Le tournant des Finales NBA ? André Iguodala !

Nommé logiquement MVP des Finales NBA, André Iguodala incarne le tournant de cette série avec le choix de Steve Kerr d’opter pour un 5 « small ball ».

Damien Da SilvaPar Damien Da Silva | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Le tournant des Finales NBA ? André Iguodala !
7 votes pour André Iguodala, 4 votes pour LeBron James, 0 pour Stephen Curry. Sans aucune contestation, l’ailier des Golden State Warriors a été désigné comme le meilleur joueur des Champions NBA. Pour « éliminer » ce débat dès maintenant, oui, LeBron James était clairement le meilleur joueur de ces Finales NBA, mais les votants ont décidé que le MVP des Finales devait se trouver parmi les vainqueurs, un choix compréhensible et Jerry West restera donc l’unique exception puisqu’il a remporté cette distinction personnelle malgré la défaite des Los Angeles Lakers lors des Finales 1969. Outre les performances ahurissantes de LeBron James, quand on revient sur l’ensemble des matches de ces Finales NBA, cette série bascule clairement lors du Game 4. Alors que les Warriors sont menés 2-1 par les Cavaliers, Steve Kerr sort de son chapeau une nouvelle tactique : André Iguodala à la place d’Andrew Bogut dans son 5 majeur. Le coup gagnant des Finales 2015 !

Le « small ball » a tué les Cavs

Steve Kerr est peut-être un rookie, mais il a marqué cette série de son talent. Alors bien évidemment, il avait à sa disposition un effectif de grande qualité avec une profondeur de banc incroyable, c’est d’ailleurs grâce à cet élément qu’il a été en mesure de faire de nombreuses tentatives pour trouver le bon ajustement (on se souvient notamment de l’essai fructueux avec David Lee aussi). Mais sa plus belle réussite, c’est bien sûr la titularisation d’André Iguodala au détriment d’Andrew Bogut. En effet, le coach des Warriors a décidé d’aligner un duo Iguodala-Draymond Green à l’intérieur afin de déstabiliser les Cavs, et ça a parfaitement fonctionné.
«  Nous avons fait ça pour la vitesse, pour les espaces que cela crée et pour mettre en place notre tempo. Nous avons ainsi contrôlé le tempo et le rythme du match », avait analysé Kerr.
Et effectivement, grâce à cette tactique, les Warriors ont pris un ascendant sur l’excellente défense des Cavs en bénéficiant notamment de points « faciles » en contre-attaque. Mais le plus fort, c’est que David Blatt n’est finalement jamais parvenu à répondre à cet ajustement de son homologue. En effet, le problème posé pour les Cavs était le suivant : ils avaient un avantage de taille dans la raquette, ils dominaient les débats offensivement, mais défensivement, Timofey Mozgov et Tristan Thompson étaient en grande difficulté face à la rapidité et à la capacité de Draymond Green & André Iguodala de tirer à mi-distance (ou même à trois points). Pourtant, l’entraîneur de la franchise de l’Ohio a tenté de s’adapter en jouant lui aussi « small ball » lors du Game 5, mais le résultat n’a pas été concluant avec une défaite de son équipe à la clé.
« Est-ce que j’ai fait une erreur ? Quand vous coachez vous devez prendre des décisions. J’ai eu le sentiment que la meilleure chance pour nous de rester dans le match et de gagner, c’était de jouer comme nous l’avons fait », avait justifié Blatt après le Game 5.
Le problème, c’est que David Blatt n’avait finalement pas de solution face à ce choix de Kerr. Son impuissance a été caractérisée lors du Game 6 de cette nuit, il est revenu à son schéma de base avec Mozgov et Thompson à l’intérieur, sans aucun changement par rapport aux premiers matches et son équipe a été largement dominée par le duo des Warriors : un triple double pour Green (16 points, 11 rebonds, 10 passes décisives) et une performance énorme pour Iguodala (25 points, 5 rebonds, 5 passes décisives). Alors bien sûr, il est difficile de reprocher des choses à Blatt puisqu’il n’avait pas un effectif à la hauteur de ce rendez-vous à cause notamment des blessures d’Anderson Varejao, de Kevin Love et de Kyrie Irving. En tout cas, en analysant l'ensemble, le joueur qui caractérise le plus ce changement de physionomie lors de ces Finales, c’est le MVP de cette série, André Iguodala.

André Iguodala, l’homme symbole

« Je ne suis pas surpris par ce titre de MVP parce que j’ai toujours confiance en mon jeu. Je suis trop dur avec moi-même la plupart du temps. Mais j’aurais quand même misé sur Steph Curry ou sur Draymond Green », a réagi André Iguodala. En quelques mots, voici l’état d’esprit irréprochable du MVP des dernières Finales NBA. Depuis le Game 4 des Finales NBA, nous avions opté pour lui pour cette distinction et il a confirmé qu’il était bien le patron des Warriors face aux Cavaliers. Alors oui, Iggy n’a pas claqué un seul match à plus de 30 points au contraire de Curry lors du Game 5, il n’a pas réalisé un triple-double au contraire de Draymond Green lors du Game 6, mais quelle constance, quelle implication, quel leadership et surtout, il a incarné le renouveau de son équipe sur ces Finales.
« La titularisation d’Iguodala a été le point critique et le facteur décisif de cette série. Sans aucun doute », a reconnu Blatt après la défaite des siens.
[superquote pos="g"]"La titularisation d’Iguodala a été le point critique et le facteur décisif de cette série", David Blatt.[/superquote]Avec 16,3 points, 5,8 rebonds et 4 passes décisives de moyenne sur cette série, André Iguodala a complètement explosé ses statistiques puisqu’il tournait à 7,8 points, 3,3 rebonds, 3 passes décisives de moyenne cette année. Comme les grands joueurs, il est parvenu à hisser son niveau de jeu au meilleur des moments. Offensivement, son implication a été très importante car sa présence a permis aux Warriors d’avoir un rythme en attaque bien plus élevé. De plus, face à Mozgov (la plupart du temps), Iggy n’a pas hésité à prendre ses responsabilités, un vrai plus pour l’attaque de la franchise californienne comme l’a souligné Draymond Green.
« J’ai toujours dit que j’étais un pro-André. C’est un véritable professionnel et il l’a démontré, c’est pour ça qu’il est le MVP de ces Finales et que nous sommes champions », a lâché Green pour ESPN.
Mais le plus grand accomplissement d’André Iguodala, c’est sûrement sa défense sur LeBron James. Alors c’est toujours délicat de dire qu’Iggy a été énorme sur LBJ alors que l’ailier des Cavs a tourné à 36 points de moyenne sur ces Finales. Et pourtant si, le vétéran des Warriors a fait un job phénoménal sur le meilleur joueur de la Ligue. Et les chiffres ne mentent pas. D’après ESPN, 85% des tirs pris par James lorsqu’il était défendu par Iguodala étaient contestés pour un pourcentage de réussite de 24% (15% des tentatives de LBJ n’étaient donc pas contestées pour un pourcentage de réussite de 88%) ! Tout simplement grandiose !
« Défendre sur LeBron James est épuisant, surtout mentalement. D’habitude, je fais toujours une sieste le jour du match mais aujourd’hui, je n’ai pas pu dormir parce que je pensais au match et à ce qu’il fallait faire pour gagner, défendre sur LeBron James », a confié Iguodala après la rencontre.
En tout cas, André Iguodala n’a clairement pas volé son titre de MVP des Finales. Et comme l’an dernier avec Kawhi Leonard, ce n’est pas finalement pas le franchise player du Champion NBA qui est désigné MVP des Finales. Et ce n’est peut-être pas un hasard si par deux fois, c’est le défenseur face à LeBron James qui remporte cette distinction personnelle, bien défendre sur le meilleur joueur du monde est visiblement (et logiquement) reconnu par les votants. Avec ce trophée de MVP, André Iguodala va même faire son entrée dans l’histoire de la NBA. En effet, il est le premier joueur à avoir remporté le titre de MVP des Finales sans avoir débuté un seul match lors de la saison régulière, c'est dire l'exploit historique du garçon. Et depuis les Finales NBA 1980 et l’exemple Magic Johnson (MVP Finales) et Kareem Abdul-Jabbar (MVP saison régulière), c’est la première fois qu’un MVP des Finales, Iggy, se retrouve dans la même équipe qu’un MVP de la saison régulière, Curry. Plutôt pas mal de voir son nom jamais associé à de telles légendes. Puis étant donné qu’il est la belle histoire et la star du 4e sacre dans l’histoire des Warriors, on laisse le mot de la fin à André Iguodala.
« Là, j’ai la tête vide et j’apprécie le moment, je vais fêter ça avec mes coéquipiers. Ce sont des moments dont on se souvient toute une vie. Ça a été une longue aventure, une grande saison et on va juste apprécier ce moment. »
https://www.youtube.com/watch?v=gq8KwOxV-0w  
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