool en ce qui concerne le foot, mais j'aime le talent. Bravo à la France, c'est un formidable accomplissement.