Brian Grant, son quotidien face à Parkinson

Retraité en 2008, l'ancien intérieur charpenté raconte son nouveau combat : être dynamique pour ne pas lâcher face à la maladie de Parkinson.

Tom LansardPar Tom Lansard  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article
Brian Grant, son quotidien face à Parkinson
Cela avait commencé par de mini-convulsions qui se manifestaient soudainement ai niveau du poignet. Puis la gène a atteint la jambe gauche de Brian Grant, celle qui lui servait d'appui pour sauter. Ces convulsions épisodiques se sont ensuite muées en tremblements constants. Grant s'est résolu à consulter, le couperet a été cinglant :
"La réponse fut la suivante : une maladie qui affecte seulement 4% de la population de moins de 50 ans et pour laquelle il n'existe pas de remède : la maladie de Parkinson. J'avais 36 ans et sortais de 12 saisons en NBA, j'étais un athlète d'élite", se livre l'ancien bûcheron des Lakers ou des Kings dans une lettre ouverte sur The Players Tribune.
Déjà en proie à la dépression, cet ancien intérieur NBA, fort comme un buffle et au look si atypique avec ses longues dreadlocks, lui qui imaginait les personnes dépressives comme des gens faibles, craint à son tour de laisser transparaître sa faiblesse. D'autant plus qu'il sort d'un divorce après 15 ans de mariage. Son premier réflexe est de se morfondre. Puis il finit par se faire une raison. Grant commence à reprendre les devants, il se renseigne sur Internet - la pire chose à faire - parcourt les articles détaillant des scénarios cauchemardesques, puis reçoit quelques semaines plus tard un appel de la femme de Muhammad Ali - l'une des plus célèbres personnalités à être atteintes de la maladie, aujourd'hui décédée. Loonie Ali vient aux nouvelles et lui explique que tout ne devrait pas complètement tourner autour de ça dans sa vie. Puis elle lui présente le tableau : il va beaucoup souffrir, et inexorablement la maladie finira par l'emporter, quelle que soit sa volonté de la combattre. Mais il peut choisir de prendre les armes à sa manière et rejoindre le combat tmené contre elle.
"'Si tu ne souhaites pas le faire, il n'y a pas de souci', lui dit-elle. 'Mais une fois que tu as mis un pied dans l'arène il n'y pas de moyen de revenir en arrière''.
À son échelle, Brian Grant est devenu l'un des soldats qui combattent cette maladie au même titre que la famille Ali ou la renommée Michael J. Fox Foundation. Au fur et à mesure qu'il en apprend sur les malades et la maladie, le natif de Columbus dans l'Ohio prend conscience que parmi les souffrants, se divisent ceux qui se montrent "actifs" dans leur vie de tous les jours, et les "passifs". Au vu de son passé de sportif de très haut niveau, de sa condition physique, de son savoir en termes de nutrition, Grant réalise que sa place est parmi les premiers. La Brian Grant Foundation voit le jour, et le retraité des parquets est convaincu qu'il ne serait pas le même homme aujourd'hui s'il n'avait pas décidé de prendre les choses en main. Un jour, Brian reçoit un appel d'un numéro inconnu :
" 'Brian, c'est Karl Malone. Je viens d'apprendre pour ta maladie et je me demandais si je pouvais faire quoi que ce soit pour aider.' Justement, j'avais bien une idée : - Tu te souviens des Games 5 et 6 lors des demi finales de conférence Ouest ?' - Je ne les oublierai jamais. - Et bien, après le Game 5 (durant lequel les deux hommes ont eu une altercation, NDLR), je suis rentré chez moi et j'ai regardé ton interview. Quand j'ai été interviewé à mon tour, le lendemain, j'ai simplement dit que tu étais mon idole, que j'avais pris exemple des matches avec toi, et j'ai appris que tu aimais chasser et pêcher. J'aimerais que nous allions pêcher ensemble et que l'on reverse ce que l'on pêchera à mon association". Tout ce qu'il a répondu c'est : 'C'est d'accord."'
Et la partie de pêche des deux mastodontes a porté ses fruits, Brian Grant et le Mailman ont collecté 107 000 dollars pendant leur petit périple. https://www.youtube.com/watch?v=fNNtxbBLSUs Chaque jour encore, Grant constate les dégâts de la maladie et, s'il est parfois inquiet pour l'avenir de ses enfants (14, 13, 3 et 1 ans), qui verront leur père décliner sous l'emprise de la maladie, il ne se cache pas devant eux et leur apprend s'habituer à lui porter assistance :
"- Est-ce que tu peux boutonner ça pour moi, je demande à ma fille. - Seras-tu un jour capable de le faire tout seul ? - Probablement pas. C'est pourquoi je t'ai toi. Tu ne te marieras jamais, tu passeras juste le reste de ta vie à t'occuper de moi ! - Papaaa ! C'est l'autre élément important que j'ai appris : il faut avoir le sens de l'humour. Ce n'est pas facile. Mais rien n'est facile dans cette maladie"
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