Dans toute discussion autour du trophée de MVP, trois critères au-delà du classement de l’équipe, doivent entrer en ligne de compte si l’exercice est fait sérieusement: la production individuelle, l’efficacité et l’impact réel sur les performances collectives. Sur le papier, Jaylen Brown, qui a ses partisans, coche au moins la première case. Depuis le début du mois de janvier, l’ailier des Celtics affiche en effet des statistiques impressionnantes sur une séquence de 26 matches : 29,3 points, 8,1 rebonds et 5,8 passes de moyenne. Des chiffres qui, à première vue, pourraient nourrir une candidature au MVP si d’autres favoris venaient à sortir de la course pour des problèmes d’éligibilité. Mais en regardant de plus près, la candidature de Brown montre rapidement ses limites.
La première concerne l’efficacité offensive. Sur cette période, Brown ne tourne qu’à 42,4 % au tir et 30,3 % à trois points, pour un True Shooting de 53,1 %, très en dessous des standards habituels des prétendants au MVP. Le tout en prenant 24,1 tirs par match et en affichant le plus haut usage rate de la NBA (36,5 %) sur cette séquence. En clair, une énorme partie de l’attaque des Celtics passe par lui, mais avec un rendement relativement faible. Les MVP récents ont toujours combiné volume et efficacité, ce qui n’est pas vraiment le cas ici.
Ensuite, il y a la question de l’impact collectif. Sur l’ensemble de la saison, Boston est tout simplement meilleur lorsque Jaylen Brown est sur le banc, avec un différentiel de +8,9 points pour 100 possessions. Les Celtics progressent même des deux côtés du terrain dans ces situations : +6,6 en attaque et +2,3 en défense.
Enfin, cette tendance ne date pas d’hier. C’est la quatrième saison consécutive où Brown affiche un on-off négatif, un indicateur qui interroge sur son impact réel malgré son talent offensif.
Jaylen Brown reste un All-Star et un scoreur majeur qui a grandement contribué à la belle et surprenante saison des Celtics. Mais un MVP est censé rendre son équipe meilleure lorsqu’il joue. Pour l’instant, les chiffres racontent une histoire différente.
