Charlotte Bobcats, une faim de cougar

Pour la première fois depuis 2010 et pour la deuxième fois depuis leur création, les Charlotte Bobcats vont disputer les playoffs. Retour sur une saison surprenante.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Charlotte Bobcats, une faim de cougar
L’été dernier, Michael Jordan décide qu’il en a assez. Assez de perdre. Assez d’être la risée de la ligue. Ses Charlotte Bobcats viennent de 120 défaites en deux saisons. Le plus grand compétiteur de tous les temps décide alors de changer de plan. Fini la reconstruction, il veut gagner des matches. Alors que les autres cancres de la ligue préparent leur opération « tanking » à un an de l’arrivée tonitruante de l’une des classes universitaires les plus excitantes de l’histoire, le patron décide que ses Bobcats vont passer à l’étape supérieure. Pour marquer le coup, les dirigeants engagent Al Jefferson pour 41 millions de dollars sur trois ans et nomme Steve Clifford, ancien assistant de Mike D’Antoni aux Los Angeles Lakers, à la tête de l’équipe. Ses deux signatures vont avoir une influence considérable sur la saison à venir… Neuf mois plus tard, les Charlotte Bobcats sont officiellement qualifiés en playoffs pour la deuxième fois de leur histoire. Avec une victoire en prolongations face aux Cleveland Cavaliers et grâce à 24 points et 15 rebonds du mammouth Al Jefferson, les hommes de Caroline du Nord ont validé leur ticket. Actuellement septièmes, les Cats ne veulent pas s’arrêter-là. Le chat sauvage a appris à chasser et il s’est trouvé une nouvelle proie :
« On joue Washington, le sixième, mercredi prochain. On va les chasser », assurait Gerald Henderson après la victoire cette nuit.

Al Jefferson, chef de meute

Au moment de voter pour les All-NBA Team, les décisionnaires devront jeter un œil à l’influence qu’a eu Al Jefferson sur les Charlotte Bobcats cette saison. Le pivot a métamorphosé l’image de la franchise. Il a d’abord imposé sa puissance au poste bas, comme on aurait pu le deviner. Gavé de ballons à l’intérieur, « Big Al » provoque les prises à deux ou domine tous ses vis-à-vis dos au panier. Une machine qui semble ne jamais s’enrailler. Le joueur de 29 ans tourne à plus de 21 points et 10 rebonds par match, au point où Paul Pierce a déclaré récemment :
« Personne dans ce monde ne peut défendre sur Al Jefferson. »
[youtube hd="0"]https://www.youtube.com/watch?v=v6g3fCTvfOE[/youtube] Surtout au sein de la Conférence Est. Al Jefferson s’est imposé comme le patron dont les Charlotte Bobcats avaient tant besoin. Sur le terrain mais pas seulement. Son attitude est loué de tous, presse, coaches et coéquipiers. Son leadership et son influence sur le groupe est non négligeable. A l'approche de la trentaine, Jefferson a continué à mûrir et à progresser, et ce malgré la signature de son contrat aussi massif que ses épaules. Ça vous classe un homme. Le géant est affamé. Pas seulement d’argent, de points et de rebonds mais aussi de victoires. Les playoffs, c’est bien, mais lui voit encore plus loin.
« Je veux que cette franchise redevienne ce qu’elle était à l’époque de Larry Johnson et Alonzo Mourning. C’est à moi de faire en sorte que les autres free agents se disent : ‘pourquoi pas Charlotte ?’ »
Pour être tout à fait exact, les Charlotte Bobcats ne sont pas la même franchise que les anciens Charlotte Hornets devenus New Orleans Hornets puis New Orleans Pelicans. Mais en effet, les Bobcats vont reprendre le nom des Hornets, laissé libre par les Pelicans. Facile, non ? Parenthèse terminée, Al Jefferson a peut-être ouvert la voie. En tout cas, il tire toute une brochette de jeunes joueurs dans son sillage.

Kemba Walker et MKG, des jeunes aux dents longues

Al Jefferson est un leader à l’image de son équipe : discret, appliqué et déterminé. Et les autres joueurs cadres des Charlotte Bobcats suivent son exemple. C’est sur le parquet qu’ils ont décidé de faire du bruit. Car derrière leur meilleur joueur se cachent deux talents prometteurs. Kemba Walker, un arrière dans le corps d’un meneur (un combo-guard en résumé) et Michael Kidd-Gilchrist, un talent brut qui commence à montrer des choses de plus en plus intéressantes pour sa deuxième saison NBA. Les deux hommes vont découvrir les playoffs, l’occasion d’engranger de l’expérience.
« J’en ai rêvé toute ma vie. J’attendais cette occasion », déclarait Kemba Walker il y a quelques jours.
Dès le début de la saison, Walker avait annoncé son intention de jouer les playoffs. Le meneur a franchi un cap. Ses statistiques ont stagné, voire régressé, mais son impact est différent.
« Il a la mentalité new-yorkaise, il veut le ballon dans les moments chauds », le décrit Josh McRoberts.
Bref, Kemba a faim. Alors que les doutes existent encore sur sa vraie capacité à driver une équipe de très haut niveau, l’ancien champion NCAA va pouvoir démontrer sa valeur en playoffs. Une découverte également pour le sophomore Michael Kidd-Gilchrist. L’ancien de Kentucky est un diamant brut, qui ne demande qu’à être poli. Le jeune joueur est déjà un « stoppeur » et un phénomène athlétique. En revanche, c’est un piètre shooteur… non. C’est un très, très, très mauvais shooteur. Il doit vraiment travailler sur ce point afin de devenir une star en NBA. Mais quoi qu’il arrive, « MKG » peut avoir un impact sur le succès de son équipe. Et comme tous ses coéquipiers des Charlotte Bobcats, il a envie d’aller loin.

Le début d’une belle histoire ?

Il est toujours facile de mettre en avant le succès individuel des uns et des autres. En cas de victoires, les joueurs se retrouvent rapidement dans la lumière des projecteurs. Mais il faut rendre hommage à celui qui tire les ficelles : le coach. Steve Clifford est l’homme du renouveau. Il a donné une identité à une franchise qui manque cruellement d’une culture établie. Du moins, avant cette saison. Clifford a une philosophie défensive et il a insufflé cette mentalité à ses ouailles.
« Lorsque j’ai rencontré Steve Clifford pour la première fois, il m’a expliqué que nous étions une équipe axée sur la défense et que tout commençait avec moi. J’ai accepté le challenge. Je sais que j’ai encore du chemin à parcourir. Mais le coach me répète souvent que je progresse en défense. Je veux être un joueur complet, je ne veux pas être connu seulement pour mes aptitudes offensives, » expliquait Al Jefferson au sujet de son entraîneur.
Assisté par le légendaire Pat Ewing, Clifford s’est taillé une belle réputation en une saison. Il est même l’un des grands favoris pour le trophée de Coach Of The Year avec Jeff Hornacek, un autre rookie des bancs de touche. Les Bobcats n’ont pas opté pour le « tanking » cette saison et ils ont peut-être eu raison. Ils disposent désormais d’une base solide juste avant un changement de nom plébiscité par le public. Le frelon va bientôt faire son retour mais en attendant l’année prochaine, les pumas ont les crocs.
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