Victor Wembanyama savait où il mettait les pieds. À Oklahoma City, l’accueil a été chaud, bruyant, parfois hostile, et le Thunder n’a laissé ni le match ni l’atmosphère lui échapper. Battus 119-98, les Spurs ont cédé dans le troisième quart-temps, au moment précis où l’intensité est montée d’un cran. Et où Wembanyama a été directement ciblé, physiquement comme symboliquement.
« Je pense que c’est exactement ce qui s’est passé. Ils ont joué un meilleur match de basket que nous. Et je pense qu’on n’a pas joué comme nous-mêmes défensivement », a reconnu le Français après la rencontre, lucide sur le basculement du match.
San Antonio a encaissé un troisième quart-temps difficile, dominé dans l’exécution et dépassé dans la rigueur.
Sur le plan individuel, la soirée de Wembanyama a été contrastée. En 28 minutes, il a terminé avec un tir à 7 sur 15, seulement sept rebonds et un seul contre, loin de ses standards habituels dans ce secteur. Plus révélateur encore, son impact défensif a été contenu par Oklahoma City.
Selon GeniusIQ, le Thunder a réussi 10 de ses 14 tirs contestés par Wembanyama, soit 71,4%, un chiffre très au-dessus des 41% concédés par le Français lors des trois premiers affrontements entre les deux équipes. C’est, de loin, le plus haut pourcentage de réussite accordé cette saison sur des tirs contestés par Wembanyama.
« Ce n’est pas incroyable effectivement... Ces derniers temps, c’est devenu un peu plus difficile de contrer des tirs. J’ai eu moins d’opportunités. Mais notre rating défensif est resté plutôt bon, et même meilleur que par le passé quand je tournais à quatre contres par match. »
Interrogé sur le manque de discipline collective, le pivot des Spurs n’a pas cherché d’excuse.
« C’était justement notre force lors des trois matchs précédents contre eux, et on n’a pas réussi à la reproduire ce soir. (…) On peut dire qu’on n’a pas vraiment respecté le plan de jeu, à plusieurs moments. »
« J’ai entendu un "va te faire f…", mais c’était une personne. »
L’environnement n’a rien arrangé. Hué à chacune de ses prises de balle, bousculé dans les contacts, Wembanyama a pourtant accueilli cette hostilité comme un passage obligé.
« Je pense que c’est ce qui nous rend meilleurs. Évidemment, bien plus qu’une équipe ou une salle qui m’ignorerait. Ça me rend meilleur. »
Le Français a toutefois tenu à relativiser.
« Concernant le public, oui, j’entends les huées, évidemment, mais je ne l’ai pas vécu comme quelque chose de particulier. J’ai entendu un "va te faire f…", mais c’était une personne. »
« Franchement, je pense que c’était plutôt correct, sportivement. »
Surtout, il a voulu rappelé aux journalistes américains qu'il avait déjà connu de vraies salles vraiment hostiles par le passé et que ça n'avait rien à voir avec OKC.
« L’endroit qui me vient en tête quand on parle d’ambiance hostile, pour moi, c’est le Panathinaïkos. Je ne pense pas qu’il y ait plus hostile que ça. Il y a d’autres salles aussi bruyantes, mais celle-là est de loin la plus impressionnante. »
Si le public n'a pas eu tant d'impact que cela, en revanche, physiquement, le combat a laissé des traces.
« Physiquement, je me sens clairement moins bien en sortant qu’en entrant. Je pense que je vais être courbaturé à plusieurs endroits demain. Ce soir, c’était un peu trop. »
Une déclaration qui illustre la dimension plus rugueuse du duel, loin d’un simple affrontement de saison régulière.
Huée, secoué, contenu, Victor Wembanyama n’a pas dominé comme à son habitude. Mais dans la défaite, il a assumé, analysé et encaissé. Sans détour, et sans se dérober.
Le Thunder refuse de tomber dans le « jeu de la rivalité » avec les Spurs
