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Giannis prend le dessus sur Harden, un passage de témoin ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Giannis Antetokounmpo et James Harden, les deux grands favoris pour le MVP, s'affrontaient cette nuit/ Le Grec est sorti vainqueur.

Le trophée de meilleur joueur de la saison ne se joue évidemment pas sur une seule rencontre. Mais l’histoire récente montre qu’il y a tout de même des moments clés dans une campagne. Des chocs, des performances ou des séries de matches qui donnent du poids à une candidature. Des soirs où le public NBA – coaches, coéquipiers, adversaires, passionnés – est certain de sa conclusion : « c’est lui et pas un autre. » Des moments MVP. Quelques exemples pour illustrer un raisonnement qui peut paraître un peu abstrait. En 2014, quand Kevin Durant a inscrit 51 points, son record personnel à l’époque, avec le panier pour la gagne contre Toronto. En 2016, quand Stephen Curry achève Oklahoma City avec un tir assassin à plus de neuf mètres du panier. Ou en 2017, quand Russell Westbrook bat le record de triples-doubles sur une saison d’Oscar Robertson. Ce sont les exploits qui résument et même symbolisent leur domination de cet exercice.

Et en 2019… c’est peut-être l’incroyable série de James Harden. Quatorze matches de suite à 30 points ou plus. Tracy McGrady avait fait aussi bien en 2003. Seul Kobe Bryant a fait mieux dans l’Histoire de la NBA avec seize rencontres consécutives en 2003. La superstar des Houston Rockets chasse le record. C’est évident, et il ne va pas hésiter à forcer pour le battre (plus de 30 tirs lors de chacune de ses deux dernières sorties et beaucoup de maladresse). C’est de bonne guerre.

Jusqu’à présent, Giannis Antetokounmpo n’a pas forcément eu un moment MVP. Plutôt une accumulation depuis le début de la saison. Une constance incroyable mais, malheur de notre époque, barbante. La régularité ne fait plus rêver – et c’est vraiment dommage – parce qu’elle routinière. Sauf quand il y un record à dépasser ou à célébrer, comme c’est le cas pour Harden. Contrairement à son principal concurrent pour le trophée, qui n’hésite à clamer haut et fort qu’il mérite de le remporter une deuxième année d’affilée, le Grec botte en touche quand le débat vient à lui.

« Pour être honnête, tout ce qui m’intéresse c’est de gagner. (…) Le reste viendra tout seul. Je sais que je serai peut-être le meilleur joueur de la ligue un jour. Mais je ne sais pas si j’en suis déjà là. »

De l’ambition mais aussi de l’humilité. Antetokounmpo laisse son jeu et ses camarades faire campagne tandis qu’Harden milite pour lui-même. Et ce n’est pas une critique de l’attitude du joueur de Houston. Chacun son caractère et sa façon de faire.

N’empêche qu’après le match de cette nuit, les partisans du « Greek Freak » tiennent peut-être leur performance référence. Harden a marqué 42 points. Certes. Mais avec 13 sur 30 aux tirs (ce qui n’est pas moche vu le volume) et 9 ballons perdus. Surtout, les Rockets n’ont pas gagné ce duel. Giannis, lui, compilait 27 points, 21 rebonds et 5 passes avec un différentiel de +14. C’est même lui qui a scellé la victoire des Bucks avec un lancer-franc puis un layup dans les deux dernières minutes tandis que son adversaire ratait quatre tirs primés de suite.

James Harden a les chiffres les plus spectaculaires. Il est le meilleur marqueur de la ligue avec quasiment 34 points par match et il trouve aussi le moyen de distribuer plus de 8 passes décisives. Tous les ballons passent par lui et il est un virtuose du basket. Le visage qui définit l’attaquant moderne : des layups, des trois-points et des lancers-francs. Mais Giannis Antetokounmpo est plus efficace. Plus régulier, répétons-le. Avec des statistiques loin d’être banales : 26,6 points, 58% aux tirs, 12,8 rebonds et 6 passes. Sans oublier un impact incroyable en défense – il est aussi candidat au DPOY. Et il est le meilleur joueur de l’équipe qui possède actuellement le meilleur bilan NBA.

De quoi nourrir de nombreux débats jusqu’à la fin de la saison. Mais cette victoire des Bucks et ce sentiment de contrôle total d’Antetokounmpo, de la première à la dernière minute, doit rester dans nos têtes. Parce que c’est peut-être le moment où il  a pris le témoin d’Harden pour poser une première main gigantesque sur le trophée.