Wembanyama signe son premier TD, les Spurs dominent Detroit

Wembanyama signe son premier TD, les Spurs dominent Detroit

DE NOTRE CORRESPONDANT À SAN ANTONIO — Propulsés par le premier triple-double de Victor Wembanyama en NBA, les Spurs ont dominé des Pistons affaiblis ce mercredi (130-108). Retour sur la rencontre en trois points clés.

Benjamin MoubèchePar Benjamin Moubèche  | Publié  | BasketSession.com / NEWS / Récap

Comme motivé par une curiosité malsaine, le duel entre San Antonio et Detroit était fortement attendu cette saison. Dans ce choc entre les deux équipes les moins bien classées de la NBA, ce mercredi à Detroit, les Spurs d’un Victor Wembanyama en triple-double ont pris l’ascendant sur des Pistons diminués (108-130).

Premier triple-double pour Victor Wembanyama

Victor Wembanyama n’a eu besoin que de 21 minutes sur le terrain pour réaliser le premier triple-double de sa carrière en NBA. Après avoir inscrit 16 points et 12 rebonds, il a délivré sa dixième passe décisive à Doug McDermott pour un tir à trois points, officialisant son entrée dans un nouveau club statistique.

Alors qu’il a multiplié les passes, générant un total de 38 points entre ses propres paniers et ceux qu’il a assistés, le Français n’a perdu aucun ballon. Des talents de passeur qui n’ont pas du tout surpris Gregg Popovich. « C’est un très bon passeur. C’était un bon passeur avant d’arriver ici », a souligné l’entraîneur, qui affirme avoir décidé de faire de l’intérieur « la priorité en attaque » ce mercredi.

« Nous apprenons où il veut recevoir le ballon, où il se sent le plus à l’aise. Les autres joueurs apprennent à couper autour de lui », a continué le coach en conférence de presse. « Mes coéquipiers ont donc fait les bonnes coupes et les bons tirs », a confirmé Wembanyama.

La performance du rookie est une anomalie dans l’histoire de la NBA. À l’âge de 20 ans et six jours, il est devenu le plus jeune joueur de l’histoire des Spurs à réaliser un triple-double. Il est le cinquième plus jeune à l’échelle de la ligue — derrière Josh Giddey, LaMelo Ball, Markelle Fultz et Luka Doncic, qui ont tous accompli cet exploit avant leur 20e anniversaire.

Mailbag : Vos questions sur Victor Wembanyama et les Spurs

Seul Fultz avait joué moins de 30 minutes dans le match parmi eux, ce qui renforce le caractère atypique de la ligne de statistiques du premier choix de la draft. Ses 21 minutes représentent le deuxième temps de jeu le plus court pour un joueur ayant réalisé un triple-double dans l’histoire de la NBA. Russell Westbrook est le seul à avoir fait moins, le 4 mars 2014, avec 20 minutes.

« J’ai eu autant de contres que lui ce soir, alors il faut qu’il retourne au laboratoire », plaisantait Doug McDermott, au micro de Bally Sports. Après tout, la performance de Victor Wembanyama n’était pas parfaite. Pour la deuxième fois depuis son arrivée dans le championnat nord-américain, il n’a enregistré aucun contre dans un match. Il a raté 10 de ses 16 tentatives de tirs, y compris ses quatre shots à trois points.

Les Spurs dominent des Pistons affaiblis

« Le faire dans la victoire, ça représente tout », a précisé le Français, qui a propulsé San Antonio vers sa sixième victoire de la saison. « Nous avons expérimenté différentes approches tout au long de la saison. Aujourd’hui, nous avons réussi à tout mettre à profit et à faire les bons choix. Je pense que c’est merveilleux quand nous jouons comme ça, avec autant de cohésion. »

Si l’adversaire semblait déjà à la portée des Texans, c’était d’autant plus le cas ce mercredi compte tenu de l’état de forme des Pistons. L’équipe était privée de Cade Cunningham, blessé au genou, ainsi que d’Isaiah Stewart. Elle se remettait tout juste d’une large défaite face aux Kings la veille (110-131). En bref, Detroit aurait eu du mal à imaginer de pires conditions pour recevoir les Spurs.

Victor Wembanyama à l’affiche du NBA Paris Game 2025 ?

« Cunningham leur manque vraiment, c’est évidemment un élément clé de leur équipe », a reconnu Popovich. « Nous avons pris le dessus aujourd’hui, c’était notre soirée. Ça pourrait être totalement différent lorsqu’ils viendront chez nous (le 14 avril, pour le dernier match de la saison régulière). »

L’absence du meneur titulaire a donné l’opportunité à un autre Français de se montrer avec la balle. Killian Hayes a ainsi distribué 12 passes décisives pour un seul ballon perdu. Les autres aspects offensifs du jeu lui ont cependant posé des difficultés. Sur le plan collectif, ni l’attaque ni la défense de Detroit n’ont vraiment fonctionné, souffrant un manque d’organisation flagrant.

Deux franchises, une même situation

Dans les bas-fonds du classement de la NBA, les Pistons et les Spurs se trouvent des points communs. Les deux équipes les plus jeunes de la ligue traversent un processus semblable, dans lequel elles sont guidées par les deux entraîneurs les mieux payés de cette saison.

« Je suis en très bonne compagnie si Pop se trouve dans une situation similaire », a estimé Monty Williams, avant la rencontre. Bien que le palmarès de Williams ne soit pas comparable à celui de Gregg Popovich, il entretient une relation étroite avec lui. Le coach le plus victorieux de l’Histoire a été son mentor lors de ses années à San Antonio, en tant que joueur, entraîneur stagiaire, et membre du front office.

« Les deux équipes sont dans la même situation », a également comparé Popovich. « Les deux équipes se développent, en essayant d’apprendre aux joueurs comment jouer, en essayant de déterminer quels gars resteront et lesquels ne resteront pas, ce genre de choses. »

« Ce n’est pas comme quand j’étais avec ces Hall of Famers (David Robinson, Tim Duncan, Tony Parker et Manu Ginobili). Il y avait beaucoup moins d’apprentissage et beaucoup plus d’ajustements pendant les matches, lorsque l’équipe était en place prête à gagner des titres », a-t-il poursuivi. « Ici, c’est totalement différent, il s’agit davantage d’enseigner pour essayer d’amener les joueurs au stade où ils comprennent ce qu’il faut faire pour gagner. C’est une dynamique totalement différente. »

Chez les Spurs, l’avenir semble particulièrement radieux avec Victor Wembanyama. Les Pistons, de leur côté, tiennent aussi une star très prometteuse en la personne de Cade Cunningham. Mais pour le moment, ils restent à la dernière place de leur conférence respective et il leur reste un long chemin à parcourir.

[ITW] Max Strus : La Heat Culture, son shoot et Wembanyama

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