Il y a beaucoup de choses qui nous plaisent dans cette présaison du Heat. Giannis Antetokounmpo paraît en forme, son impact physique est énorme et les inquiétudes sur le spacing semblent, pour l’instant, assez éloignées de ce qu’on voit sur le terrain. Même quand Bam est absent et que c'est Nick Richards qui prend le relai, lui qui ne va pas s’écarter dans le corner pour prendre des tirs, le Grec trouve de grandes lignes de pénétration.
Quand il prend de la vitesse, c’est un TGV. Et autour, les autres profitent de ses attaques du cercle et de ses passes vers l’extérieur. Ça joue, ça marque, ça donne envie. Oui, c’est de la présaison. Mais cette équipe nous séduit vraiment.
Et puis il y a Nikola Jovic.
Le problème, avec lui, c’est justement qu’il est talentueux. Par moments, on le trouve vraiment fort. On voit du playmaking, des possibilités, des choses qui devraient lui permettre d’être beaucoup plus important dans cette équipe. Et le lendemain, il traverse le match. Il y a des soirs où il apporte tellement peu qu’on ne comprend plus très bien le joueur qu’on avait apprécié la veille.
C’est cette alternance qui nous casse les pieds (pour pas dire autre-chose...). Parce qu’on sait qu’il peut faire mieux. On l’a vu.
Alors, « boulet », c’est sévère ? Oui, si on en fait simplement un jugement sur son niveau. Notre réserve porte surtout sur le rapport entre son talent, son salaire et ce qu’il apporte réellement. Miami a misé une certaine somme sur lui. Son contrat prend de la place et, forcément, les attentes vont avec.
Si on faisait la liste des joueurs rémunérés dans les mêmes eaux, nous sommes convaincus qu’on en trouverait plusieurs dont on se dirait : avec celui-là à la place de Jovic, on regarderait immédiatement le Heat un peu différemment. Sans même chercher un autre joueur, d’ailleurs, la meilleure version de Jovic ferait déjà très bien l’affaire.
Sauf que cette version-là, on ne peut pas compter dessus tous les soirs.
Apportons malgré tout un peu de nuance. D’un côté, il devient tentant d’accepter qu’il sera probablement ce joueur irrégulier, parfois excellent, parfois beaucoup moins utile. De l’autre, il n’a que 23 ans. Il existe encore un scénario dans lequel l’expérience et l’évolution physique l’aident à gagner en constance. On ne peut pas complètement fermer cette porte.
Mais aujourd’hui, nous trouvons que son contrat complique aussi les possibilités d’ajustement. À nos yeux, il est trop important par rapport à ses performances irrégulières pour lui donner une vraie valeur sur le marché. Son âge ne suffit pas à effacer cette question.
Miami se retrouve donc à le garder et à espérer qu’il passe enfin ce cap. Ce qui peut fonctionner. Mais ce qui reste, pour l’instant, une attente.
Nous ne demanderions pas la même chose à un joueur sur lequel le club n’a pas autant misé. Si Jovic concentre cette frustration, c’est précisément parce qu’il devrait pouvoir faire une différence. Son talent justifie qu’on attende davantage de lui.
Le Heat nous donne envie de croire à une belle saison. Jovic pourrait renforcer cette impression s’il devenait plus fiable. À 23 ans, qui sait ? Mais on aimerait pouvoir apprécier sa bonne version un peu plus longtemps que jusqu’au prochain match.
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