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Pourquoi Blake Griffin va cartonner la saison prochaine

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Moins en vue depuis deux ans, Blake Griffin a cette fois-ci la bonne équipe autour de lui pour s'affirmer à nouveau comme l'un des meilleurs joueurs NBA.

Nous avons presque tous oublié à quel point Blake Griffin est fort. Franchement, ce n’est pas vraiment de notre faute. L’ancien All-Star n’a cessé de se blesser au cours de ces dernières saisons et les Los Angeles Clippers ont vagabondé de déceptions en déceptions sans jamais se remettre de cette demi-finale de Conférence perdue contre les Houston Rockets en 2015 (ils menaient 3-1, avec 19 points d’avance à domicile dans le Game 5 avant de s’incliner 3-4). Cette année pourrait enfin être la bonne. Pas pour les Californiens, logiquement écartés de la course au titre depuis le transfert de Chris Paul vers… Houston. Mais pour Griffin, l’exercice à venir est susceptible de marquer un tournant dans sa carrière.

C’est justement le départ de CP3 qui peut donner un nouveau souffle à la carrière du premier choix de la draft 2009. Paul est un meneur d’exception, l’un des plus forts de tous les temps techniquement parlant. C’est aussi un incroyable playmaker. En revanche, il a tendance à vouloir conserver le contrôle sur tout ce qui trame sur le terrain. Blake Griffin jouait déjà plus de possessions que son ex-coéquipier l’an dernier – 27,8% contre 24,3% – mais cette statistique devrait encore augmenter maintenant qu’il se retrouve seul aux manettes. Il n’aura peut-être pas beaucoup plus de possessions à jouer. On parle des Clippers, pas du Thunder de Russell Westbrook. Il sera juste en mesure de les jouer autrement et de faire parler sa créativité sans suivre les consignes beuglées action après action par son chef de file.

L’intérieur initiait très peu les picks-and-roll l’an dernier. A première vue, c’est logique. Les intérieurs sont censés poser les écrans et non provoquer les défenses balles en main. Mais avec son agilité et son aisance en dribble, il serait intéressant que Blake Griffin soit plus souvent en position de défier son adversaire direct, a priori moins mobile, après avoir pu bénéficier d’un pick de DeAndre Jordan. Une configuration d’autant plus séduisante étant donné que les picks-and-roll de « Quake » rapportaient 1,04 point par possession l’an dernier malgré un très petit nombre de tentatives. Aucun membre des Clippers n’était plus productif dans cette configuration. Pas même Chris Paul, maître du pick-and-roll. A Doc Rivers d’innover et de laisser donc beaucoup plus d’opportunités à son meilleur joueur.

Blake Griffin... meneur de jeu ?

On parle de scoring mais ce n’est même pas l’atout principal de Griffin. Ce n’est pas non plus son jeu dos au panier, sa puissance (en baisse depuis ses diverses blessures), son adresse à mi-distance ou ses dunks ravageurs. Il est d’abord un excellent passeur. L’un des meilleurs, sans exagération, de l’histoire sur sa position. Le but n’est donc pas seulement de le laisser créer pour lui mais surtout pour les autres. La NBA et ses fans devraient tous se réjouir d’une saison où le joueur de 28 ans sera le principal playmaker d’une franchise.

Les positions sont de moins en moins marquées en NBA. James Harden est passé d’arrière à meneur. Plus frappant encore, Giannis Antetokounmpo et ses 211 centimètres sont chargés de remonter la gonfle à Milwaukee. Ainsi va l’évolution. Le playmaker le plus talentueux se retrouve désormais en charge de la création, quel que soit son gabarit ou son poste de formation. A Los Angeles, ce gars, c’est Blake Griffin. Alors autant lui laisser le champ libre. Il est d’ailleurs dévastateur en transition après un rebond (1,26 point par possession). Le laisser diriger le jeu dès le début de l’horloge des 24 secondes constituerait donc une base solide pour la stratégie offensive des Clippers. Dans ces conditions, l’imaginer flirter avec les 7 ou 8 passes de moyenne par match ne semble pas irréaliste.

Il pointait déjà à 5 caviars l’an dernier, malgré la présence de Paul. Patrick Beverley, le meneur récupéré dans l’échange avec les Rockets, est de toute façon habitué à évoluer dans un rôle de deuxième playmaker après avoir joué plusieurs saisons avec Harden.

Les Los Angeles Clippers, poils à gratter à l'Ouest

Sur certains points, ces Clippers new look font penser aux New York Knicks d’Amar’e Stoudemire. En 2010, l’intérieur se métamorphosait en candidat crédible au MVP en se retrouvant bombardé première option d’une équipe solide, talentueuse mais sans autre superstar. Danilo Gallinari, la dernière acquisition de L.A., faisait justement parti de ce groupe. Il y a là des similitudes. Les Angelenos n’ont peut-être plus qu’un seul leader mais ils sont armés à tous les postes. Il y a des talents à la pelle. Surtout si Milos Teodosic, Tony Allen et même JaVale McGee atterrissent eux aussi dans l’effectif.

Sauf que Blake Griffin est sans doute un meilleur joueur que ce que le Stoud ne l’était à l’époque. A condition qu’il reste en bonne santé. Les deux ailiers-forts partagent aussi ce point commun : les blessures permanentes. Certains insiders laissent penser que la star des Clippers ne sera pas opérationnelle avant décembre.

Une fois tout ce petit monde mis en place, les Clippers auront des arguments à faire valoir. Ils resteront dans l’ombre des Golden State Warriors, des San Antonio Spurs, des Rockets. Peut-être même du Thunder. Mais s’il y a bien une équipe que personne ne voudra affronter en playoffs, c’est probablement celle drivée par un Blake Griffin libéré…

Bonus : petite prévision statistique de Blake Griffin

24,7 points, 9,8 rebonds, 7,4 passes en 2017-2018.