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Donovan Mitchell, le leader désigné de Pop

Julien DeschuyteneerPar Julien Deschuyteneer Publié

Contrairement à pas mal de stars NBA, Donovan Mitchell a choisi de consacrer son été à Team USA. Et il compte bien en tirer profit.

Vu la cascade de forfaits, chez les big names comme chez les seconds couteaux, cette FIBA World Cup 2019 ne fait visiblement pas vibrer la plupart des joueurs américains. Après de longues et éreintantes saisons, on peut comprendre qu’ils aient envie de se poser et de travailler tranquillement dans leur coin pour progresser. Sauf que ces compétitions internationales sont souvent l’occasion pour qui sait la saisir de franchir un cap. Et la (future ?) star du Utah Jazz Donovan Mitchell semble bien parti pour en tirer pleinement profit de son été avec Team USA.

Pendant que les autres récupèrent, peaufinent leur condition et améliorent leur jeu individuel, lui est en train de grandir en tant que joueur. Il a l’opportunité d’apprendre ce qu’un coach individuel, aussi bon soit-il, ne peut pas enseigner.

Donovan Mitchell en train de franchir un cap avec Team USA

A vrai dire, il n’a pas attendu le début de la compétition (16 points, meilleur marqueur américain du premier match) pour profiter de l’expérience. Son mois passé avec Gregg Popovich et Team USA a déjà été riche d’enseignements :

« Il y a beaucoup de choses à apprendre ici », explique-t-il. « Ce dernier mois m’a aidé énormément aidé de différentes manières. »

Il faut dire que Donovan Mitchell sait ce qu’il veut. Il veut devenir une star et s’en donne les moyens. Hors terrain (outre son passage à Paris avec adidas, il est parti à la conquête du deuxième plus gros marché chaussures du monde, la Chine) comme sur le terrain. Dès le début du training camp, il a impressionné ses équipiers par son intensité à l’entraînement.

« Il est l’un des quelques gars dont on pensait qu’ils pourraient franchir un gros palier ici », assure le manager de Team USA Jerry Colangelo. « Et il l’a fait. »

Déjà. Avant même le début de la compétition. Surtout, il a déjà commencé à développer une qualité qu’il a en lui, son leadership. Une qualité qui impressionne les deux All-Stars de l’équipe :

« Vous ne pouvez pas imaginer qu’il a l’âge qu’il a. Il se comporte comme s’il était plus vieux », explique Kemba Walker. « C’est un leader né. »

« Il est largement en avance sur son âge », confirme Khris Middleton. « Il veut élever le niveau des joueurs autour de lui. »

Ça tombe bien, avec Gregg Popovich, il a trouvé un coach qui n’a pas peur de donner de grosses responsabilités à un jeune joueur. TP, entré dans le 5 de San Antonio après une poignée de matches peut en témoigner. La plupart des entraîneurs auraient choisi des joueurs comme Walker ou Middleton, mais aussi des « anciens » comme Brook Lopez voire Harrison Barnes, pour être leur relais sur le terrain et dans le vestiaire. Mais Pop n’est pas un entraîneur classique. Il est en revanche le coach idéal pour affiner, affûter ce leadership.

Pop veut en faire un grand leader

C’est ainsi que les observateurs ont pu le voir lors du training camp prendre Spida à part sur le bord du terrain, le tester lors des entraînements ou encore le piquer pour voir ses réactions.

« Il a une vraie prédisposition pour le leadership et c’est dans ce sens que j’ai passé mon temps avec lui », raconte Pop. « Je ne vais pas lui apprendre à mieux tirer, sauter plus haut ou mieux dribbler. Mais il a l’intelligence et la volonté pour devenir un leader et je pense que ça serait excellent. Pas juste pour notre équipe, mais pour son équipe. 

Quand vous choisissez un joueur qui a des aptitudes pour le leadership, c’est important de commencer le plus tôt possible. Plus vous leur faites sentir vite qu’ils en sont capables, mieux c’est. Ensuite si cette personne s’y attelle, vous savez que vous avez choisi la bonne. »

C’est notamment en défense que Gregg Popovich attend de Donovan Mitchell qu’il développe son leadership. Un secteur où il n’a pas particulièrement brillé dans sa jeune carrière. Mais un secteur important pour Team USA qui ne dispose pas de la puissance offensive traditionnelle. Un challenge qu’il tente de prendre à bras le corps.

« Je pense que je suis un leader vocal, c’est naturel pour moi, mais je le suis aussi par l’exemple. Je ressens le besoin d’être vraiment en mission défensive sur un gars et de le montrer. Je ressens le besoin de trouver des façons de désorganiser l’équipe adverse et de mettre une pression à laquelle elle n’est pas habituée. Imprimer ce ton est quelque chose qui me rend fier. On peut voir comment l’énergie défensive donne le ton d’un match et comment on peut construire à partir de cela. »

Investissement défensif, progrès en leadership, cette intersaison devrait être très fructueuse pour Donovan Mitchell. Et pour le Utah Jazz, dont le poste 5, Rudy Gobert, devrait lui aussi gagner en expérience et en vécu. Car contrairement à ce que semblent penser de nombreux NBAers qui veulent - parfois à juste titre, du moins si on fait abstraction de l’honneur de représenter son pays - éviter les blessures, récupérer et taffer individuellement, les compétitions FIBA peuvent être un bel investissement. Que Donovan Mitchell compte bien faire fructifier.