Anthony Davis, le vrai homme fort des Lakers

Anthony Davis, le vrai homme fort des Lakers

Auteur d’un superbe panier pour la gagne cette nuit, Anthony Davis confirme qu’il est l’un des meilleurs joueurs de cette campagne de playoffs.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

CQFD. Ce weekend, LeBron James et ses partisans pestaient contre les votes pour le MVP, avec seulement 16 premières places reçues sur 101 bulletins. Une injustice à ses yeux. Alors, à tort ou à raison (à tort, définitivement à tort), le raisonnement du King – évidemment repris par tous ses coéquipiers qui crient au scandale – nous chagrinait un peu parce que le numéro 23 partage la gonfle avec un certain intérieur, longiligne et monosourcilé. Pourquoi James mériterait plus le MVP que… Anthony Davis ? Comment certifier, droit dans les yeux, que le natif d’Akron est aujourd’hui un meilleur joueur que son camarade ?

LeBron James se plaint des votes mais Giannis méritait largement son MVP

Nous, depuis le début de la saison, nous mettons en avant les performances monstrueuses d’A.D. en rappelant que le patron de Los Angeles, ben… c’est peut-être lui les amigos. Sauf que forcément, il ne vient pas de fêter ses 35 bougies et ne dispute pas sa dix-septième saison dans la ligue. Oups, on avait dit pas de « story-telling ».

Et donc hier soir, Davis a mis un point d’honneur à donner du poids à cet argument. Déjà dominateur, plus que n’importe quel autre joueur, dans le Game 1, l’intérieur All-Star a été héroïque et décisif dans le Game 2. 31 points, la meilleure performance de la rencontre. Mais surtout un game winner fantastique au buzzer pour offrir aux Los Angeles Lakers leur deuxième victoire en autant de matches disputés depuis l’ouverture des finales de Conférence à l’Ouest.

Anthony Davis, pour la gagne

Plus qu’un panier assassin, un hommage à Kobe Bryant. Comme un symbole. Effectivement, les Californiens portaient leur tunique « Black Mamba », un maillot noir en l’honneur de leur légende décédée en janvier dernier.

« Avec ce jersey sur le dos, ça rend le moment encore plus spécial », avouait Anthony Davis. « C’est un tir que Kobe aurait mis », ajoutait le coach Frank Vogel.

Davis a justement rejoint Bryant sur la liste des joueurs à avoir un jour inscrit un buzzer beater en playoffs sous l’uniforme des Lakers. Pour la gagne. Los Angeles comptait un petit point de retard à deux secondes du buzzer. Avec une ultime remise en jeu ligne de fond. La balle entre les mains de Rajon Rondo. Parti tête de raquette, A.D. a pris de la vitesse pour demander la balle à 45 degrés, derrière l’arc. Profitant au passage d’une mauvaise rotation défensive de ses adversaires.

Le meilleur joueur des playoffs ?

Mason Plumlee n’a pas suivi son vis-à-vis, il ne l’a pas non plus « bumpé » sur sa coupe. Il a préféré garder ses distances, sans doute pour l’empêcher de rentrer dans la peinture. Surtout, il réclamait un « switch » qui n’est jamais venu. Anthony Davis était donc étonnamment libre au moment de réceptionner la gonfle. Nikola Jokic s’en est rendu compte. Trop tard. Il s’est jeté désespérément pour tenter de contrer la tentative de tir. Mais la superstar des Lakers avait déjà armé. Et ça fait zumba cafew.

« Les gens disent que je n’ai jamais été dans cette situation et se demandent si je suis prêt à supporter la pression. Je veux prendre ces tirs-là. Ça fait partie de ma legacy. Je veux ces tirs là. C’est pour ça qu’on m’a fait venir ici. »

(Quel discours préfabriqué…)

(Anthony Davis est à 14 sur 29 lorsqu'il s'agit d'égaliser ou de passer devant dans les 24 dernières secondes d'une rencontre, le meilleur pourcentage pour tous les joueurs depuis 1997 et ça c'est très solide par contre).

Un point d’honneur pour une performance XXL d’un joueur monstrueux. Anthony Davis ne serait pas aussi fort – enfin si, mais pas avec le même succès collectif – sans LeBron James. Mais l’inverse est d’autant plus vrai aussi. Si Los Angeles est en position de décrocher sa dix-septième bannière, c’est aussi parce qu’il est là. C’est peut-être même d’abord parce qu’il est là. Aujourd’hui, il flirte avec un niveau susceptible de lui valoir l’étiquette de meilleur joueur du monde. Ou, à défaut, celle de meilleur joueur des playoffs. Certainement celle de meilleur joueur encore en lice. Et avec un tel duo, les Lakers ont une voie royale vers le trophée.

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