104 DET
107 MIL
110 NYK
128 PHO
121 OKC
96 CHI
132 MIN
105 SAC
102 HOU
97 UTA
123 SAS
96 PHI
110 GSW
93 MEM
127 LAC
131 POR

Quatre ans après, Jimmy Butler est toujours le « LeBron stoppeur »

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Starifié suite à sa progression fulgurante, Jimmy Butler n'a pas renié les attributs qui l'ont porté dans cette ligue : sa défense et son acharnement à éteindre le meilleur joueur adverse.

Quand Jimmy Butler a déboulé en NBA, arrivé par la petite porte d’une trentième sélection à la draft, il a tout de suite donné le ton : « je veux défendre sur LeBron James. » Nous étions alors en 2011. Un Kyrie Irving à peine sorti de l’adolescence et venu tout droit de Duke était choisi en première position par des Cleveland Cavaliers orphelins de leur champion, parti au Miami Heat un an plus tôt. Le King venait d’ailleurs d’encaisser l’un des échecs les plus cuisants de sa carrière avec une défaite en finales NBA contre les Dallas Mavericks et surtout une terrible défaillance de sa part. Et c’est donc dans ce contexte que l’enfant de Tombale, abandonné par sa mère quelques années auparavant, découvrait l’univers professionnel de la grande ligue.

Quelques années plus tard, le roi James a enfin conquis sa couronne – trois même. Butler est devenu « Buckets », un All-Star. Mais entre temps, il s’était rapidement taillé une réputation de « Kobe Stoppeur » puis de « LeBron stoppeur ». Une étiquette collée un peu hâtivement après une ou deux bonnes prestations défensives contre des superstars harcelées chaque soir ? Plus que ça. Le joueur a tenu sa promesse. Il a défendu sur le meilleur joueur du monde. Et même plus que ça. Il est l’un des rares à vraiment parvenir à lui tenir tête. Et ce depuis plusieurs années maintenant.

Jimmy Butler, l'arme anti-LeBron James (depuis 2013)

Jimmy Butler, l’arme anti-LeBron James

Ce n’est certainement pas un hasard si Jimmy Butler affiche un bilan rare et extrêmement flatteur de 12 victoires en 17 confrontations avec le quadruple MVP NBA. Hey, combien de joueurs peuvent se targuer d’afficher pareil exploit sur leur CV ? Parmi ceux qui ne portent pas les couleurs des Golden State Warriors ? James a dominé la ligue et principalement la Conférence Est pendant toute sa carrière ou presque et il est même invincible (en playoffs) de ce côté du pays depuis sept piges. Série en cours. Il a effacé un à un tous ses concurrents : Indiana, Chicago, Brooklyn, Boston, Toronto, etc. Et malgré ça, Butler se pointe avec cette stat implacable : 17 matches, 12 succès.

Le dernier en date, cette nuit, est particulièrement retentissant. Il n’a pas seulement bloqué le patron des Cavaliers, il a annihilé tous ses pouvoirs l’espace d’une soirée. Une de plus. LeBron a rarement paru aussi impuissant. Et Butler lui a donc infligé le pire +/- de la carrière de l’un des plus grands de tous les temps : -39 dans les chicots. Un James limité à 10 points à 4/8 aux tirs en 27 minutes. Comme s’il ne comptait pas. Comme s’il était un vulgaire DeMarre Carroll. Ça, c’est le boulot habituel pour le chien de garde attitré de Tom Thibodeau.

Pion devenu le pire ennemi du roi

Jimmy Butler est devenu une star dans cette ligue en bossant sur son jeu avec acharnement intersaison après intersaison. Il n’était pas censé en arriver là. D’où sa sélection en toute fin de premier tour en 2011. Au mieux, il était un ailier athlétique capable justement de bien défendre et de mettre quelques paniers en transition et sur des shoots ouverts. Un « 3 and D. » Exactement le rôle qu’il incarnait au début de sa carrière. Il a ajouté des cordes à son arc petit à petit. Un tir extérieur. Un dribble. De la lecture du jeu. Du playmaking. Les ingrédients d’un basketteur à plus de 20 points par match quatre saisons de suite. Il a d’ailleurs frôlé le triple-double cette nuit : 21 pions, 8 rebonds et 9 passes.

Mais s’il a parfois eu du mal à mentalement se mettre dans la peau du patron que son niveau de jeu le forçait à devenir – un leadership hasardeux qui a finalement poussé les Chicago Bulls à le transférer – c’est peut-être aussi parce que Butler a gardé son goût des tâches ingrates. Il ne recule devant rien, devant personne. Cette motivation – détermination même – alliée à son gabarit lui permet de rivaliser avec les attaquants les plus prolifiques du monde. Avec son double mètre et sa centaine de kilos de muscles, il a les armes physiques et la mobilité pour contenir James. Plus facile à dire qu’à faire. Mais il le fait.

La charge des loups

Il le faisait déjà en 2013, quand un LeBron au sommet de son art croisait la route des Chicago Bulls en playoffs. Il faut reposer un peu le contexte là. Le King était vraiment impressionnant. Peut-être la saison la plus folle de sa carrière : 27 points, 8 rebonds, 7 passes, 56% aux tirs, 40% à trois-points. Du MVP de chez MVP. Idem, en playoffs. Il a roulé sur tout le monde. Tout le monde, sauf Butler. OK, les taureaux ont été balayés en cinq manches sèches. Mais Jimmy a limité son adversaire direct à 23 pions et seulement 43% aux tirs pour un James contraint de passer 42 minutes par match sur le parquet pour se défaire de la « Windy City ». Car si la série peut paraître déséquilibrée, les scores étaient pourtant serrés.

Aujourd’hui encore, la défense du bonhomme fait la différence. Avec un sacré détail en plus : il est enfin le chef d’une meute de jeunes loups aux crocs aiguisés. Car, encore une fois, ce n’est pas un hasard si la montée en puissance des Wolves coïncident avec celle de Jimmy Butler. Jugez plutôt sa progression par tranche d’une dizaine de matches.

Minnesota est désormais quatrième de la Conférence Ouest. Avec un bilan quasiment similaire à celui des Cavaliers : 26 victoires et 16 défaites contre 26 succès et 14 revers pour la franchise de l’Ohio. Sauf que l'une des deux équipes est en pleine bourre quand l'autre galère. Et il y a un homme qui a tout changé pour celle qui est en plein boom : Jimmy Butler.