Victor Wembanyama, la réponse d’un grand joueur

Après un game 2 cruel et une injonction à se montrer, Victor Wembanyama a été au rendez-vous. Son game 3 à New York est û modèle du genre.

Victor Wembanyama, la réponse d’un grand joueur

On se souvient souvent des grands joueurs pour leurs exploits. On les reconnaît aussi à leur manière de réagir après un échec. Avant ce Game 3, Victor Wembanyama se retrouvait dans une situation rare pour lui. Les Spurs étaient menés 2-0 dans ces Finales NBA. La perte de balle de la fin du Game 2 était encore dans toutes les têtes. Le Madison Square Garden était prêt à pousser les Knicks vers une troisième victoire et beaucoup imaginaient déjà San Antonio au bord du précipice.

Dans ce contexte, le Français a livré ce qui est probablement son match le plus complet depuis le début de la série.

Les chiffres sont excellents : 32 points, 8 rebonds, 6 passes décisives et 3 contres à 11/18 au tir. Mais ce n'est pas ce qui a le plus marqué. Ce qui ressort de cette rencontre, c'est la maîtrise avec laquelle il a construit sa performance.

Dès les premières minutes, Wembanyama a choisi la simplicité. Il a demandé le ballon près du cercle, attaqué les espaces derrière la défense et accepté le défi physique proposé par New York. On l'a vu beaucoup moins dépendant de son tir extérieur que lors de certaines séquences des deux premiers matches. Chaque fois qu'il a obtenu une position profonde ou un avantage près du panier, il a puni la défense des Knicks.

Face à lui, Karl-Anthony Towns n'a jamais vraiment trouvé la solution. L'intérieur des Knicks avait souvent réussi à peser sur la série jusque-là. Cette fois, c'est Wembanyama qui a imposé le rapport de force. Il a joué avec puissance quand il le fallait, avec patience lorsque les aides arrivaient et avec suffisamment de lucidité pour ne pas tomber dans le piège de la précipitation.

Cette sélection de tirs a sans doute été l'aspect le plus impressionnant de son match. Très peu de tentatives forcées, très peu de possessions gaspillées. Il a constamment donné l'impression de savoir exactement ce qu'il voulait obtenir de la défense adverse.

Le moment le plus révélateur est peut-être arrivé à la fin de la première mi-temps. Les Spurs ont laissé filer une avance confortable. Les Knicks ont renversé le match. Le Garden s'est embrasé. Dans ce genre d'ambiance, pour une équipe aussi jeune, il est facile de sortir de son plan de jeu ou de vouloir régler les problèmes seul.

Wembanyama n'est jamais tombé dans ce piège.

Une masterclass two-way

Il a continué à défendre, à faire circuler le ballon et à prendre les bonnes décisions. Cette stabilité a fini par gagner le reste du groupe. Stephon Castle a réalisé un excellent match, De'Aaron Fox a trouvé un panier crucial dans le money time et Dylan Harper a encore apporté son calme à l'organisation. Les Spurs n'ont pas gagné grâce à un seul homme. Mais leur leader leur a montré la voie.

C'est peut-être ce qui rend cette prestation si importante. À 22 ans, dans l'une des salles les plus bruyantes de la NBA, avec une série qui pouvait pratiquement basculer définitivement, Wembanyama n'a jamais semblé dépassé par l'événement.

Il a simplement joué comme le meilleur joueur du terrain. Et comme un joueur qui a déjà compris ce qu'impliquent les Finales NBA.