Analyse NBA 2025-26 : l’évolution des 76ers – de l’effondrement à l’identité retrouvée

Tyrese Maxey Edgecombe Philadelphia Sixers NBA

L’année dernière, les Philadelphia 76ers ont connu un échec retentissant : malgré un roster taillé pour les sommets - Joel Embiid, Tyrese Maxey et Paul George - l’équipe a terminé 24-58, 13ᵉ de la Conférence Est, hors des playoffs pour la première fois depuis 2017. Embiid n’a joué que 19 matchs avant d’être définitivement écarté pour cause de problèmes persistants au genou, symbolisant une saison compromise par l’absence de sa pierre angulaire offensive et défensive.

Cette année, le récit a changé. Les Sixers ont retrouvé une dynamique collective portée par une renaissance de Maxey, l’éclosion d’un rookie historique en la personne de V.J. Edgecombe, et une identité de jeu plus fluide et cohérente. À mi-saison, Philadelphie affiche un record positif (16-11), se positionne dans le top du classement Est et présente une profondeur de roster qui lui permet de gagner même sans ses stars installées.

Du chaos de 2024-25 à la résilience de 2025-26

L’année précédente, les blessures ont été fatales. Embiid a subi une série de blessures au genou qui l’ont poussé à arrêter sa saison prématurément, malgré une moyenne encore solide lorsqu’il jouait. Tyrese Maxey, malgré une saison individuelle de haut niveau, a également terminé sa campagne 2024-25 sur blessure de doigt, ce qui a encore plus fragilisé une équipe déjà bancale. Paul George, engagé comme complément aux stars, a lui aussi manqué de continuité. Ces absences répétées ont fait imploser la cohésion et brisé les ambitions des Sixers de jouer les grands rendez-vous.

Cette dynamique s’est traduite par une équipe incapable de produire un jeu stable, avec une défense souvent en panne, une attaque qui s’effondrait sans Embiid, et un coaching qui peinait à trouver une identité collective.

Un nouveau visage en 2025-26 : benchmarks et premières victoires

L’année 2025-26 a véritablement commencé comme une annonce de renouveau. Lors de l’ouverture de la saison, les Sixers ont battu les Celtics dans un match spectaculaire, porté par un Tyrese Maxey en feu (40 pts) et un V.J. Edgecombe historique avec 34 pts pour sa première NBA, un record pour un joueur de Philadelphie, dépassant même celui d’Allen Iverson dans sa propre franchise.

Ce résultat ne fut pas un accident : il a posé la première pierre d’une équipe en construction, où la jeunesse peut tenir tête aux vétérans, et où la dynamique offensive n’est plus centrée uniquement sur un pivot dominant mais sur une generation de guards créatifs et percutants. Les résultats statistiques actuels confirment l’ascension de cette formule : Maxey mène l’équipe avec près de 31,7 pts, 7,1 ast par match, tandis qu’Edgecombe et les autres jeunes apportent une contribution régulière dans le scoring et la création.

Forces clés : backcourt élite, profondeur et énergie collective

Tyrese Maxey : franchise player confirmé

Maxey est aujourd’hui la colonne vertébrale offensive des Sixers. Ses performances cette saison dépassent ce qu’il avait déjà accompli : il tourne autour de 31,5 pts et 7,2 ast par match, ce qui le place non seulement parmi les meilleurs scoreurs de la ligue, mais aussi comme un playmaker capable de dicter le tempo.

Dès le début de saison, il s’est mis en évidence avec de multiples sorties à 40+ points, et il a été nominé Joueur de la Semaine de la Conférence Est pour ses nombreuses performances dominantes - signes qu’il n’est plus seulement une star montante, mais bien le véritable leader de cette équipe.

Sa capacité à créer pour lui et pour ses coéquipiers, à mener des séquences clutch et à prendre des responsabilités dans les moments décisifs est l’un des facteurs majeurs de la renaissance des Sixers.

V.J. Edgecombe : explosion, potentiel & rôle pivot

Si Maxey est le moteur, V.J. Edgecombe est l’accélérateur. Le rookie drafté 3e a eu un impact immédiat : une performance en NBA debut qui restera gravée dans l’histoire, ponctuée de 34 pts, 7 rebonds et 3 passes, ce qui fait de sa première soirée l’un des plus grands débuts de franchise depuis Wilt Chamberlain.

Edgecombe a confirmé qu’il n’était pas juste un scoreur mais un joueur complet : il a réécir des lignes offensives importantes et a su s’imposer tout de suite dans le rotations du Coach Nick Nurse, un signe fort de maturité. Il a régulièrement dépassé les 20 pts et s’est montré créatif dans ses prises de décisions, ce qui explique pourquoi il est déjà envisagé comme l’un des jeunes talents à suivre dans la ligue.

Son jeu ajoute de la profondeur offensive explosive à une équipe qui auparavant dépendait presque exclusivement de ses stars. Aujourd’hui, Edgecombe se positionne comme une pièce dont l’impact dépasse son statut de rookie, et qui peut faire basculer des rencontres à lui seul.

Joel Embiid & Paul George : vétérans en transition

Joel Embiid, souvent absent ou limité ces dernières saisons, reste une force quand il est en forme, mais sa gestion de minutes prudente et ses résultats irréguliers ont forcé le staff à concevoir l’équipe autrement. Dans certaines rencontres récentes, Embiid a tourné à 20+ pts et 14 rebonds, confirmant qu’il peut encore être un visage dominant quand il est inséré intelligemment dans les rotations.

Paul George, quant à lui, n’est plus un franchise player à lui seul, mais il demeure une pièce d’appui essentielle. Capable d’un impact offensif fort (35 pts lors d’un match contre les Hawks), il offre une dimension polyvalente entre scoring, spacing, playmaking  et défense.

Style de jeu et forces tactiques de l’équipe

L’identité actuelle des Sixers repose sur quelques principes clairs :

1) Un jeu axé sur le backcourt

Nick Nurse a mis en place des rotations où le rôle des guards - Maxey, Edgecombe, McCain, Grimes - est amplifié, exploitant leur vitesse, leur création et leur capacité à étirer la défense adverse. Cette tendance a permis aux Sixers de rester compétitifs même face à des équipes plus grandes ou plus traditionnelles.

2) Une attaque flexible et explosive

Plutôt que de centrer systématiquement les possessions autour d’un pivot dominant, Philly use d’un spacing élevé, de ball-movement fluide et de transitions rapides. Quand Maxey et Edgecombe sont synchronisés, cela crée des problèmes constants pour les défenses adverses.

3) Profondeur et backend contributions

Des joueurs comme Dominick Barlow, qui a marqué 21 pts dans des victoires récentes, démontrent que cette équipe n’est plus dépendante de deux ou trois joueurs uniques. C’est une force nouvelle née de l’intégration de jeunes talents et de la production de joueurs complémentaires.

Faiblesses encore présentes

Aucune équipe n’est parfaite, et les Sixers gardent des points faibles :

• Dépendance aux absences de stars

Quand Maxey se repose ou qu’Embiid est limité, l’équipe doit s’appuyer sur des role players moins expérimentés, ce qui réduit son efficacité offensive.

• Taille et physique

Face à certaines équipes puissantes au poste intérieur, Philadelphie peut souffrir de rebonds défensifs et de présence imposante dans la peinture.

• Défense cohérente sur 48 min

Les 76ers ont montré parfois des failles dans leur positionnement collectif, ce qui peut être exploité par des équipes rapides ou plus disciplinées défensivement. Les 3eme quart temps... légendaire !

Le coaching staff & la direction sportive

Nick Nurse

Le coach  a fait l’un des meilleurs jobs de sa carrière. En tirant parti de la polyvalence des guards et en équilibrant la charge d’Embiid, il a créé une formule qui fonctionne même quand les stars ne sont pas toutes présentes.

Sa flexibilité, son sens de l’adaptation et son audace tactique - comme des rotations plus profondes ou des axes défensifs variés - ont permis aux Sixers d’afficher un niveau de jeu plus élevé que prévu malgré les blessures.

Daryl Morey & Elton Brand

La direction basket a tiré les leçons du désastre de 2024-25 en construisant un roster plus équilibré et résilient. La draft d’Edgecombe, la gestion des contrats vétérans, et les rotations plus profondes sont autant de signes d’une stratégie à la fois mesurée et ambitieuse.

Ce que cela signifie pour la suite de la saison

À 16-11, avec une place consolodée dans le haut de la Conférence Est (3eme), Philadelphie est aujourd’hui dans la conversation pour les playoffs, une progression majeure par rapport à l’an dernier.

Avec une identité offensive désormais diversifiée, des leaders clairs et une profondeur renforcée, les Sixers ne sont plus l’équipe fragile qui s’effondrait au moindre contretemps. Ils sont maintenant une équipe rugueuse  et coriace pour beaucoup d’adversaires — particulièrement ceux qui sous-estiment l’impact d’un backcourt explosif et d’une rotation complète bien gérée.

En conclusion

La franchise est passée d’une saison 2024-25 ratée et blessée, à une équipe compétitive, jeune, dynamique, et offensive en 2025-26. Les progrès sont tangibles : un Tyrese Maxey affirmé comme franchise player, un V.J. Edgecombe en train de devenir une star en puissance, un coach qui sait exploiter ses armes, et un collectif qui gagne même dans l’adversité.

Ces Sixers ne sont pas arrivés au sommet, mais ils annoncent une trajectoire sérieuse et cohérente vers les sommets de la NBA.

 

Oui, il y a plus de profondeur que certains le pensaient dans cette équipe des Sixers.
Oui, c'est cohérent depuis le début de saison et vu comment s'était déroulée la dernière, c'était pas gagné donc en effet, bravo au coaching staff et au front office.

Je mets cependant un gros bémol. J'ai peur que Philly soit actuellement en surchauffe (à commencer par Maxey) et que son niveau réel est plus proche de Miami que de New York.
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Je comprends tout à fait cette vision après tout on vient d'une saison et demi catastrophique.

Si je peux dire d'où vient mon optimisme, c'est que en début de saison 2024-25, les Sixers étaient de sérieux contenders et certains les plaçaient au top à l’est.

Ce fut un fiasco mais pas à cause du jeu en lui-même, mais de la nécessité d’intégration d'un effectif largement renouvelé.

Les blessures ont fait le reste impossible de trouver un rythme. Pourtant ce ne fut pas une année perdu pour l’équipe qui a continué de travailler ses fondamentaux.

Au sortir de la séquence estivale les Sixers étaient renforcé et en avance sur deux projets.

Celui de la reconstruction si nécessaire et avec potentiellement 4 à 5 joueurs d’élite dans l’effectif.

C'est pourquoi je pense que même en l’absence de 2 d’entre eux, les autres vont step up.

Enfin sur Maxey il est sous estimé de beaucoup notamment par rapport à Brunson.

Mais marquer des brouettes de points, il le fait régulièrement depuis 3 ans. Pour moi donc il n’est pas en surrégime.

Mais je comprends qu'on lui demande régulièrement de prouver on dit chaque année qu'il n'est pas au niveau qu'il valide en fin de saison.

Par contre je reconnais que le calendrier a été Clément. C'est mon bémol et on verra ce que ça donne face à l’élite de la ligue.
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Maxey, à ce volume, à cette efficacité là. Ça demande confirmation quand même. Parce qu'on est sur des bases de discussion MVP pour l'instant.
Après, je suis biaisé sur Edgecombe parce que je suis moins haut que le consensus quant à son potentiel.

En revanche, comme tu le dis, passer d'un projet à l'autre (qui est une pseudo reconstruction car toujours compétitif), c'est très impressionnant.

Un Embiid qui accepte son déclassement et un Paul George qui redevient un très bon joueur de basket, je pense que ce sont deux bonnes surprises pour les fans des Sixers et de basket.

En tout cas, merci pour cette session qui est vraiment excellente et bien détaillée.
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Merci à toi pour ton intervention.

Concernant Maxey à ce stade c'est aussi peut être le fan qui parle, mais évidemment c'est à lui de nous prouver qu'il peut garder ce rythme. Pour Edgecombe je t'avoue qu'avoir un type comme Maxey qui bosse à fond, ça va être bénéfique pour sa progression, mieux. Ils sont arrivé connectés, dès le premier jour, je ne connais pas son potentiel mais à ce stade j'ai l'impression que ce qui l’empêche de scorer plus de 20 points, c'est les moments ou Embiid est là. C'est là où il se bride et perd son basket, en tout cas c'est comme ça que je l'ai analysé.

Il semble vraiment très bon et dans un monde ou Jojo et PG ne sont pas là mon instinct me dit qu'il aurait pu nous faire une saison à la Iverson saison autour des 20 points, j'ai parfois l'impression qu'il a ça facile.

Hors tout les Scout nous parlaient de son absence de shoot, de son absence de jeu en demi terrain...

Donc franchement c'est juste que je ne le connais pas suffisamment mais ce que je vois c'est un gars qui a 3 ans dans la ligue ou alors le genre de Rooky qui finit All star quand il a la balle en main... oui je sais je n'y crois pas vraiment mais tu vois le genre.
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