Al Horford, ex-victime devenue bourreau des Cavaliers

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Constamment martyrisé par les équipes de LeBron James depuis le début de sa carrière, Al Horford peut prendre sa revanche. Il est l’une des clés de la série pour Boston.

Il y a des traditions en NBA. La coutume veut que LeBron James roule sur la Conférence Est. En prenant soin au passage de froisser l’ego du All-Star Al Horford. L’intérieur des Boston Celtics est un excellent joueur, terriblement sous-estimé par moment. Mais il faut dire qu’il passe pour un peintre à chaque fois qu’il est vraiment exposé au grand public – à savoir quand il affronte le King. L’historique est vraiment peu flatteur. Avant le match d’hier soir, le Dominicain avait déjà rencontré 16 fois le prodige d’Akron en playoffs. Pour 15 défaites. Et trois sweeps en 2009, 2015 et 2016. Un vrai carnage. Des humiliations répétées. Horford n’a jamais pesé contre les Cleveland Cavaliers à ce stade de la compétition. Un petit 10 points et 4 rebonds de moyenne sur ces 16 matches.

D’habitude, il se faisait donc martyriser par James. Mais d’habitude, il jouait aux Atlanta Hawks (bon, en réalité, il a aussi pris son 4-1 des familles avec les Boston Celtics l’an dernier). L’ex-bizut s’est transformé en homme fort pour ses retrouvailles avec son plus grand tortionnaire. Il était au cœur du large succès de Boston cette nuit. 20 points, 4 rebonds, 6 passes, 2 blocks et +17. Une domination complète des deux côtés du parquet. Car contrairement aux années précédentes, il peut désormais compter sur un excellent coach à même de développer une stratégie efficace pour tirer profit des nombreux atouts du pivot (bon, en réalité, il était déjà coaché par Brad Stevens l’an dernier).

Les Celtics ont ciblé Kevin Love sur ce Game 1 des finales de Conférence Est. Ce dernier est considéré – a priori à raison – comme le défenseur le plus faible des triple-finalistes. Un maillon faible exploité par Stevens. Ses joueurs l’ont constamment provoqué sur pick-and-roll. Et c’était notamment à Al Horford de profiter de ce duel. Il l’a fait. Il s’est très vite mis en jambes en convertissant ses 7 premiers tirs. Love n’a rien pu faire. Il s’est laissé déborder sur quelques drives, il s’est fait abuser sur quelques possessions dos au panier et il a aussi encaissé des tirs extérieurs dans la poire. Un massacre. Boston a passé un 17-0 dans le sillage de son vétéran. Pour creuser un premier écart (21-7). La victoire s’est dessinée à ce moment-là. Dans ce premier quart parfaitement maîtrisé (36-18 après douze minutes) dont les Cavaliers ne se d'ailleurs sont pas remis.

Horford avait donc l’avantage en attaque. Les joueurs de Cleveland ont d'ailleurs voulu lui rendre la pareille de l’autre côté du terrain. Love a été rapidement servi. Mais le « Big Al » est aussi un excellent défenseur (et un candidat au DPOY) susceptible de switcher sur les écrans et de contenir plusieurs profils différents. Il a vraiment gagné en mobilité et en agilité avec le temps.

« Al joue à un très haut niveau », avouait Kevin Love, adversaire vaincu et limité à 5/14 aux tirs.

Il est vrai qu’Al Horford a vraiment pris une autre dimension en l’absence de Kyrie Irving (et évidemment Gordon Hayward). Il est la star de cette équipe. Le patron depuis le début des playoffs (17 points et 8 rebonds par match, sa meilleure campagne en carrière).

« C’est notre roc. On se repose sur lui », confesse Brad Stevens.

Toujours battu par James, Horford est paradoxalement l’homme fort qui peut faire basculer la série du côté de Boston. Mais l’Histoire tend souvent à se répéter et elle ne joue donc pas en faveur du grand gaillard des Celtics…