Les Hawks veulent-ils vraiment faire les playoffs ?

Est-ce vraiment un hasard si les Atlanta Hawks restent sur vingt défaites en vingt-six rencontres ? La franchise veut-elle vraiment faire les playoffs ou compte t-elle laisser la voie aux Knicks ?

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Les Hawks veulent-ils vraiment faire les playoffs ?
Cette saison, les Atlanta Hawks renvoient l’image d’une équipe valeureuse, qui a su se montrer compétitive même en l’absence de ses joueurs cadres. Cassons un peu cette image le temps d’un article. Avant de développer notre théorie (qui relèvera du complot ou de la paranoïa selon certains), voyageons un peu dans le temps. En juillet 2012, Danny Ferry et ses assistants envoient Joe Johnson et son contrat gigantesque aux Brooklyn Nets. En plus de récupérer cinq joueurs – dont aucun n’évolue aujourd’hui à Atlanta – et deux tours de draft, les Hawks bénéficient du droit « d’échanger » leur choix avec les Nets lors de la draft 2014. En se séparant de « Joe Cool », Atlanta entre dans une période de transition. Avec l’ancien joueur de Phoenix comme franchise player, la franchise n’a jamais passé le second tour. Elle s’est constamment hissée en playoffs, dans l’indifférence générale, sans jamais vraiment peser dans la lutte pour le titre. Atlanta rôdait alors dans ce que l’on appelle le « ventre mou » (un peu au-dessus à vrai dire), cette partie intéressante et cruelle du classement. Trop fort pour obtenir un choix de draft haut placé, trop faible pour jouer les premiers rôles.

Josh Smith - Joe Johnson, la fin d'une époque

En juillet 2013, Josh Smith a lui aussi quitté le navire. Les spécialistes se sont alors demandés si les Atlanta Hawks n’étaient pas, eux aussi, candidats au « tanking » (la théorie du complot !!!). A l’approche d’une cuvée très talentueuse, l’organisation avait une opportunité de se reconstruire en mettant le grappin sur un jeune joueur capable de changer le destin d’une franchise, du moins en théorie (Andrew Wiggins, Jabari Parker et compagnie). Ça valait le coup de sacrifier une saison, non ? Les Hawks n’ont qu’une très petite couverture nationale aux Etats-Unis. Pour faire cash : « Atlanta, tout le monde s’en fout ». Grâce au savant mélange d’un meneur en constante progression (Jeff Teague), d’une raquette efficace (Al HorfordPaul Millsap), d’un coach brillant issu du système Gregg Popovich (Mike Budenholzer), d’un shooteur en état de grâce (Kyle Korver) et de la faiblesse extrême de la Conférence Est, les Atlanta Hawks se sont rapidement installés à la troisième position du classement. L’agonie des Brooklyn Nets semblait même garantir à Atlanta un choix dans le top 10 de la prochaine draft (en échangeant les picks) en plus d’une participation en playoffs. Au 1er février, les hommes de Mike Budenholzer occupaient encore la troisième place de leur Conférence avec un bilan positif de 25 victoires et 21 défaites. Depuis, la franchise a aligné six petits succès pour vingt défaites. Une performance digne des Sacramento Kings.

Brooklyn remonte, Atlanta coule

Avant de parler de « tanking » ou tout autre mot interdit, soulignons bien sûr que les Atlanta Hawks ont été décimés par les blessures. Al Horford a manqué des matches. Kyle Korver est toujours indisponible (la franchise parle de douleurs au dos, il a déjà connu le même type de blessure l’an passé) alors que son équipe aborde le sprint final. Dans un papier datant du 10 mars 2014, un reporter local souligne que le staff a soudainement donné un temps de jeu plus conséquent à Louis Williams, pas assez bon défenseur pour réellement avoir un impact lorsqu’il joue plus de 30 minutes, mais aussi à Dennis Schroeder, le jeune rookie allemand, pourtant inexpérimenté. Atlanta a laissé Paul Millsap sur la touche durant cinq rencontres au moment même où son équipe avait le plus besoin de lui. Sans leur meilleur marqueur, les Hawks ont perdu les cinq matches. Millsap avait de légères douleurs aux genoux. Les Hawks n’ont souhaité prendre aucun risque, quitte à perdre des matches. On ajoutera que Pero Antic, joueur important de la rotation, a été écarté sans aucune raison face à Portland (DNP – choix du coach) alors que la raquette des Blazers est une véritable passoire ! Deux jours plus tard, il jouait 25 minutes face aux intérieurs costauds des Wizards, le temps de gober un double-double (13 pts et 12 rbds). Ou encore que Mike Scott, révélé au grand public – un match à 30 points tout de même – récemment a soudainement vu son temps de jeu diminuer alors que les Hawks sont privés de Kyle Korver !!!!!! Il ne s’agit pas d’une critique mais d’un constat. Le reporter pointe également du doigt les rotations très resserrées. Les Hawks s’écroulent alors souvent en fin de match sous le coup de la fatigue. Hormis un bon passage à la mi-mars – cinq victoires consécutives avant que Kyle Korver soit mis sur la touche –, Atlanta est à la rue. Au moment même où les Brooklyn Nets sont remontés au classement – ils ont même dépassé les Hawks – la franchise gérée par Danny Ferry s’est effondrée. Adios le choix de draft haut placé sans une incroyable série de défaite. Simple coïncidence ? Les Atlanta Hawks ont désormais un bilan plus mauvais que celui des New Orleans Pelicans ou des Denver Nuggets. Si la franchise venait à manquer les playoffs, elle passerait d’un potentiel quinzième choix de draft (en tant que moins bonne équipe qualifiée en playoffs) à un choix dans le top 10… En effet, Atlanta a le dixième plus mauvais bilan de toute la NBA !!! On parle tout de même de cinq choix d’écart… au sein d’une draft aussi chargée. Cela peut paraître être un détail. Mais les Hawks n’ont rien à gagner en s’inclinant une nouvelle fois au premier tour, dans l’indifférence générale. En revanche, en mettant la main sur un rookie talentueux (ou en échangeant ce choix !!!!), les Hawks peuvent espérer sortir un jour de ce ventre mou qu’il symbolise à la perfection depuis des années.
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