Fred VanVleet, l’autre héros des finales

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Alors que l’attention est essentiellement et logiquement portée sur Kawhi Leonard, Fred VanVleet excelle depuis le début des finales NBA 2019.

Il y a un terme qui revient souvent dans les émissions, les articles ou les podcasts traitant l’actualité sportive : le « facteur X ». Il est devenu tellement courant que l’on ne prend finalement même plus la peine de le définir. En NBA, ça peut se traduire par la performance – inattendue – d’un joueur qui fait la différence. Le petit truc en plus qui fait pencher la balance. Et souvent, ça se lie avec des paniers décisifs. Ce « facteur X » depuis le début des finales, c’est Fred VanVleet.

Les Toronto Raptors ne mèneraient peut-être pas 2-1 s’il n’avait pas été là. Peut-être qu’ils ne seraient même pas en train de disputer leurs premières finales. Parce que cela fait quelques semaines déjà que le meneur back-up de Kyle Lowry est héroïque. C’était pourtant mal parti. Sixième homme en chef de la franchise canadienne depuis la saison dernière, il a très mal entamé les playoffs. Seulement 20 paniers rentrés en 78 tentatives entre le Game 1 du premier tour contre Orlando et le Game 3 des finales de Conférence contre Milwaukee. Dont un horrible 8 sur 41 à trois-points. Vraiment pas le style du bonhomme.

Il était complètement à la rue. La cause ? Probablement le stress lié non pas seulement à la compétition… mais surtout à la fin de grosses de sa femme. Crevé, il enchaînait les allers et retours pour la soutenir. Avec donc peu de sommeil. La solution ? Et bien la naissance de son deuxième enfant ! Le jeune homme de 25 ans a été libéré d’un poids. Et ça s’est de suite senti sur le terrain.

Après un match à 1 sur 8 à trois-points, VanVleet a claqué un 3 sur 3 derrière l’arc, pour 13 points, lors du Game 4 contre les Bucks. Les Raptors sont revenus à 2-2 grâce à ce succès. Plus fort encore, il a planté 21 points avec 7 sur 9 à trois-points, son record, lors d’un Game 5 de la plus haute importance ! Puis 14 points avec 4 sur 5 de loin pour en finir lors du Game 6. Soit 14 sur 17 à trois-points sur la fin de la série. Gigantesque.

FOCUS : « VanBrick » est redevenu VanVleet

Il est évident que son réveil soudain a eu une forte influence sur la qualification des Dinos, qui ont renversé un 0-2 en gagnant quatre rencontres de suite. Fred VanVleet est arrivé en finales en pleine confiance, à l’image de son équipe. Il n’est pas descendu de son nuage depuis. Son apport lors du match d’ouverture a été non négligeable avec 15 points à 5 sur 8 aux tirs. Tout roulait pour Toronto à chaque fois qu’il prenait place sur le parquet. Les Canadiens ont perdu le duel suivant, mais il avait tout essayé. Il a terminé avec un différentiel positif en 38 minutes (+3) alors que sa formation a perdu de 5 points. Il a inscrit 17 points au total. C’est notamment lui qui a stoppé l’hémorragie avec un tir primé lors que les Warriors ont calé un 18-0 au retour des vestiaires.

La simple lecture du boxscore du Game 3 pourrait laisser penser qu’il a fait un match correct, sans plus. 11 points, 4 sur 8 aux tirs, 3 sur 6 à trois-points, 3 rebonds, 2 passes, 3 interceptions et un différentiel de +4. Mais c’est un leurre. Il a été crucial dans ce succès des Raptors plus disputé que ce que le score l’indique (123-109). Tous ses paniers ont été inscrits dans des moments importants ! En fait, à chaque fois que Golden State calait un run pour revenir à 7 points, il répondait avec un trois-points. C’est d’ailleurs lui qui a tué le match pour de bon avec ce tir acrobatique en fin de partie. Steve Kerr a agité le drapeau blanc et il a sorti ses titulaires après ce shoot.

Fred VanVleet, On Fleek

« On Fleek » : argot. Peut définir un style parfait, sans défaut.

On a beaucoup évoqué les tirs assassins de Fred VanVleet. Parce qu’ils sont marquants. Le scoring, ça se voit. Mais son impact s’étend au-delà des paniers marqués. Il amène son énergie. Une grosse défense sur Stephen Curry aussi. Son impact nous rappelle un peu celui de J.J. Barea lors des finales NBA 2011. Ils ont tous les deux le même rôle de joker offensif en sortie de banc. Deux joueurs sous-estimés de par leur taille et leur physique. Mais deux joueurs clés. Le Portoricain avait lui aussi pesé sur une finale, en 2011. Ses 17 et 15 points lors des Game 5 et 6 ont joué une grande importance dans le titre des Dallas Mavericks de Dirk Nowitzki. Ensemble, ils ont fait tomber le « Big Three » du Miami Heat.

Les comparaisons s’arrêtent là. VanVleet et les siens s’attaquent eux aussi à une armada assez spectaculaire. Pour battre ces Warriors, il faudra plus que Kawhi Leonard. Même face à des doubles-champions en titre pas au complet. VanVleet peut-être l’une des clés.