Un scandale de dopage en NBA ?

Un pavé lancé dans la mare du dopage dans le baseball pourrait éclabousser d'autres sports US, dont la NBA.

Un scandale de dopage en NBA ?
[caption id="" align="alignleft" width="327"] Ryan Braun, la star au cœur de la polémique[/caption] Le dopage, c'est la grosse polémique du moment dans le sport US mais elle touche essentiellement, pour l'instant, le baseball, l'"America's pastime" ("le passe-temps américain"). Il se pourrait pourtant que le mal se propage en NBA après avoir également touché la NFL (Football US) dernièrement. La choc de cette semaine a été la décision de la ligue de baseball (MLB) de suspendre sans paie jusqu'à la fin de la saison un de ses joueurs vedettes, Ryan Braun (Milwaukee Brewers), le mettant sur la touche pour les 65 dernières rencontres (la Ligue espérait lui en infliger 100 mais l'abaissement de sa sanction s'est faite avec l'accord du joueur de ne pas interjeter appel). S'il n'est pas très connu des non-spécialistes, Ryan Braun n'en a pas moins gagné le titre de MVP de la National League en 2011 (le baseball donne deux titres de MVP par saison pour les joueurs de champs, un pour la National League, l'autre pour l'American League, les règles étant un peu différentes dans les deux...) et avait signé en cette même annee 2011 une extension de contrat jusqu'en 2020 (!!) devant lui rapporter 145 millions de dollars (les contrats MLB sont garantis, comme en NBA). Sa suspension ne lui en enlèvera "que" 3,25 millions néanmoins... Les faits lui étant reprochés ? Une prise de produits dopants, des hormones de croissance appelées HGH, qu'il se serait procurées auprès de la défunte clinique "BioGenesis of America", basée en Floride et cible d'une enquête du FBI. Le joueur des Brewers ne serait pas le seul baseballeur à être impliqué dans ce scandale puisque la presse américaine parle de 20 autres joueurs qui pourraient être suspendus dans cette affaire, dont le très controversé Alex Rodriguez, l'un des meilleurs batteurs de l'histoire mais dont les performances et records sont mis en doute depuis quelques années et ses aveux de prise de stéroïdes. [caption id="attachment_119282" align="alignright" width="200"] Porter Fischer, le Whistle-Blower[/caption] Comme dans beaucoup de scandales aussi importants, il aura fallu le courage de certains pour dénoncer les agissements de leurs employeurs. Michael Mann en avait fait le superbe film "Révélations" autour de l'industrie du tabac, avec Al Pacino et Russell Crowe. Ici, c'est Porter Fischer, un ancien client de la clinique devenu directeur du marketing de celle-ci, qui a joué le role du "WhistleBlower" ("Lanceur d'alerte") l'an dernier en mettant à la disposition (à cause d'un différent financier avec le responsable de la clinique, Tony Bosh) du Miami New Times, un journal de la ville floridienne, des cartons entiers de documents censés prouver la culpabilité de nombreux athlètes provenant de différentes ligues, comme la MMA (Mixed Martial Arts), le tennis, la boxe, la NCAA mais aussi la NBA. C'est en tout cas les allégations qu'il porte dans une interview donnée à l'émission d'investigation d'ESPN "Outside The Lines". [html]%3Cscript%20src%3D%22http%3A%2F%2Fplayer.espn.com%2Fplayer.js%3FplayerBrandingId%3D4ef8000cbaf34c1687a7d9a26fe0e89e%26adSetCode%3D91cDU6NuXTGKz3OdjOxFdAgJVtQcKJnI%26pcode%3D1kNG061cgaoolOncv54OAO1ceO-I%26width%3D576%26height%3D324%26externalId%3Despn%3A9508825%26thruParam_espn-ui%5BautoPlay%5D%3Dfalse%26thruParam_espn-ui%5BplayRelatedExternally%5D%3Dtrue%22%3E%3C%2Fscript%3E[/html]   Si c'est avéré, ce pourrait être un énorme scandale touchant tous les sports américains (bien que l'homme dise qu'aucun client de la clinique n'a joué en NFL (Football) ou en NHL (Hockey)) et pourrait mettre l'accent sur le double discours des ligues de sports américains vis à vis de l'utilisation des produits dopants par leurs athlètes. [superquote pos="d"]Une fois le 4ème test passé, les joueurs NBA peuvent prendre tous les produits qu'ils désirent[/superquote]La NFL, par exemple, va bientôt instaurer un nouveau contrôle du niveau d'hormones de croissance pour ses joueurs (présentes naturellement dans le corps) en réalisant une étude au moyen de prises de sang effectuées au cours des camps d'entrainement qui s'ouvrent actuellement. Mais, comme le démontre l'excellent article de Sports Illustrated, cette méthode, en mesurant un taux moyen d'hormones sur une population restreinte et sûrement déjà chargée d'hormones synthétiques, va permettre à ceux en dessous du taux d'impunément augmenter artificiellement leur taux, alors qu'un test sur la nature de ces hormones de croissance (les synthétiques, injectées lors de programmes de doping, sont d'un seul type (d'un poids de 22 kilodaltons, l'unité de mesure utilisée) alors que le corps en produit deux différentes (certaines de 22 kilodaltons, d'autres de 20 kilodaltons)) aurait permis une véritable politique anti-dopage. En effectuant un test portant sur le ratio de ces différentes hormones dans le corps des sportifs, ceci pourrait avoir un effet pervers, comme avait pu l'avoir le fameux "Taux hématocrite" de 50% autorisé par l'UCI (Union Cycliste International) pour les coureurs cyclistes, donnant à ceux qui possédaient un taux moindre la possibilité de "monter" jusqu'à 50% de façon illégale, sans rien craindre au niveau des sanctions. [caption id="attachment_57408" align="alignleft" width="200"] Turkoglu, l'un des joueurs suspendus pour dopage par la NBA[/caption] La NBA, elle, possède déjà une politique de tests à propos des "PED" ("Performance Enhancing Drugs", produits dopants en français) mais n'a pas encore mis en place de test sanguin à propos de ces hormones de croissance. Comme pour tout ce qui touche à la vie des joueurs, il faudra d'abord passer par une négociation avec la NBPA, le syndicat des joueurs. Les suspensions vont de 20 matches pour un premier contrôle positif à une suspension à vie pour ceux ayant été pris trois fois par la patrouille. Néanmoins, la NBA possède un système quelque peu inique puisque, comme le dénonce régulièrement Bill Simmons d'ESPN, les joueurs ne peuvent être contrôlés que 4 fois au maximum au cours de la saison. Une fois le 4ème test passé, ils sont assurés à 100% de ne plus l'être à nouveau et peuvent, en théorie, prendre tous les produits qu'ils désirent. Avec les sommes énormes en jeu, les calendriers infernaux, les entraînements intenses que les joueurs endurent pour garder une longueur d'avance sur leurs concurrents ainsi que les chocs infligés à leurs corps au cours de matches disputés (et que différents produits peuvent guérir plus vite que des méthodes traditionnelles), il ne faudra sans doute pas s'étonner si, dans les semaines à venir, quelques noms de basketteurs NBA commencent à tomber et à être liés à cette clinique "Biogenesis".