Derrick Rose reconnaît des tensions aux Bulls

Derrick Rose est un joueur mais aussi un homme nouveau. La star de 25 ans se veut plus responsable et elle n'a pas hésité à pointer du doigt certaines situations délicates.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Derrick Rose reconnaît des tensions aux Bulls
Au départ, c’est une relation que l’on imagine forte, intense et indestructible. Derrick Rose, l’enfant d’Englewood, un quartier du Sud de Chicago, drafté en première position par les Bulls, sa franchise de toujours. On imagine des rapports sereins entre les dirigeants et la superstar. Eux sont satisfaits de pouvoir compter sur le plus jeune MVP de l’histoire, une icône locale sur laquelle ils peuvent s’appuyer pour vendre des maillots, faire rêver les fans et surtout autour de laquelle ils peuvent construire une équipe taillé pour le titre pendant encore plusieurs années. Lui évolué à domicile, à proximité de ses amis et de sa famille. Il est adulé, il évolue au sein de l’un des trois plus grands marchés du pays et son équipe a le potentiel pour se mêler à la course au titre chaque année. Le couple parfait. Et puis la relation s’est détériorée. Il s’est blessé gravement au genou. Cette tendance du propriétaire des Bulls à vouloir éviter à tout prix la Luxury Tax (du moins quand il ne sent pas son équipe en mesure de gagner le titre) et ne pas dépenser un centime a atteint les sentiments de l’entourage du jeune Derrick Rose. Reggie, son frangin et accessoirement son manager, a critiqué publiquement la passivité des dirigeants chicagoans en février 2013 alors que son frère n’avait toujours pas repris la compétition. Une pique qui a heurté la sensibilité du management. B.J. Armstrong, ancien joueur des Bulls mais aussi ancien dirigeant sous Jerry Krause, est désormais l’agent de « D-Rose ». Et lui aussi aurait des petits contentieux avec certains membre du front office de Chicago. Il n’aurait pas apprécié d’avoir été écarté par John Paxson (président de la franchise). Le climat entre les deux proches des deux concubins se veut orageux. Et la star en est consciente.
[superquote pos="d"]"Je sais qu'il y a eu des tensions" Derrick Rose[/superquote]« Je sais qu’il y a eu des tensions », balance Derrick Rose au Chicago Sun. « Je sais que certaines personnes étaient en colère. Je suis heureux de ne pas avoir pu voir de mes propres yeux ces tensions. Je ne veux pas voir ça. Je peux deviner d’où ça vient. Lorsque j’étais dans le coin, tout allait bien. Mais dès que je n’étais pas là, on me rapportait que la situation n’était pas idéale. »
Avec cette déclaration, Derrick Rose provoque évidemment la curiosité des journalistes et les dirigeants des Chicago Bulls – tout comme les proches du joueur – ont démenti les informations des journalistes du Sun.
« Je suis confus par les informations irresponsables rapportées par le Chicago Sun selon lesquelles il y aurait des tensions entre le front office et n’importe quel joueur des Bulls », affirme Jerry Reinsdorf, le propriétaire de la franchise. « Au contraire, je ne me souviens pas de l’époque où nous avons été plus concentré et optimiste qu’aujourd’hui. »   « Ce ne sont que des rumeurs. Je vois Jerry 50 fois par an », ajoute B.J. Armstrong.

Changement de mentalité

  Les « rumeurs » évoqués par B.J. Armstrong sont pourtant alimentés par son propre poulain. Pour le Sun, cette déclaration de Derrick Rose traduit un changement de direction du joueur.
« C’est un nouveau départ, vraiment », affirme la star.
Le joueur de 25 va retrouver la compétition après avoir disputé 49 matches en trois ans. Il a impressionné l’ensemble des observateurs, des joueurs et des coaches présents à Las Vegas pour le camp d’entraînement de Team USA. Il est en totale confiance, peut-être même plus fort qu’il ne l’a jamais été. Il a travaillé son tir et a appris à mieux lire le jeu, à mieux contrôler le rythme d’une rencontre. Ce ne sont pour l’instant que des belles promesses et on espère que ces déclarations sauront se traduire par des performances dantesques d’ici plusieurs mois. Mais Rose n’a pas limité son renouveau au terrain de basket. Il veut devenir un meilleur leader. Un franchise player. Un vrai. Meilleur joueur des Bulls depuis plusieurs saisons, le prodige local ne s’est jamais vraiment impliqué dans les décisions de sa franchise comme peuvent le faire Kobe Bryant ou LeBron James. Timide et à l’écart, il a tendance à se concentrer sur le basket, sa famille, ses amis et la communauté chicagoane. Un geste louable qui reflète sa personnalité. En 2010, alors que les Bulls souhaitaient recruter LeBron James et/ou Dwyane Wade, il n’a pris part à aucun des deux meetings avec les superstars en question. On connait la suite. Début juillet, les Bulls étaient en pole position pour accueillir Carmelo Anthony. Les dirigeants ont insisté pour que le joueur prenne part au dîner avec la star des Knicks. Au final, il s’est contenté de discuter avec « Melo » quelques minutes après un entraînement organisé au United Center.
« Rose ne voulait pas être mêlé à ça. Ils ont dû le supplier juste pour qu’il accepte de lui parler après l’entraînement », rapporte une source.
Difficile de discerner le vrai du faux. Le meneur voulait-il vraiment jouer avec Carmelo Anthony ? Lorsque la franchise s’est penchée sur le cas Pau Gasol, la star locale a montré un visage bien différent. Rose a demandé le numéro de téléphone personnel de l’Espagnol et il aurait vendu les Bulls auprès de l’ancien champion NBA.
[superquote pos="d"]"Un nouveau départ pour tout le monde"[/superquote]« Je sais que je suis capable de jouer avec un gars comme Gasol. On sait que l’on peut lui passer la balle au poste. Avec Pau à l’Est, on sait que l’on peut faire quelque chose de grand. »
Derrick Rose a une nouvelle attitude et il ne s’en cache pas : il vise le titre dès cette saison avec les Bulls. Un succès qui pourrait évidemment apaiser les tensions entre les différents membres de son entourage et les dirigeants de la franchise.
« Tout le monde a le même but. Les parties communiquent finalement entre elles. C’est tout ce dont on a besoin. Les équipes championnes évoquent souvent la communication et la nécessité d’avoir le même objectif unique. C’est un nouveau départ pour tout le monde. Le moment est venu de tourner une page et d’avancer dans la bonne direction. »
A lui de montrer la voie sur le parquet désormais.
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