Tony Parker et l’ASVEL ont-ils sauvé les meubles ?

Après les galères de l’été, l’ASVEL a remporté deux de ses quatre premiers matches d’EuroLeague, dont un joli duel à Paris. Le grand projet annoncé a changé de tête, mais Tony Parker a encore quelques joueurs sous la main. Et peut-être une saison intéressante à construire.

Tony Parker et l’ASVEL ont-ils sauvé les meubles ?

On avait beaucoup parlé de ce que l’ASVEL n’aurait pas. Du budget revu à la baisse, des énormes noms envisagés, de Sylvain Francisco, d’Armoni Brooks et d’un été qui n’avait franchement pas suivi le scénario prévu. Alors, maintenant que ça joue, on peut aussi regarder ce qu’il reste. Et honnêtement, il reste une équipe.

La victoire à Paris, 98-96, nous a donné une bonne occasion de le rappeler. Un match avec du rythme, des runs, du suspense et deux équipes qui se sont répondu jusqu’au bout. Paris avait mieux commencé, Villeurbanne avait réagi, Paris avait repris les commandes. Même avec cinq ou six points d’avance dans le quatrième quart-temps, rien n’était plié. C’était du basket très plaisant. Le genre de soirée qui nous donne envie de parler davantage d’EuroLeague.

En face, pourtant, il y avait de quoi se faire déborder. Nadir Hifi a inscrit 30 points, son record dans la compétition, et Tyson Etienne en a ajouté 27 avec six paniers à trois points. Hifi a manqué le tir pour la gagne, sans réussir à reproduire son incroyable panier dans le corner face au Mans le week-end précédent. Mais l’ASVEL a dû résister à deux sacrées performances.

Et elle a trouvé plusieurs réponses. Patty Mills a terminé à 21 points en 22 minutes, Hugo Besson en a mis 16, Jae Crowder a apporté 11 points, 5 rebonds et 5 passes. Ça fait encore un peu bizarre de voir Crowder dans une équipe française en EuroLeague. Mais il est intégré, il est au cœur du jeu. Ce n'est pas simplement un nom familier sur une feuille de match.

Pour Mills aussi, le voir là a quelque chose de curieux. On parle quand même d’un sacré joueur. Et justement, Tony Parker avait choisi de le faire sortir du banc. Ça n’a pas empêché l’ASVEL de mal commencer, donc on ne va pas transformer ce changement en explication magique de la victoire. Mais Mills a été efficace et cette utilisation modifie la dynamique de l’équipe. Il a quitté le cinq, pas son influence sur le match.

Besson, lui, enchaîne les bonnes sorties européennes. Ce profil de combo guard nous plaît, et son début de saison donne une raison supplémentaire de s’intéresser à cette équipe. L’effectif a perdu des noms par rapport aux attentes de l’été, mais il ne manque pas complètement de talent. On peut même dire qu’ils s’en sont plutôt bien sortis.

C’est aussi ce qu’il faut garder en tête lorsque l’on parle des difficultés du club : un budget revu à la baisse ne signifie pas qu’il ne permet plus d’attirer personne. Parker l’avait expliqué dans son entretien chez First Team. Ce n’est pas non plus la galère totale.

Alors, jusqu’où ça peut aller ? Nous avons du mal à envisager le top 6. L’EuroLeague est trop dense pour annoncer ça tranquillement après quatre matches. En revanche, rester longtemps dans la course au play-in, voilà un objectif qui mérite qu’on s’y attarde.

Perdre contre le Panathinaïkos n’a rien d’illogique. Aller chercher Paris et gagner suffisamment de matches contre les équipes de sa catégorie, c’est là que l’ASVEL peut construire quelque chose. Il faudra prendre ces rencontres, en arracher d’autres et tenir dans la durée. Nous n’y sommes pas encore.

Mais amener cette équipe au play-in pour sa première saison de coach serait déjà une très belle performance de Tony Parker, compte tenu de l’intersaison. On n’est pas obligés de viser le top 6 pour trouver la suite excitante. Pour l’instant, regarder ce que cette ASVEL peut faire nous intéresse déjà beaucoup.

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