Anthony Davis, le rêve des Warriors

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Basketteur superstar de sa génération, Anthony Davis s’apprête à bouleverser le paysage NBA avec un changement de franchise qui s’annonce inévitable.

Cette semaine est spécialement dédiée à Anthony Davis. Parce qu’il est temps de se pencher un peu plus en détail de ce joueur si talentueux. Parce que de son avenir et de ses décisions à venir dépendent peut-être la hiérarchie future en NBA. Pour évoquer le sujet, nous avons concocté une série d’articles qui analysent la situation de l’un des cinq meilleurs joueurs du monde. Retrouvez donc jusqu’à vendredi un papier par jour sur le mono-sourcil le plus puissant de la ligue.

Joe Lacob, le propriétaire doué, investi mais aussi un brin arrogant et susceptible des Golden State Warriors, avait fait parler de lui en déclarant en avril 2016 que son organisation avait des « années lumières d’avance », rien que ça, sur le reste de la NBA. Le terme était compréhensif tout en étant assez flou. Il faisait allusion à plusieurs éléments à la fois. Il est en réalité possible que le milliardaire et ses employés gardaient déjà un œil sur la situation d’Anthony Davis.

Son nom circulait déjà dans les coulisses à l’Oracle Arena. Auprès des dirigeants mais aussi au sein du (large) cercle des internautes partisans des Warriors. OK, leur légitimité est réduite. Mais certains d’entre eux suivent vraiment leur équipe favorite au quotidien, un peu à l’image des comptes FR ici. Et ce sont les animateurs d’un podcast justement intitulé « Light Years Ahead » qui ont évoqué en premier l’intérêt réciproque entre Davis et les Dubs. Ce n’est pas une question de sources. Plutôt de feeling. Ils vont aux matches, connaissent leurs joueurs et leurs dirigeants.

A.D. n’a pas tardé à entretenir le mythe. Avant même le début des rumeurs. En janvier 2017, il confiait à la presse que le maillot de Golden State était son « préféré ». Sachant que leur antre, l’Oracle, est AUSSI sa salle favorite. Cela suffisait pour rêver toute une nation. Un an après, Tim Kawakami, l’insider très sérieux et très bien renseigné qui suit la franchise d’Oakland depuis des années, publiait un long papier sur la prochaine cible des Warriors. Anthony Davis, bien sûr. Le journaliste avait aussi été le premier à annoncer la possible signature de Kevin Durant à l’époque où ce dernier portait encore les couleurs du Thunder.

Les spéculations découlaient notamment de la volonté de Lacob de rester très agressif. Afin de prolonger dans le temps la dynastie de son équipe. Et qui mieux que Davis, superstar dominante de 25 ans, pour porter GS pendant cinq ou six ans de plus. Histoire de s’affirmer pour de bon comme la franchise la plus puissante de tous les temps. Dans son article de janvier 2018, Kawakami tempérait quand même les plus enthousiastes en rappelant que la probabilité de voir le mono-sourcil débarquer dans la Bay restait faible.

Anthony Davis, juste un fantasme ?

Kevin Durant Draymond Green

Les options des dirigeants californiens sont limitées. Ils n’ont pas de jeunes talents à proposer contrairement aux Los Angeles Lakers (Lonzo Ball, Brandon Ingram) ou aux Boston Celtics (Jaylen Brown, Terry Rozier). Ils n’ont pas non plus une ribambelle de picks à disposition pour donner du poids à une offre. La mise aux enchères d’Anthony Davis est éventuellement prévue pour juillet 2019 si le joueur refuse son extension de contrat (et même à ce moment-là, les Pelicans pourront prendre la décision de le conserver jusqu’en 2020). Les Warriors ne seront probablement pas assez armés pour se mêler à la lutte.

Ils ont pourtant cinq All-Stars. Stephen Curry est intouchable. DeMarcus Cousins, Kevin Durant et Klay Thompson seront tous les trois free agents en juillet prochain. Ils ne pourront donc pas être envoyés à New Orleans autrement que dans le cadre d’un sign-and-trade. Mais ce serait à l’unique condition que l’un d’entre eux accepte de jouer pour les Pelicans… absolument improbable. Il reste seulement Draymond Green. Mais l’intérieur a paradoxalement moins de valeur pour les Pelicans que pour les Warriors. Il ne serait pas aussi bon à NO et Golden State ne serait pas aussi dominant sans lui. Voilà qui ferme définitivement – ou presque – l’hypothèse d’un transfert.

Il reste alors la Free Agency 2020. Si Davis reste à New Orleans jusque-là, ce qui n’est pas impossible en soi. Mais, honnêtement, peut-on imaginer la star, signée chez Nike et représentée par Rich Paul, le meilleur ami de LeBron James, tourner le dos au King et aux Lakers pour s’associer avec Curry, figure de proue d’Under Armour, et les Warriors ? Oui, ça paraît très loin du basket. Mais c’est pourtant un facteur bien plus important que ce que nous, passionnés, peuvent imaginer. Cette ligue est d’abord un business. Au final, Anthony Davis aux Warriors, ça restera peut-être juste un rêve.