Et si Kawhi Leonard n’était plus un défenseur d’élite ? La stat qui surprend

Pendant plus d’une décennie, Kawhi Leonard a incarné la défense d’élite en NBA. Mais une statistique avancéemontre que les joueurs qu’il défend marquent beaucoup plus que prévu. Simple anomalie statistique ou signe d’un impact défensif en baisse ?

Et si Kawhi Leonard n’était plus un défenseur d’élite ? La stat qui surprend

Pendant des années, le nom de Kawhi Leonard était quasiment synonyme de défense d’élite. Double Defensive Player of the Year, symbole du two-way player parfait, l’ailier a longtemps été considéré comme l’un des meilleurs stoppeurs de toute la NBA, en plus d'être l'un des meilleurs joueurs tout court. Pourtant, certaines statistiques racontent une histoire très différente. Il faut évidemment nuancer ou en tout cas pondérer avec la réalité du terrain, mais les chiffres mis en évidence cette semaine dans un post Reddit sont intéressants à étudier.

Grâce aux données de tracking de la NBA, il est possible de mesurer l’efficacité des tirs adverses lorsqu’un joueur est le défenseur le plus proche de la personne qui a pris le tir. On compare alors la réussite réelle des attaquants à la réussite attendue selon le type de tir. Les résultats concernant Kawhi Leonard sont surprenants.

Cette saison, les joueurs sur lesquels il défend shootent environ à 55.9%, alors que la réussite attendue sur ces mêmes tentatives tourne autour de 46.6%. Autrement dit, ils surperforment d’environ +9.3% face à lui, l’un des écarts les plus élevés de la ligue.

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Une autre façon de présenter la stat consiste à comparer l’eFG% (un pourcentage d’efficacité au tir qui prend en compte la valeur supérieure des tirs à 3 points) concédé par rapport à la moyenne NBA. Dans cette métrique précise, plus le chiffre est élevé, plus la défense est mauvaise. Là encore, le nom de Leonard (+6.5%) ressort au milieu de joueurs pour lesquels la défense est un concept assez vague depuis qu'ils sont dans la ligue, comme Trae Young (+11.5%) ou Zach LaVine (+5.5%)

La même statistique permet aussi d’identifier les joueurs qui font réellement baisser l’efficacité offensive adverse. Personne ne sera ainsi surpris d'y trouver trois des meilleurs défenseurs de la ligue selon le consensus, à savoir Victor Wembanyama (-8%), Chet holmgren (-6.8%) ou Derrick White (-5.4%), et d'autres qui ont aussi, a minima, une bonne réputation de ce côté du terrain, comme Ausar Thompson (-3.3%).

Le poids de la réputation

Cette donnée crée un contraste frappant avec la perception que l'on peut avoir de Kawhi Leonard. Pendant longtemps, le double MVP des Finales a incarné le prototype du défenseur extérieur ultime. Dès que la conversation dérive vers les meilleurs stoppeurs de la ligue, son nom revient presque automatiquement, même en 2026 alors qu'il a 34 ans, avec quelques kilomètres et pépins physiques au compteur. Simplement, les chiffres suggèrent que son impact défensif n’est peut-être plus le même qu’à son apogée, notamment à l’époque des Spurs. Les blessures répétées, l’évolution de son rôle offensif et le passage du temps peuvent expliquer cette évolution.

Comme souvent avec la défense, aucune statistique ne raconte toute l’histoire. Ces données peuvent être influencées par plusieurs facteurs : le système défensif de l’équipe, la qualité des coéquipiers, ou encore les match-up défensifs qui lui sont proposés.

Ces chiffres ne signifient pas que Kawhi Leonard est devenu un mauvais défenseur. Il reste un joueur capable de lire les lignes de passe, de provoquer des interceptions et de verrouiller une possession importante dans les moments-clés. Ils illustrent toutefois quelque chose d’intéressant. En NBA, la réputation défensive peut parfois survivre plus longtemps que l’impact statistique réel.

Et à mesure que les données de tracking deviennent de plus en plus précises, certaines idées reçues pourraient bien continuer à être bousculées.