Avec le départ de Jaylen Brown, les Boston Celtics ont ouvert une nouvelle page. Pas seulement sur le plan salarial ou hiérarchique, mais aussi dans la manière dont ils vont devoir générer de l’attaque autour de Jayson Tatum. Et visiblement, en interne, un nom revient avec de plus en plus d’insistance : Payton Pritchard.
L’idée n’est pas de dire que Pritchard est devenu meilleur que Brown. Ce serait excessif. Mais dans la nouvelle NBA, celle des aprons, des masses salariales asphyxiantes et des contrats qui obligent à faire des choix douloureux, les Celtics semblent miser sur un calcul différent : Pritchard peut-il apporter une partie de la création offensive de Brown, pour une fraction de son salaire ?
Jaylen Brown ne voulait pas quitter Boston
La saison dernière, alors que Tatum était diminué puis en phase de reprise, Joe Mazzulla avait beaucoup laissé Brown créer dans une attaque très espacée. L’ailier avait fini quatrième meilleur marqueur de la ligue, avec un volume énorme à mi-distance et près du cercle. Il faisait partie des joueurs les plus utilisés en isolation, juste derrière des références comme Shai Gilgeous-Alexander et James Harden.
Mais ce rôle avait aussi ses limites. Brown produisait, absorbait des possessions, mais son handle parfois fragile et son jeu très physique entraînaient aussi beaucoup de pertes de balle, de passages en force et de fautes offensives. Il faisait tourner l’attaque, mais il ne la rendait pas toujours plus fluide.
Pritchard, le pari interne des Celtics
C’est là que le cas Pritchard devient intéressant. Du haut de son 1,85 m, l’ancien 6e homme de l'année a pris une nouvelle dimension. Il a signé ses meilleures moyennes en carrière avec 17 points, 5,2 passes et 3,9 rebonds, tout en s’imposant comme l’un des guards les plus efficaces de la ligue sur jeu d’isolation.
Sur ces situations en un-contre-un, Pritchard a affiché un eFG% de 57,7 %, le deuxième meilleur pour les joueurs ayant disputé au moins 100 isolations sur la saison. Là où Brown utilisait sa puissance, son épaule et son impact physique pour se créer de l’espace, Pritchard compense sa taille par ses appuis, sa vitesse d’exécution et sa capacité à s’arrêter net pour trouver ses spots.
La comparaison qui circule est forcément flatteuse : et si Pritchard était, à sa manière, le mini-Jalen Brunson des Celtics ? Un petit meneur sous-estimé, longtemps contenu dans un rôle secondaire, mais capable d’exploser dès lors que le ballon et les responsabilités lui sont davantage confiés. Brunson n’avait pleinement révélé son plein potentiel qu’une fois sorti de l’ombre de Luka Doncic. Boston espère visiblement que Pritchard peut suivre une trajectoire comparable, même si le contexte reste évidemment différent.
Les chiffres sans Brown donnent en tout cas matière à réflexion. En 10 matches disputés sans lui la saison dernière, Pritchard a tourné à 25,2 points, 7 passes et 4,8 rebonds, avec 51,3 % à deux points et 44,4 % à trois points. Les Celtics ont gagné 8 de ces 10 rencontres.
Encore une fois, cela ne signifie pas que Pritchard remplace Brown poste pour poste. Ce n’est ni le même gabarit, ni le même statut, ni le même impact défensif. Mais Boston semble considérer qu’avec Tatum, Derrick White, Paul George et un collectif bien huilé, Pritchard peut absorber une part beaucoup plus importante de la création offensive.
Et surtout, son contrat change tout. Brown devait peser plus de 57 millions de dollars la saison prochaine, puis 61 et 65 millions sur les deux années suivantes. Pritchard, lui, touchera 7,8 millions en 2026-27 puis 8,3 millions en 2027-28. En clair, Brown gagnera plus en un mois que Pritchard sur toute une saison.
Dans cette nouvelle réalité économique, les Celtics ont donc choisi leur camp. Brown était une star, un champion, un joueur majeur de leur histoire récente. Mais Pritchard représente peut-être l’un des meilleurs rapports qualité-prix de toute la NBA. Après avoir prouvé qu’il pouvait briller dans un rôle élargi, il va maintenant devoir confirmer que Boston peut vraiment lui confier davantage de responsabilités.
