À force d’enchaîner les victoires, la question commence à devenir sérieuse. Les Lakers ont signé leur 50e succès de la saison en dominant Cleveland 127-113, avec encore un énorme Luka Doncic, auteur de 42 points et 12 passes. C’est leur 13e victoire sur les 14 derniers matchs, et surtout la confirmation d’une tendance qui n’a plus grand-chose d’un simple coup de chaud : Los Angeles ressemble de plus en plus à une équipe dont personne n’aura envie de croiser la route en playoffs.
Ce qui frappe d’abord, c’est la facilité avec laquelle les Lakers ont contrôlé un match pourtant prestigieux sur le papier. Cleveland est bien revenu un peu dans le quatrième quart-temps, profitant d’un passage plus brouillon des titulaires californiens, mais le match était globalement plié dès la fin du troisième. Et dès que Doncic est revenu, il a remis un coup d’accélérateur pour éteindre définitivement toute tentative de comeback. Cette maîtrise, cette sensation de pouvoir reprendre la main quand ils le veulent, c’est précisément le genre de signal qu’on surveille à l’approche des séries.
Surtout, ces Lakers n’ont plus grand-chose à voir avec ceux du printemps dernier. Offensivement, l’équipe est bien plus cohérente, bien plus lisible aussi. Tout le monde semble connaître son rôle, et ça vaut même pour LeBron James, ce qui est presque étrange à écrire tant on a pris l’habitude de voir son influence redessiner en permanence le jeu de son équipe. Là, la structure existe. Elle tient. Elle tourne. Et elle produit du basket de très haut niveau.
Luka Doncic, ce jeu est trop facile...
Luka Doncic en est évidemment le moteur principal. Quand il joue avec le sourire, quand il déroule sans se perdre dans ses protestations permanentes, il redevient ce monstre de contrôle qu’on connaît. Contre Cleveland, il a encore donné cette impression d’aisance totale, comme si le match ne lui demandait pas vraiment un effort maximal. Il a puni, créé, ralenti, accéléré, puis terminé le tout avec ce petit dunk en contre-attaque, grand sourire, qui résumait bien son humeur du soir. Et quand Doncic est à ce niveau-là, l’attaque des Lakers devient très difficile à contenir sur une série.
Mais il n’est pas seul. Austin Reaves continue d’apporter énormément, et surtout, certains signaux plus discrets deviennent intéressants. C’est le cas de Deandre Ayton, dont l’engagement a été salué dans plusieurs CQFR. Pas seulement pour ses points, mais pour son activité, pour les efforts répétés, pour sa volonté de servir le collectif sur une même action. Ce n’est pas anodin. Si Ayton donne vraiment ce type d’investissement, il change la densité de cette équipe. Et c’est aussi là que les Lakers deviennent plus embêtants qu’il y a encore deux mois.
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Parce qu’au fond, la méfiance qu’ils inspirent aujourd’hui repose sur cette idée simple : tout semble enfin à sa place. Les rôles sont clairs, les attitudes sont bonnes, la dynamique est excellente, et offensivement, le plafond est très élevé. Contre des équipes comme Houston ou Minnesota, Los Angeles ne partirait plus du tout avec cette étiquette de victime annoncée qu’on pouvait imaginer auparavant. Au contraire, les Lakers semblent désormais au minimum dans la même catégorie, avec de vrais arguments pour faire basculer une série.
Pour autant, tout n’est pas réglé. Et c’est là que le débat devient intéressant.
Les Lakers et leurs limites
La grande limite potentielle de cette équipe reste sa défense. Pas forcément sur un match de saison régulière, où l’énergie collective et l’euphorie du moment peuvent masquer certaines failles, mais sur une série de playoffs où chaque faiblesse est ciblée, martelée, disséquée. Antoine insiste sur ce point dans le CQFR du jour : offensivement, les Lakers sont hyper dangereux. Défensivement, en revanche, il y a plus de doutes. Ils peuvent passer en zone pour cacher certaines associations, faire les efforts, tenir le choc un temps, mais face à une attaque très préparée et très disciplinée, on ne sait pas encore jusqu’où cela pourra tenir.
C’est d’ailleurs probablement là que se situe leur vrai plafond. Pour un premier tour, voire davantage si tout s’aligne bien, les Lakers ont aujourd’hui de quoi faire peur. Mais quand il s’agira d’affronter des équipes capables de les cibler possession après possession, avec un plan de jeu chirurgical, la question reviendra forcément : cette défense peut-elle survivre assez longtemps ?
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Il y a aussi une autre inconnue, plus psychologique celle-là. Tout roule en ce moment. L’ambiance semble excellente, les rôles sont acceptés, l’attaque carbure, les victoires s’enchaînent. Mais que se passera-t-il quand les Lakers seront vraiment pris à la gorge ? Si la série tourne, si deux défaites tombent de suite, si les doigts commencent à se pointer vers Ayton, si Doncic doit jouer encore plus chaque possession, si les frustrations ressortent… comment réagira ce groupe ? Aujourd’hui, on n’a pas la réponse, parce que le contexte est idéal. En playoffs, elle pourrait devenir centrale.
C’est ce qui rend cette équipe fascinante. Les Lakers ont enfin le profil d’un vrai danger. Ils sont offensivement armés, collectivement plus cohérents, et beaucoup plus crédibles qu’il y a quelques semaines encore. Ils ne donneront pas l’impression d’être condamnés d’avance, quel que soit l’adversaire du premier tour. En revanche, cela ne veut pas dire qu’ils n’ont plus de fissures.
Alors oui, il faut se méfier des Lakers en playoffs. Clairement. Mais pas forcément parce qu’ils seraient une machine sans défaut. Plutôt parce qu’ils ont désormais suffisamment de talent, de cohérence et de confiance pour faire très mal à n’importe qui… avant que leurs limites, peut-être, ne réapparaissent au plus haut niveau.
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