Incompris, sous-estimé, surestimé et incroyable : Russell Westbrook, un joueur hors du commun

Incompris, sous-estimé, surestimé et incroyable : Russell Westbrook, un joueur hors du commun

Russell Westbrook divise mais il est surtout incompris par une partie du public. Le plus beau, c'est qu'il n'en a rien à carrer.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Le soir où Russell Westbrook est finalement devenu le joueur avec le plus grand nombre de triple-doubles en carrière (182), ses Washington Wizards ont perdu d’un point contre les Atlanta Hawks (124-125) avec un tir pour la gagne raté par le meneur All-Star. Tellement symbolique.

Non pas symbolique de sa personne mais des divisions qu’il peut créer dans le paysage NBA et, plus globalement, auprès du public. Parce que ceux qui négligent ses performances s’empresseront de souligner que son équipe s’est inclinée. Pourtant, en inscrivant 11 points et en délivrant 10 passes décisives sans perdre le moindre ballon dans le quatrième quart temps, Westbrook est passé tout près de faire gagner les siens à la suite d’une remontée fantastique.

Le bonhomme est parfois sous-estimé, parfois surestimé, souvent sous-apprécié. Plus rarement mal-aimé. Mais mal-aimé uniquement de ceux qui ne le connaissent pas. Parce que ceux qui ont eu la chance de le côtoyer au quotidien sont les premiers à dépeindre un leader exemplaire, travailleur et attentionné envers ses coéquipiers et les membres du staff, même les plus obscures d’entre eux.

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Russell Westbrook s’en fout des critiques et ça agace justement ses détracteurs qui aimeraient le voir devenir quelqu’un d’autre. Mais ce même trait de caractère, ce même je-m’en-foutisme, c’est ce qui le pousse à traiter tout le monde de la même manière au sein d’une organisation. Il respecte ses coaches de la même façon qu’il respecte le type qui nettoie les maillots ou celui qui porte les sacs. Il s’en fout aussi du basket, il n’en regarde pas. Pas sûr qu’il connaisse ne serait-ce que la moitié des adversaires qu’il fait souffrir chaque soir.

Mais ça ne l’empêche pas d’aimer son sport. D’aimer jouer, d’aimer la compétition plus que n’importe quel autre de ses pairs, d’aimer gagner. Et surtout d’aimer se donner à fond. Le public dans son ensemble pousse les athlètes à gagner des titres, mais peste quand un gars comme lui reste le même, quitte à se condamner lui-même à ne jamais finir avec une bague. Le public dans son ensemble regrette que la NBA soit aseptisée mais fustige l’attitude du vétéran, jugé comme une tête brûlée, pour ne pas dire une tête de con.

Au final, le public dans son ensemble ne connaît pas Westbrook. Et ne le comprend pas. Parce qu’il n’y a pas d’autres joueurs comme lui. Il est tellement atypique, tellement unique, tellement différent. Seul au monde. Seul dans ses records qu’il collectionne les uns après les autres. Parce qu’avec lui, c’est aussi une histoire de chiffres. 182 triple-doubles. 4 saisons avec un triple-double de moyenne. 11 triple-doubles de suite. 42 triple-doubles sur un seul et même exercice. Des accomplissements inédits. Du jamais vu.

Les statistiques seraient-elles trompeuses ? Chercherait-il à les gonfler ? Sachez juste que Russell Westbrook, sur quatre des cinq dernières saisons, a une plus forte chance de faire un triple-double (46%) que de mettre un panier (43%). Mais sachez aussi que c’est quasiment toujours bénéfique pour son équipe. Sur ses 182 triple-doubles, ses équipes l’ont emporté à 136 reprises. Pour seulement 46 défaites. Soit un bilan de 74% de victoires. Alors peut-être qu’il est difficile à comprendre, difficile à classer. Mais il n’en reste pas moins incroyable.

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