Faut-il avoir peur des Charlotte Hornets ?

Les Charlotte Hornets sont l'équipe la plus en forme du moment dans la Conférence Est. Au point qu'on se demande si Nicolas Batum et ses coéquipiers n'ont pas le profil de l'outsider parfait à l'approche des playoffs...

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Faut-il avoir peur des Charlotte Hornets ?
"Dans la Conférence Est et sur une série, nous ne craignons personne à part Cleveland". Lorsque Nicolas Batum a prononcé ces mots sur beIN Sports le mois dernier juste avant le All-Star Game, certains ont pu le trouver un poil trop optimiste. Les Charlotte Hornets naviguaient à ce moment-là autour de la 8e place au classement de la Conférence Est, handicapés par les blessures (notamment celle de "Big Al" Jefferson et la rechute de Michael Kidd-Gilchrist) et étaient tout sauf certains de faire les playoffs. La confiance de l'ailier tricolore n'était pas que de façade. Batum savait que ce groupe pouvait adopter un rythme de croisière supérieur et faire tomber n'importe qui ou presque sur le plan collectif. Aujourd'hui, alors qu'il ne reste qu'une quinzaine de matches à disputer pour les 30 franchises NBA, on comprend un peu mieux l'assurance de l'ex-Blazer. Depuis le All-Star break à la mi-février, les Hornets sont tout simplement la troisième meilleure équipe de toute la ligue derrière les intouchables Golden State Warriors et les San Antonio Spurs. De leur côté du pays, donc, les hommes de Steve Clifford n'ont pas d'équivalent en termes de performances depuis un mois, pas même les Cavs et les Raptors. Avec 12 victoires en 15 matches joués depuis le gala de Toronto, Charlotte est remonté en flèche et vise aujourd'hui davantage la 3e place et l'avantage du terrain au 1er tour qu'une 8e place poussive. Sixième au matin du 18 mars, la franchise de Caroline du Nord présente exactement le même bilan que le Miami Heat et les Boston Celtics, respectivement 5e et 4e, et ont une seule victoire de moins que les Atlanta Hawks, qui ont, par conséquent, disputé un match de plus. Alors que le sprint final est sur le point d'être lancé, il y a de vraies raisons d'estimer que les Hornets peuvent à la fois décrocher le 3e spot et réussir une étonnante campagne de playoffs, 2 ans après s'être fait balayer au 1er tour par le Heat des Tres Amigos sous l'étendard des Bobcats.

Parce que Nicolas Batum

[caption id="attachment_300258" align="alignleft" width="318"] Nicolas Batum, le couteau suisse des Hornets pour se frayer un chemin en playoffs.[/caption] On savait que Nicolas Batum était potentiellement l'ailier le plus créateur/créatif de la ligue lorsqu'il évoluait à Portland. Aujourd'hui, alors qu'il n'est plus planqué derrière deux All-Stars et un Wesley Matthews qui n'hésitait pas à prendre sa part du butin, le Français le prouve désormais officiellement sur le plan statistique, avec presque 6 passes décisives par match et un rôle de facilitateur absolument crucial. Même lorsqu'il n'est pas celui qui distribue la dernière passe, Batum créé le décalage ou initie le mouvement de son équipe. S'il réalise sa saison la plus prolifique au scoring (14.8 points de moyenne), le Normand n'a absolument jamais cherché à s'improviser attaquant n°1 de l'équipe et a toujours oeuvré dans l'intérêt du groupe. Sa blessure à l'orteil est désormais derrière lui et il a repris son rôle de chef d'orchestre avec brio. Son expérience en playoffs est supérieure à celle de ses petits camarades (même Al Jefferson, qui n'a connu que trois post-saisons) à l'exception de Marvin Williams (42 matches contre 36) et Michael Jordan a répété qu'il était persuadé que Nicolas Batum était le joueur qui manquait à Charlotte pour passer un cap. Pour une fois depuis son changement de costume, on est plutôt d'accord avec le GOAT.

Nicolas Batum depuis le All-Star Game

Date Opp. Score Min FGM FGA FG% 3PM 3PA 3PT% FTM FTA FT% Off Def Reb Ast TO Stl Blk PF Pts
Mar 17 @MIA W 109-106 38:28 7 19 36.8 2 7 28.6 3 3 100.0 0 5 5 7 3 0 0 1 19
Mar 16 ORL W 107-99 38:21 10 17 58.8 3 6 50.0 3 4 75.0 2 5 7 9 1 0 0 0 26
Mar 14 DAL L 96-107 39:46 7 14 50.0 3 7 42.9 3 4 75.0 0 3 3 7 4 2 2 0 20
Mar 12 HOU W 125-109 33:31 5 10 50.0 2 4 50.0 2 2 100.0 0 8 8 8 1 1 1 1 14
Mar 11 DET W 118-103 36:56 6 15 40.0 1 5 20.0 4 5 80.0 0 5 5 11 2 2 0 1 17
Mar 9 NO W 122-113 41:18 6 13 46.2 2 7 28.6 1 1 100.0 0 6 6 5 1 0 0 1 15
Mar 7 MIN W 108-103 37:31 5 15 33.3 1 5 20.0 0 0 0.0 1 4 5 4 2 2 3 2 11
Mar 4 IND W 108-101 38:42 12 22 54.5 4 10 40.0 3 4 75.0 3 4 7 4 3 0 2 4 31
Mar 2 @PHI W 119-99 36:36 5 14 35.7 2 6 33.3 0 0 0.0 0 4 4 7 2 2 0 1 12
Mar 1 PHO W 126-92 31:01 6 10 60.0 2 3 66.7 1 1 100.0 1 8 9 4 3 1 0 1 15
Feb 28 @ATL L 76-87 38:48 1 6 16.7 0 4 0.0 0 0 0.0 0 4 4 1 1 2 1 0 2
Feb 26 @IND W 96-95 32:48 2 6 33.3 0 3 0.0 2 2 100.0 0 2 2 7 5 2 1 3 6
Feb 24 @CLE L 103-114 32:42 4 9 44.4 1 4 25.0 0 0 0.0 0 5 5 6 3 1 1 2 9
Feb 21 @BKN W 104-96 37:30 5 10 50.0 3 8 37.5 3 3 100.0 0 7 7 8 4 1 0 2 16
Feb 19 @MIL W 98-95 35:51 3 11 27.3 1 5 20.0 0 0 0.0 0 5 5 2 4 2 3 2 7

Parce que Marvin Williams

Oui, vous avez bien lu. On parle bien du Marvin Williams qui était considéré il y a encore quelques mois comme l'un des plus décevants n°2 de Draft des 20 dernières années. Celui-là même que l'on attendait comme un petit phénomène à sa sortie de North Carolina. Williams, cet ailier tombé en désuétude chez les Hawks, puis dans l'anonymat au Jazz avant d'être remis sur le devant de la scène à Charlotte. Aujourd'hui utilisé au poste 4 dans le small-ball de Steve Clifford, le trentenaire est exemplaire et réalise la meilleure saison de sa carrière à 3 points et au rebond, ainsi que sa plus adroite en global depuis 6 ans. Depuis le début du mois, le voilà qui tourne même à 17.3 points et 6 rebonds à 51.5% au shoot (49% à 3 points).

Parce que Kemba Walker

On parle un peu moins de Kemba Walker depuis qu'Isaiah Thomas lui a été préféré pour une première sélection au All-Star Game, mais l'ancienne gâchette de UConn n'est pas en reste. Cette saison, il s'est réellement affirmé comme un scoreur fiable et capable d'enchaîner les cartons sur plusieurs matches à défaut d'un tous les deux mois comme par le passé. Sa relation sur et en dehors du terrain avec Nicolas Batum est excellente et les deux hommes parviennent très bien à se trouver quels que soient les systèmes de Steve Clifford. Habitué à briller dans les grandes occasions lorsqu'il portait le maillot des Huskies, Walker pourrait bien se rappeler au bon souvenir des fans de basket universitaire dans le cadre d'une série un peu accrochée... https://www.youtube.com/watch?v=fKbLHkDvhk8

Parce que l'Est

Si les Cavs semblent toujours un bon cran au-dessus des autres grâce à leurs individualités (surtout une du nom de LeBron James), Toronto (qui a un blocage psychologique au 1er tour depuis des années), Atlanta (en très nette perte de vitesse depuis l'an dernier), Boston (possiblement en surchauffe) et Miami (qui ne pourra peut-être pas compter sur Chris Bosh, son homme-clé), partent tous plus ou moins sur un pied d'égalité si l'on se projette au 1er tour des playoffs. Ce qui veut dire que Charlotte, sur sa lancée actuelle, n'a absolument pas à rougir face à l'un ou l'autre collectif de l'Est. Pourquoi, alors, ne pas rêver à une première participation historique à une finale de Conférence ?

Parce que Michael Jordan

[caption id="attachment_317146" align="alignright" width="318"] Il a plutôt bonne mine le Jojo pour un quinqua, non ?[/caption] On a suffisamment critiqué Michael Jordan depuis sa retraite pour saluer son comportement depuis trois ans à Charlotte. Proche du terrain, le légendaire arrière des Bulls n'en laisse pas moins une belle marge de manoeuvre à Steve Clifford, un coach sous-coté, et se contente de distiller des conseils avisés à ses joueurs tout en les encourageant au quotidien. "Jojo" est passé du rôle de présence presque oppressante à celui de mentor bienveillant bien qu'exigeant. On commencerait presque à oublier qu'il a fait des pieds et des mains pour drafter Kwame Brown (l'un des plus gros busts de l'histoire) en n°1 il y a quelques années du côté de Washington...

L'avis de Jacques Monclar sur les Charlotte Hornets

"Quand on me demande si Nicolas Batum devrait chercher une franchise plus ambitieuse à la fin de son contrat, je tique un peu. C'est quoi une franchise ambitieuse ? Une franchise qui joue le titre ? Demandez à LeBron James si c'est si simple de remporter un titre NBA. Pour moi, les Hornets ne sont pas si loin que cela du niveau requis pour être dans la conversation. Steve Clifford est un très bon coach, très intéressant à écouter et pédagogue. L'effectif n'a pas de star mais est cohérent et dispose d'un joueur comme Nicolas Batum qu'aucune autre équipe à l'Est ne peut se vanter de posséder. Je suis vraiment heureux qu'il ait quitté Portland. Là on le trouve dans son terrain d'expression préféré et je ne serais pas si surpris qu'il prolonge à Charlotte. Pour le recrutement futur, il ne faut pas sous-estimer la réputation de Michael Jordan. Beaucoup de joueurs NBA ont envie de le côtoyer. Gagnez un titre NBA pour Jordan, c'est un défi intéressant".
   
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