Draymond Green : « Les Warriors auraient tapé les Bulls de Jordan » mais « c’est débile de comparer les époques »

Draymond Green a comparé ses Warriors de 2017 aux Bulls de Michael Jordan, en expliquant qu'il ne faut pas comparer les époques. Mouais.

Julia BeaugerPar Julia Beauger | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article
Draymond Green : « Les Warriors auraient tapé les Bulls de Jordan » mais « c’est débile de comparer les époques »

Draymond Green n’est plus à une incohérence près. Alors qu’il matait les Finales NBA 1998, l’homme à tout faire des Golden State Warriors a assuré que ses Warriors étaient au-dessus des Chicago Bulls de Michael Jordan. Tout en expliquant qu’il ne faut pas comparer les époques…

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« Je suis en train de regarder les Bulls de 98 contre Utah en finales… Je ne peux pas m’empêcher de noter que notre équipe de 2017 aurait battu ces Bulls par plus de 10 points et ces Jazz de 40 s’ils jouaient ce type de basketball. Et c’est pour ça que c’est débile de comparer les époques », a-t-il expliqué sur twitter, avant d’insister sur le fait que ses Warriors battraient toutes les versions des Bulls :

« Bulls de 96. Bulls de 98. Je maintiens. »

Et derrière, il en a remis une couche sur le fait qu’il ne faut pas comparer et débattre tout le temps - même si à l’écouter ses Warriors sont donc bien évidemment supérieurs aux Bulls de Michael Jordan :

« Apprenez à apprécier les choses pour ce qu’elles sont. Analysez le jeu. Et arrêtez les débats non nécessaires.

Cordialement,
Le Nouveau Média. »

On peut comprendre son avis, bien évidemment. Nombreux sont ceux qui pensent qu’il ne faut qu’apprécier et pas chercher à classer et/ou comparer. D’autres au contraire pensent que classer et comparer, c’est l’essence même du sport. Et/ou qu’un sport, en tant que culture et phénomène de société, va bien au-delà de la simple performance, du simple résultat, qu’il y a autre chose à analyser et à célébrer.

Draymond Green, comparer ou pas, faut choisir

On peut aussi considérer que ces comparaisons, notamment entre époques, sont au contraire souhaitables. Bien menées, elles affinent la compréhension d’un sport, des mécanismes qui mènent à la performance, de son histoire, de l’histoire de la formation, de l’évolution des règles. Et au final peu importe le résultat de la comparaison, vu que chaque position se défend, c’est l’argumentation, le cheminement qui comptent.

Se demander comment auraient joué Bob Cousy (coucou JJ) ou Wilt Chamberlain de nos jours impliquent d’être capable de dépasser la réflexion basique qui serait de mettre ces joueurs tels qu’ils étaient à l’époque sur un terrain aujourd’hui. Et de se demander quels auraient été sur eux l’impact de la formation, des méthodes d’entraînement ou même du simple fait de voir des matches à la télé dans les années 2000. Bob Cousy aurait eu un handle différent en matant les moves d’Iverson et cie dans sa jeunesse, aurait été plus rapide avec les méthodes d’entraînement actuelles et n’aurait probablement pas été un simple plombier pour reprendre l'image de Redick.

Mais le point de vue de Draymond Green se défend tout autant. On peut aussi bien vouloir affiner sa compréhension du jeu en confrontant les joueurs et les époques que vouloir se concentrer uniquement sur l’analyse du jeu et des matches en elle-même.

En revanche, on peut se demander si Draymond Green est totalement cohérent dans l’histoire. Dire que ses Warriors sont au-dessus des Bulls et qu’il faut faire attention en comparant les époques était compatible. Dans son premier twitt, il précise bien « s’ils jouaient ce type de basketball ». Et dans le twitt suivant, sa première phrase reste sur cette thématique.

« Question… Quand ils comparent les époques, est-ce qu’ils prennent en compte ou pas les différences drastiques de style de jeu ? Peu importe la réponse, c’est très stupide de comparer une époque à une autre. »

Sauf qu’avec sa dernière phrase, il considère que son premier twitt était donc… stupide.

Peu importe, la vraie question est ailleurs. Même si l’on fait fi du fait que Michael Jordan et Ron Harper auraient tourné à 39% à 3-pts s’ils étaient nés à la fin des années 90s. Même si Dennis Rodman aurait été un joueur différent et que les Bulls auraient peut-être présenté un 5 small ball totalement dingue avec Harper, MJ, Pippen, Kukoc, Rodman. La vraie question est de savoir avec quelle règle ils auraient joué.

Et là encore, qu’on choisisse les règles de l’époque ou celles actuelles, les deux équipes auraient eu de sacrés arguments. Et l’analyse aurait été ultra riche. Mais c’est visiblement plus simple de balancer quatre twitts pour dire « on les aurait tapés, mais arrêtez de comparer, vous avez rien compris à la vie »…

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