Les Pelicans et les Raptors auraient dû échanger Davis et Siakam

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Zoom sur une proposition de transfert crédible mais fictive qui, selon nous, aurait fait les affaires de tous. Un deal impliquant Pascal Siakam et Anthony Davis.

Quand Anthony Davis a (subitement) demandé son transfert des New Orleans Pelicans, nous avons tout de suite pensé que les Toronto Raptors auraient tout intérêt à se positionner sur le dossier. Masai Ujiri, le Président de la franchise canadienne, est un dirigeant intelligent qui n’hésite pas à prendre des (grands) risques pour mener son équipe tout en haut. Pas juste en saison régulière, il construit vraiment pour gagner quitte à tout perdre ou presque. C’est ainsi qu’il a transféré l’icône de l’organisation, DeMar DeRozan, aux San Antonio Spurs en l’échange de Kawhi Leonard en juillet dernier. Nous avions même proposé une offre : Pascal Siakam, Norman Powell, O.G. Anunoby et un pick contre Davis. Le même package – à l’identique – a justement circulé dans les rumeurs un peu plus tard. Il y avait vraiment de l’idée.

Nous ne savons pas si les Raptors et les Pelicans ont effectivement discuté d’un éventuel transfert. Mais le deal avait du sens à nos yeux. Peut-être même que c’était potentiellement le meilleur package réaliste pour New Orleans en dehors de toutes propositions des Celtics. Une offre intéressante de part, entre autre, la présence de Siakam. Et d’un autre côté, c’est peut-être justement parce que le Camerounais est le joueur qu’il est aujourd’hui que cet échange n’aurait pas pu aboutir. Nous allons expliquer tout ça.

Pascal Siakam est actuellement la deuxième option bis des Raptors. Bis, parce qu’il partage ce rôle avec Kyle Lowry, Serge Ibaka ou maintenant Marc Gasol selon les matches. Mais il est tout de même le deuxième meilleur marqueur de la deuxième meilleure équipe à l’Est avec 16,1 points par rencontre (55% aux tirs, 34% à trois-points et 7 rebonds avec presque 3 passes) en seulement 31 minutes. Ses 44 points cette nuit, record en carrière, prouve sa capacité à scorer. Vraiment scorer. Le problème, c’est que la NBA commence seulement à se rendre compte ce dont il est capable.

Il y a encore une certaine méfiance, comme c’est toujours le cas avec des joueurs attendus dans un certain rôle, avec une certaine étiquette, et qui se mette à dépasser ce cadre fixé. C’était la même chose avec Jimmy Butler quand il est passé du statut de « 3 and D » à celui de star. Il y a eu un temps de transition avant que la ligue réalise qu’il avait passé un cap. Nous ne sommes pas en train de prédire à Siakam la carrière d’un All-Star mais nous notons simplement le fait que, peut-être, son évolution n’a pas encore été pleinement remarquée.

Lonzo Ball et Brandon Ingram, deux des principaux prospects offerts par les Los Angeles Lakers dans leur package, sont deux deuxièmes choix de draft (respectivement 2017 et 2016). Ils sont attendus. Un avenir de star NBA leur a été promis à un moment. Kyle Kuzma a été drafté en fin de premier tour (2017) mais il s’est très vite imposé comme un scoreur. Pour Siakam, ça a été plus poussif. Déjà parce qu’il joue pour une équipe plus forte. Ensuite parce qu’il a été vite considéré comme un joueur de devoir. Pourtant, il progresse saison après saison depuis sa draft en 2016. 4,2 points son année rookie. 7,3 l’an dernier. Et 16,1 maintenant. Il dépasse le rôle qui lui a été fixé.

Nous pensons qu’il représente un asset plus intéressant que Ball ou Kuzma ou Ingram (bon, peut-être pas que les trois en même temps il est vrai mais le package des Raptors auraient aussi inclus le jeune Anunoby, aussi prometteur). Un potentiel playmaker-scoreur sur le poste quatre. Avec un profil très moderne. Non seulement il est bon des deux côtés du terrain mais en plus il est polyvalent et il peut switcher sur plusieurs profils différents en défense. Il ne sera probablement pas le leader d’une franchise un jour, un potentiel que possède Tatum. Mais c’est un élément intéressant pour une reconstruction avec déjà des bons joueurs dans l’effectif.

Il est potentiellement complémentaire de Jrue Holiday – même s’il fait doublon avec Julius Randle. Les Pelicans auraient pu transférer Randle, free agent à venir en juillet. Ils auraient ainsi récupéré d’autres assets et auraient un peu allégé l’effectif dans le but de « tanker » la fin de saison. Avec Davis dans le roster, ils ne peuvent pas vraiment le faire. L’ambiance est très étrange maintenant que la superstar été gardée contre son gré. Et NO va évidemment perdre des matches. Mais il y aura toujours des rencontres où l’intérieur va caler 35 points et 15 rebonds pour mener les siens à la victoire. Le transférer avant la deadline aurait été un moyen de maximiser les chances de descendre au classement et donc de sécuriser un pick intéressant à la draft – surtout que les pourcentages à la loterie ont été modifiés par la NBA pour cette saison.

Pour Toronto, il aurait été risqué de perdre autant d’atouts. Certes. Mais Ujiri aime les paris. Une formation avec Davis et Leonard – un free agent en 2020 et l’autre dès cet été – pouvait légitimement viser très, très haut. C’est plus fort que les Sixers, les Bucks ou les Celtics sur le papier. Ce sont deux des sept meilleurs joueurs du monde. Seuls les Golden State Warriors possèdent ça dans leur effectif.

Peut-être que les Pelicans n’auraient jamais accepté parce qu’ils ne voient pas Pascal Siakam comme un jeune joueur assez intéressant – et peut-être que l’avenir donnera tort à tous ceux qui pensent pareil. Ou peut-être que ce sont les Raptors qui n’auraient jamais voulu proposer ce deal. Mais pour nous, cet échange aurait vraiment été intéressant des deux côtés.