Cameron Boozer, l’évidence qui peut faire du bien aux Grizzlies

Drafté en 3e position par les Grizzlies, Cameron Boozer arrive en NBA avec un profil complet, mature et peut-être le plus sûr de la cuvée.

Cameron Boozer, l’évidence qui peut faire du bien aux Grizzlies

Sélectionné en 3e position de la Draft NBA 2026 par les Memphis Grizzlies, Cameron Boozer arrive en NBA avec une étiquette un peu différente de celle d’AJ Dybantsa ou de Darryn Peterson. Peut-être moins mystérieux, peut-être moins spectaculaire dans le fantasme pur, mais sûrement l’un des prospects les plus sûrs de cette cuvée. Un joueur déjà très mûr, productif partout où il est passé, et dont le jeu semble prêt à s’adapter rapidement au niveau supérieur.

Si son nom vous dit quelque chose, c’est normal : son père, Carlos Boozer, a été All-Star en NBA, notamment sous les maillots du Jazz et des Bulls, après être lui aussi passé par Duke. Le basket est donc arrivé très tôt dans la vie de Cameron et de son frère jumeau, Cayden Boozer, lui aussi prospect surveillé. Mais si Cam suit les traces de son père, il arrive chez les Grizzlies avec des attentes encore plus élevées.

Son parcours avant l’université a déjà tout d’un CV de futur top pick. Au lycée Columbus, en Floride, Cameron Boozer a empilé les titres, avec quatre sacres consécutifs de champion d’Etat. Il a aussi brillé avec Team USA, remporté deux médailles d’or, puis partagé le trophée de co-MVP du McDonald’s All-American Game 2025 avec Darryn Peterson, l’un de ses concurrents directs dans cette cuvée. Quelques semaines plus tard, il a encore confirmé son statut au Nike Hoop Summit.

Déjà dominant au lycée, où il tournait autour de 22 points, 12 rebonds, 3 passes, 2 interceptions et 1,5 contre de moyenne, Boozer n’a pas eu besoin d’une longue période d’adaptation à Duke. Pour sa première et unique saison NCAA, il est rapidement devenu la pièce centrale des Blue Devils. Duke a terminé avec un bilan de 35 victoires pour 3 défaites, avant une élimination cruelle au buzzer face à UConn en Elite Eight, l’équivalent des quarts de finale du tournoi NCAA.

Individuellement, sa saison a été massive : 22,5 points, 10,2 rebonds, 4,1 passes, 1,4 interception et 0,6 contre en 33,5 minutes de moyenne, à 55,6 % au tir et 39,3 % à trois points. À 18 ans, il a aussi battu plusieurs records freshman de Duke, notamment dans une université où la barre est forcément très haute. De quoi renforcer l’idée que Boozer est peut-être le joueur le plus prêt de cette Draft.

Un intérieur moderne, complet et déjà très mûr

Cameron Boozer est un ailier fort puissant, mesuré à environ 2,04 m sans chaussures pour 115 kilos, avec une envergure supérieure à 2,17 m. Son passage au Draft Combine a d’ailleurs changé une partie du discours autour de lui. Souvent présenté comme un joueur très productif mais pas forcément explosif, il a montré une mobilité plus intéressante que prévu dans les tests physiques, notamment sur les exercices d’agilité et de déplacement latéral. Il reste loin d’un intérieur vertical à la Anthony Davis, mais il n’a rien d’un joueur lourd ou figé.

Son intérêt principal reste évidemment son jeu. Boozer est un intérieur ultra complet, capable de scorer près du cercle, de s’écarter à trois points, de jouer dos au panier, de poser les bons écrans et de prendre les bonnes décisions dans le jeu à deux. Il n’est pas seulement productif, il comprend vite. Sa lecture du jeu, son sens du placement et sa qualité de passe lui permettent d’avoir un impact constant, même lorsqu’il n’est pas utilisé comme première option sur une possession.

C’est sans doute ce qui le rend aussi rassurant pour les scouts NBA. Boozer n’a pas besoin d’un environnement parfait pour exister. Il peut jouer avec la balle, sans la balle, punir un mismatch, attaquer un closeout ou servir de relais offensif depuis le poste haut. Sa maturité saute aux yeux. Il joue déjà avec une forme de calme et de maîtrise assez rare pour son âge, ce qui explique pourquoi son plancher paraît aussi élevé.

Le profil le plus sûr de la cuvée ?

Les interrogations existent quand même. Boozer n’est pas un protecteur de cercle naturel, et c’est probablement sa principale limite. Il n’a pas la détente ou la longueur verticale des grands intérieurs défensifs capables d’effacer les erreurs de toute une équipe. Il faudra aussi voir jusqu’où il peut tenir face à des ailiers NBA très rapides sur les changements défensifs. Le Combine a rassuré sur sa mobilité, mais le test sera évidemment différent face aux meilleurs attaquants du monde.

Son profil a souvent été rapproché de joueurs comme Domantas Sabonis, Kevin Love, Al Horford, voire Blake Griffin dans sa version plus technique et plus complète de Detroit. Les comparaisons ne sont jamais parfaites, mais elles donnent une idée de la palette : un intérieur puissant, intelligent, capable de produire, de faire jouer les autres et d’apporter une vraie structure offensive.

Ce qui distingue Boozer, c’est aussi son habitude de gagner. Depuis le lycée jusqu’à Duke, il a très peu connu la défaite. Il arrive en NBA avec un corps déjà solide, une vraie confiance, une maturité technique et mentale, et cette impression qu’il pourra rapidement aider une équipe. Il ne possède peut-être pas le mystère de Peterson ou l’explosivité narrative de Dybantsa, mais il a quelque chose de précieux : un jeu déjà très lisible, très transposable, et très utile.

Pour Memphis, c’est exactement ce qui rend ce choix aussi intéressant. Les Grizzlies récupèrent un intérieur capable de s’intégrer sans devoir tout apprendre, mais aussi assez talentueux pour devenir bien plus qu’un simple complément. S’il confirme son tir extérieur, s’adapte à la physicalité NBA et trouve sa place défensive, Cameron Boozer peut très vite devenir l’un des meilleurs joueurs de cette cuvée. Peut-être pas le plus spectaculaire dès le premier soir, mais possiblement celui dont les coaches auront le plus de mal à se passer.