Pourquoi la France peut viser l’or mondial et olympique grâce à sa raquette

Longtemps, le plafond des Bleus a semblé dépendre avant tout du génie de Victor Wembanyama. Mais la vraie nouveauté, c’est peut-être ailleurs : la France commence à empiler les intérieurs NBA crédibles, au point d’en faire un avantage structurel unique à l’échelle internationale. À l’approche du Mondial 2027 et des JO 2028, la raquette tricolore pourrait bien être la base la plus solide d’une ambition de titre.

Pourquoi la France peut viser l’or mondial et olympique grâce à sa raquette

On a souvent résumé le plafond des Bleus à une idée simple : avec Victor Wembanyama, tout devient possible. C’est vrai, mais c’est devenu trop réducteur. La vraie nouveauté, à deux ans et demi des JO de Los Angeles, c’est que la France n’a plus seulement un monstre générationnel. Elle commence à empiler les intérieurs NBA crédibles, au point de pouvoir envisager un succès mondial qui partirait d’abord de la peinture. Ici, on ne parle que des "big" déjà en NBA et capables d’y tenir un rôle. Rien que dans ce secteur-là, la profondeur française devient effrayante.

Wembanyama, évidemment, reste la tête d’affiche et presque un argument à lui seul. Il tourne cette saison à 24,3 points et 11,1 rebonds de moyenne avec les Spurs, qu'il vient de qualifier en playoffs sur un game winner contre Phoenix. Ce n’est plus un joueur d’avenir. Il est déjà un joueur qui change l’équation d’une franchise et, par extension, celle d’une sélection. Derrière lui, Rudy Gobert continue de produire ce qu’il produit depuis des années, c'est à dire le corps de travail d'un quadruple meilleur défenseur de la ligue. Discret offensivement, le pivot de Minnesota capte encore 11,4 rebonds de moyenne, avec une présence défensive intacte et ce statut de point d’ancrage qu’aucune équipe ne méprise.

Mais ce qui change vraiment la perspective française, c’est la couche suivante. Même si c'est dans une équipe qui tanke de manière éhontée, Alex Sarr réussit une bonne saison sophomore à Washington avec 16,9 points, 7,5 rebonds et 2,6 passes de moyenne, avec des séquences offensives bien plus affirmées. Moussa Diabaté, lui, s’est installé comme un vrai intérieur titulaire solide à Charlotte, avec 8,1 points, 8,7 rebonds et un mix de combativité et de flair pour les rebonds offensifs qui a peu d'équivalent en NBA.

Le scénario parfait : Victor Wembanyama envoie les Spurs en playoffs au buzzer

Il faut désormais ajouter Maxime Raynaud à cette conversation. Le rookie de Sacramento tourne à 11,4 points et 7,3 rebonds, avec un récent pic à 32 puis 30 points sur deux matches de mars, signe qu’il a fait mieux que prendre ses marques en Californie. Et la profondeur française ne s’arrête pas là : Guerschon Yabusele est toujours là, lui aussi en NBA. Son registre est différent, plus mobile, plus polyvalent, moins strictement lié à la protection du cercle, mais son expérience du très haut niveau FIBA et son leadership, lui qui était capitaine des Bleus lors du dernier tournoi, ajoutent encore de l’épaisseur à l’ensemble.

En basket FIBA, une équipe qui verrouille le cercle, domine le rebond et impose sa taille possède un avantage structurel énorme. La France peut désormais rêver d’avoir non seulement le meilleur intérieur du monde, mais aussi la plus grosse densité intérieure à l'échelle internationale. Le bémol reste évident : les planètes doivent s’aligner. Il faut que les profils s’emboîtent, que la hiérarchie soit claire, et surtout que tout le monde soit disponible en même temps. Historiquement, ce n’est presque jamais aussi simple, surtout pour une Coupe du monde.

Or avant Los Angeles 2028, il y aura justement le rendez-vous du Mondial 2027 au Qatar, qui servira aussi de porte d’entrée vers les JO. Pour les Bleus, ce sera un passage crucial après l’EuroBasket 2025 raté, terminé dès les huitièmes sur une défaite contre la Géorgie. Ce sera aussi l'occasion de voir ce fameux secteur intérieur en action.

C'est une évidence, l'alchimie doit également être bonne avec les extérieurs et ces derniers doivent aussi être les garants du bon fonctionnement de l'équipe. On sait que la mène pose question, par exemple, mais c'est une autre histoire.

En se concentrant vraiment uniquement sur la raquette et les profils différents qui peuvent la composer, l'espoir de dominer et de gagner un trophée pour la première fois depuis 2012 est permis. Sur le papier, la France a de quoi faire peur. Il reste maintenant à voir si cette force intérieure peut se transformer en titre.

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Je vais faire mon rabat-joie mais je pense que face aux équipes non européennes, la France a plus besoin de top joueurs Euroleague que de starter dans une équipe de tanking NBA.

Je sais que beaucoup, notamment les plus jeunes, fantasment d'une équipe de France 100% NBA. Ce n'est pas forcément la voie de la réussite. Tout simplement parce que ces joueurs euroleague ne sont pas connus par les États-Unis, le Canada ou l'Australie. Leurs assistants vidéo auront beau faire le boulot (j'espère pour eux, en tout cas), les joueurs, eux, n'auront pas la même facilité que face à un joueur qu'ils connaissent par cœur. On l'a bien vu ces 10 dernières années. Ça a même permis à Guerschon de retourner en NBA.

C'est pourquoi, puisque le sujet est le secteur intérieur, si Mathias Lessort retrouve pleinement son niveau pré-blessure, il est, selon moi, indiscutable en bleus. Parce qu'il va leur casser la bouche comme il le fait en Europe et qu'en face, ils s'attendent pas à ça.
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Bel article Shai.
Sur le fond, effectivement, la France n'a jamais eu un secteur intérieur aussi fort et aussi fourni, tant défensivement qu'offensivement.
Mais a mon avis, ca ne garanti absolument rien en terme de résultat pour l'EdF.
Et pour deux raisons majeurs selon moi.
--- La première, je viens de re-regarder le palmarès de ces vingt dernières années au basket FIBA - euro, CM et JO-
Aucune équipe victorieuse ne s'est imposée grâce à son secteur intérieur - ni l'Allemagne récemment, ni les USA post-2006, ni la Slovénie et même les bleus en 2013. C'est pas une règle absolue , la Russie en 2007 gagne avec un axe 1-5 exceptionnel, et peut être le début de règne de l'Espagne avec les frères Gasol et Ibaka, mais cette génération "juniores de oro" dominait également les autres secteurs de jeu avec Navarro, Fernandez, Llull... Donc pour moi, et encore plus dans ce basket moderne, le secteur intérieur ne te garantie pas une réussite.
--- La seconde, c'est la culture de l'EdF : on ne sait pas mettre faire jouer nos intérieurs - et ce depuis la nuit des temps. Depuis 15 ans, on a eu d'excellent intérieurs offensifs, mais aucun ne fut ne serait-ce qu'utiliser comme point d'ancrage, et on voit même régulièrement nos ailiers expérimentés glissé sur les postes intérieurs en EdF pour prendre ce rôle d'intérieur "playmaker/facilitateur".
Le jeu offensif de l'Edf, c'est du run and shoot, les "intérieurs" reste cantonner au rôle de soldat. Alors, malgré la liste non exhaustive présente de joueurs intérieurs prétendants à l'EdF et même si j'espère que l'EdF gagne au final, je reste persuader que l'EdF elle sera toujours plus dépendante de son secteur extérieur.
Enfin, c'est juste mon avis.
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C'est vrai. Les fenêtres cet été vont d'ailleurs être intéressantes pour voir l'utilisation de Victor et comment Fauthoux fait s'articuler l'équipe autour de lui.
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