Atlanta balaie New York et retrouve les Finales WNBA 13 ans après !

Atlanta a créé un petit séismenfinalement logique et mérité. Le Dream a sweepé New York pour atteindre les Finales NBA pour la première fois depuis 2013.

Atlanta balaie New York et retrouve les Finales WNBA 13 ans après !

Treize ans après sa dernière apparition en Finales WNBA, Atlanta est de retour ! Le Dream a achevé le travail sur le parquet du Liberty (85-83) au terme d'un Game 3 particulièrement éprouvant, pour boucler un sweep qui en dit long sur le caractère de cette équipe.

Privées d'Allisha Gray, les joueuses de Karl Smesko ont compensé par une agressivité défensive constante, une détermination impressionnante au rebond et une capacité à gagner les possessions qui comptent. New York, malgré une réaction courageuse, n'a jamais réussi à prendre durablement le dessus sur un adversaire prêt à tout pour décrocher sa qualification.

Atlanta avait pourtant les commandes pendant une bonne partie de la rencontre, sous l'impulsion d'une Angel Reese particulièrement inspirée offensivement. Avec 22 points, 9 rebonds, 3 passes et 2 contres, l'intérieure a donné le ton dès la première mi-temps, inscrivant notamment deux tirs à trois points. Une réussite extérieure assez inhabituelle pour elle, qui a compliqué le travail de la défense new-yorkaise.

Reese a surtout livré une prestation fidèle à son tempérament. Du trash-talk, des contacts incessants, des accrochages, des rebonds disputés comme si sa vie en dépendait et cette capacité assez unique à devenir l'antagoniste de toute une salle. Son duel avec Jonquel Jones, marqué notamment par des fautes techniques distribuées aux deux joueuses, a parfaitement illustré la tension qui entourait cette rencontre. L'Américaine n'a pas été irréprochable dans ses choix offensifs, mais son intensité a pesé sur pratiquement chaque possession.

À ses côtés, Jordin Canada a été remarquable de maîtrise. La meneuse termine avec 19 points et 11 passes décisives, sans perdre le moindre ballon. Une performance d'autant plus précieuse que le match était souvent chaotique, avec très peu d'espaces et des défenses extrêmement agressives. Canada a su alterner création, pénétrations et gestion du tempo, avant de prendre ses responsabilités dans le dernier quart-temps. Son tir primé à un peu plus de cinq minutes de la fin a notamment permis à Atlanta de reprendre l'avantage.

La contribution de Rhyne Howard (21 points) a également été importante, particulièrement pour maintenir une menace extérieure et apporter des solutions lorsque l'attaque du Dream peinait à produire du jeu.

New York a tout tenté, Atlanta n'a jamais cédé

Le seul véritable passage à vide d'Atlanta est arrivé au troisième quart-temps. New York a alors haussé le ton, inscrivant 29 points dans la période et renversant progressivement la dynamique. Jones, finalement meilleure marqueuse du Liberty avec 26 points et 14 rebonds, a été particulièrement difficile à contenir. Son activité près du cercle, sa puissance et sa capacité à exploiter les secondes chances ont permis aux New-Yorkaises d'y croire.

Breanna Stewart a elle aussi livré un énorme combat (24 points et 6 passes), malgré une défense du Dream qui lui a rarement offert des situations confortables. New York est parvenu à prendre l'avantage 68-66 à l'issue du troisième quart-temps, puis à creuser un petit écart au début du dernier.

La suite a ressemblé à une épreuve d'endurance. Les deux équipes ont joué avec des rotations quasiment inexistantes pendant l'essentiel du quatrième quart-temps, au point de transformer les dernières minutes en véritable guerre d'usure. Il fallait défendre, boxer, arracher des rebonds et trouver encore assez d'énergie pour attaquer. Le nombre de ballons disputés au sol et de situations d'entre-deux a parfaitement résumé l'intensité de cette bataille.

C'est précisément dans ce registre qu'Atlanta a fait la différence. Même lorsque les tirs ne rentraient pas, le Dream trouvait le moyen de prolonger ses possessions et de contester celles du Liberty. Le bilan collectif est parlant : 43 rebonds à 36 et seulement 8 pertes de balle contre 11.

L'expérience de DeWanna Bonner a également été décisive. Avec 13 rebonds, la vétérane a été essentielle pour sécuriser les possessions et apporter la dureté nécessaire à cette fin de rencontre. Sa lecture des situations, sa défense et son sang-froid ont représenté un atout considérable pour une équipe qui découvre les très grands rendez-vous. À 39 ans, la double championne WNBA a encore de quoi peser sur une campagne pour le titre.

Le Liberty devra se poser des questions

Du côté de New York, l'élimination est particulièrement difficile à digérer. Après avoir créé l'exploit contre Minnesota au premier tour, le Liberty semblait capable d'aller plus loin. Au lieu de cela, il termine sa saison sur trois défaites consécutives contre Atlanta.

Sabrina Ionescu, notamment, n'a pas eu l'influence attendue d'une joueuse de son statut. Malgré plusieurs tirs extérieurs réussis, l'arrière n'a pas suffisamment pesé sur la construction du jeu ou sur les moments où New York avait besoin de reprendre le contrôle. Jones et Stewart ont assumé une grande partie des responsabilités, sans pouvoir masquer les limites collectives de leur équipe.

Marine Fauthoux, elle, aura au moins profité de cette série pour franchir un cap. Après ses 20 points et son panier décisif pour envoyer le Game 2 en prolongation, la Française a de nouveau été très responsabilisée, avec un temps de jeu considérable et une présence prolongée sur le parquet lors des possessions les plus tendues. Elle a inscrit 9 points dans cette troisième manche. Le contraste est notable avec Marine Johannès et Pauline Astier, beaucoup moins utilisées dans la rotation de fin de série.

Évidemment, les blessures offrent des circonstances atténuantes au Liberty, notamment l'absence de Satou Sabally, dont la saison s'était terminée prématurément en raison d'une commotion cérébrale. Reste qu'Atlanta a également dû composer sans sa meilleure marqueuse, Allisha Gray, blessée à la main lors du Game 1. Le Dream a perdu une joueuse majeure sans perdre son identité.

En 2013, Atlanta avait atteint les Finales autour d'Angel McCoughtry, avant de s'incliner face au Minnesota Lynx. Treize ans plus tard, c'est une autre Angel qui incarne ce retour au sommet. Avec Reese, Canada, Howard, Bonner et un collectif qui semble accepter chaque défi physique, le Dream a désormais l'occasion de poursuivre son histoire et de décrocher le premier titre de la franchise.

Cette équipe n'a peut-être pas toujours le basket le plus séduisant. En revanche, elle possède quelque chose qui vaut de l'or en playoffs : elle est extrêmement difficile à faire plier.