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Les Wizards doivent-ils transférer John Wall ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Wizards sont en difficulté depuis le début de la saison. Est-ce qu'il ne serait pas temps de prendre une nouvelle direction en transférant John Wall ?

Les Washington Wizards refusent d’enclencher l’alarme et de céder à la panique après leur septième défaite en huit matches cette nuit. Et quelque part, ils ont bien raison. La saison vient à peine de débuter et l’effectif est trop talentueux pour squatter trop longuement à la dernière place de la Conférence Est. C’est le début de la crise à D.C. – les joueurs ont été hués par le public – mais il y a de nombreuses raisons de penser que les hommes de Scott Brooks vont finir par se relever. En revanche, il y a un autre constat qui s’étend bien au-delà des trois premières semaines de la saison régulière. Cela fait maintenant des années que ce groupe peine à atteindre son plein potentiel. Elle patine depuis que John Wall est devenu le visage (et le patron) de l’organisation.

Le cirque est quasiment permanent mais ça se ressent moins que pour d’autres franchises parce que les Wizards ont le mérite de faire les playoffs au sein d’une Conférence faible. Ils ont été éliminés quatre fois au second tour depuis 2013 avec une sortie de route prématurée au premier round l’an dernier et une saison sans qualification en 2016. L’équipe de Washington est une habituée des playoffs. Sans pour autant être une valeur sûre à l’Est.

Elle devrait pourtant l’être. Elle en a les moyens. Or parfois, quand un groupe n’arrive à se dépasser ensemble, il est préférable de le casser. Les Los Angeles Clippers en sont le parfait exemple. Chris Paul et Blake Griffin ont longtemps été les deux têtes d’affiche d’une formation présentée comme un candidat au titre année après année. Ils ne sont jamais allés au bout et ont fini par se détester les uns des autres. Aujourd’hui, plus aucun des deux ne porte la tunique des Clips. La franchise californienne est moins victorieuse mais elle se reconstruit plus sainement.

Il est peut-être temps que les Wizards suivent le même modèle. Parce que le vestiaire paraît sur le point d’exploser saison après saison. L’atmosphère semble même nauséabonde vu de l’expérience. Wall et Bradley Beal, les deux meilleurs joueurs de l’équipe, ont déjà publiquement avoué qu’ils avaient du mal à s’encadrer (dans des termes plus polis). Ils ont chacun mis de l’eau dans leur vin depuis. Mais ils ne forment pas un duo en parfaite symbiose comme ça peut être le cas à Portland (Damian Lillard et C.J. McCollum) ou à Golden State (Stephen Curry et Klay Thompson). Autant de duos d’arrières auxquels les deux All-Stars des Wizards aiment se comparer sans jamais assumer leur propos sur le terrain ensuite.

Ce sont là deux très bons basketteurs. C’est leur attitude qui pose problème. Depuis qu’ils ne se chamaillent plus (et encore, Beal avait quelques piques à peine déguisées pour Wall l’an dernier), ils s’en prennent ouvertement à leurs coéquipiers. C’est le néant au niveau du leadership. Et ce n’est donc pas étonnant que cette équipe fonce droit dans le mur, de déceptions en déceptions saison après saison. Il y a un moment où il faut couper la tête du serpent.

Mettre John Wall sous la potence est peut-être un brin injuste. Les premiers responsables sont les dirigeants (que de mauvais choix !). Mais le propriétaire (lui aussi à la rue) ne semble pas déterminé à faire le ménage dans le front office. Il faudra que quelqu’un prenne enfin ses responsabilités. Et vu que le management ne va pas se mettre lui-même à la porte, le GM a peut-être intérêt à se séparer de son meilleur joueur.

Sacrifier un All-Star est toujours une entreprise délicate. Il n’y a pas masse de meneur comme Wall. C’est du 19 points, 9 passes de moyenne quasiment chaque saison. Les franchises sont souvent perdantes en termes de niveau de jeu quand elles transfèrent un joueur de cette trempe. Mais là, le problème ne vient encore une fois pas du terrain. JW aspire à être le patron d’une équipe mais il n’en a pas l’étoffe. Ou, en tout cas, il n’en donne pas l’impression depuis son arrivée en NBA en 2010 (premier choix de la draft).

Même sur le terrain, certaines lacunes peuvent être soulignées. Son incapacité à se montrer adroit de loin a déjà handicapé les Wizards en playoffs. Il ne pèse pas – ou trop peu – quand il n’a pas la gonfle entre les mains. Nous vivons à l’époque où le tir à trois-points n’a jamais été aussi important. Son profil est moderne (pick-and-roll, drive-and-kick) mais il lui manque cette régularité derrière l’arc pour faire autant de dégâts qu’un Damian Lillard, qu’un Stephen Curry ou qu’un Kyrie Irving. Notons aussi que Wall n’a jamais été le leader de son équipe aux « Win Shares » depuis que les Wizards ont retrouvé les playoffs, un indicatif très prisé des dirigeants NBA. Il est censé désigner celui qui apporte le plus à son équipe. Marcin Gortat, Bradley Beal et Otto Porter Jr ont dominé cette catégorie statistique.

Mais la première idée consiste à assainir le vestiaire, quitte à perdre en ambition pour le moment (et encore, quelle ambition ? Les Wizards ne peuvent pas prétendre aux finales NBA, même à l’Est). John Wall, de par son talent, est le joueur dont la valeur marchande est la plus forte. S’il faut en transférer un, c’est d’abord lui. Surtout qu’il est encore sous contrat jusqu’en 2023. Ce qui peut empêcher les équipes intéressées de faire baisser les enchères. Quelques suggestions.

WASHINGTON RECOIT : Kemba Walker, Michael Kidd-Gilchrist, un premier tour de draft

CHARLOTTE RECOIT : John Wall, Jason Smith

L’échange serait surtout axé autour des deux meneurs All-Stars John Wall et Kemba Walker. L’intérêt pour Charlotte est de récupérer un potentiel leader (…) originaire de Caroline du Nord et sous contrat pour plusieurs saisons. En effet, Walker sera libre de signer où bon lui semble en 2019 et les Hornets pourraient donc perdre leur seule star. Wall évoluerait ainsi pour la franchise de son état natal en reconstruisant autour de lui sur de nouvelles bases. Le tandem Walker-Beal est peut-être même encore plus redoutable pour les Wizards étant donné que le premier nommé est un bien meilleur shooteur extérieur que Wall. Washington gagnerait sans doute plus de matches.

Le risque serait de perdre Walker sans contrepartie quelques mois plus tard mais les Wizards seront alors en position pour entamer une reconstruction dans des conditions plus agréables.

WASHINGTON RECOIT : Goran Dragic, Justice Winslow, un premier tour de draft protégé

MIAMI RECOIT : John Wall, Jason Smith

Même principe sauf que Goran Dragic a une option sur la saison 2019-2020. Il y a donc moins de risque de le voir partir quelques mois ensuite. Miami récupérerait là un meneur partenaire idéal du pick-and-roll avec Hassan Whiteside tout en mettant la main sur un All-Star cherché par la franchise depuis un petit moment. John Wall serait dans l’environnement idéal pour vraiment se reprendre en main. Intégrer Justice Winslow dans le transfert est peut-être un prix trop élevé pour le Heat mais les Wizards ont besoin de défenseurs et de jeunes joueurs autour desquels reconstruire.

Orlando, Phoenix, New York sont d’autres franchises susceptibles d’être intéressées sans forcément avoir les atouts pour mettre en place un transfert de John Wall. Ce ne sont là que des suggestions mais les Wizards risquent de vraiment se poser la question s'ils ne relèvent pas rapidement la tête cette saison.