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Des idée de trades pour John Wall

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Les Washington Wizards seraient enfin prêts à transférer John Wall. Zoom sur les échanges possibles afin de reconstruire l'équipe sur des bases saines.

Il y a peu plus de deux semaines, nous avions, une fois de plus, soulevé une problématique qui nous trotte dans le crâne depuis au moins deux saisons : les Washington Wizards doivent-ils transférer John Wall ? Il n’y avait pas encore de rumeurs sur le sujet au moment où nous avons écrit ce papier (ben ouais, on bombe un peu là. Ouais, vous pouvez nous chambrer mais on a souvent un bon feeling sur ces trucs-là finalement). La réponse, à vrai dire, se trouvait selon nous déjà dans la question. Oui. Oui. Et même OUI. Cela fait un bon moment que l’on souhaite que la franchise de D.C. explose. Pour son propre bien. Et celui de ses acteurs.

Jared Dudley, qui a fréquenté le vestiaire de Washington, se montrait lui aussi visionnaire hier. Le vétéran était interrogé au sujet de son ancienne équipe et il a été particulièrement honnête.

« Je vois un groupe qui est ensemble depuis trop longtemps. Ils n'ont pas fait de progrès alors il est temps de changer les choses. Je pense qu'ils ont de bons joueurs mais les bons joueurs ont parfois besoin de situations différentes. (…) Ils jouent encore avec deux intérieurs. Otto Porter devrait jouer ailier-fort, il apporterait plus de spacing. Je pense que l'un de leurs joueurs [majeurs] va bouger soit avant la deadline de février, soit cet été. Soit John [Wall], soit Brad [Beal], soit Otto. Et je pense que ce sera une bonne chose. »

Quelques heures plus tard, ESPN annonçait par l’intermédiaire d’Adrian Wojnarowski que les Wizards étaient prêts à transférer n’importe quel joueur de leur effectif. John Wall et Bradley Beal inclus. Encore une fois, pour nous, c’est une évidence. Une démarche que les dirigeants auraient dû entreprendre depuis bien longtemps. On ne veut pas accabler les joueurs pour autant. En réalité, les vrais fautifs du marasme permanent de l’organisation sont sans doute à chasser dans le Front Office – voire même plus haut. Mais ils ne peuvent pas se virer tout seul. Alors la faute retombe à un moment ou à un autre sur les stars de l’équipe.

Les Wizards ont une culture catastrophique et Wall – et Beal à un degré moindre – en est aussi responsable. Parce qu’il est censé incarner le visage de cette équipe. Et quel visage ! On ne compte plus les saisons sans déclaration ou attitude immature, les querelles avec ses partenaires, les insultes, la jalousie, etc. J.J. Barea avait très bien résumé l’affaire en balançant un « on sait que même tes coéquipiers ne t’aiment pas » lors d’une petite altercation avec le meneur All-Star. Ce n’est pas Marcin Gortat, qui s’est pris le bec PUBLIQUEMENT, avec JW qui dira le contraire. Beal a aussi eu son lot de disputes avec son partenaire.

Et ce n’est pas comme si ça allait en s’arrangeant. ESPN et The Athletic ont rapporté des tensions récentes à l’entraînement. Des insultes. Des nouvelles brouilles. Et un Wall mis à l’amende après avoir insulté son coach Scott Brooks. Est-ce que les Wizards veulent vraiment encore se construire autour de ce bonhomme ?

Le problème, c’est que son contrat le rend particulièrement difficile à échanger. Il touchera 37 millions de dollars dès la saison prochaine. Puis 40 la saison suivante. 43 en 2021-2022. Et enfin 46 (en option) lors de la dernière année de son deal. C’est plus que massif. Surtout que le natif de Raleigh a fêté ses 28 ans en septembre. Il est l’un des meilleurs joueurs de la ligue à son poste. Mais il ne devrait plus progresser. Il est le basketteur qu’il est aujourd’hui. Un meneur véloce, excellent sur pick-and-roll mais incapable de peser de loin, inefficace et souvent immobile quand il n’a pas la balle. Un athlète capable de défendre mais qui limite ses efforts de ce côté du parquet. Qui va vraiment vouloir se sacrifier pour lui ?

D’où les spéculations autour d’un transfert de Bradley Beal, plus jeune (25 ans), moins grassement payé et pendant moins longtemps. Un joueur plus moderne, aussi. Les Wizards auront sans doute moins de mal à trouver une contrepartie intéressante pour leur arrière alors qu’il n’est peut-être même pas le meilleur élément de l’équipe. Mais peuvent-ils vraiment régler leurs problèmes de fond en gardant Wall ?

Nous, on miserait vraiment sur un transfert du meneur. Même s’il faut le brader un peu. Quitte à suivre la voie des Los Angeles Clippers – les Wizards de John Wall ressemblent d’ailleurs aux Clips de Chris Paul en moins forts et au sein d’une Conférence plus facile : une équipe qui n’a pas développé son potentiel et qui a fini par s’autodétruire – et à tenter de mettre en place un groupe sans vraie star mais avec plein de joueurs de talents. Wall est le CP3 de l’Est. En moins talentueux. N’oublions pas qu’il n’a toujours pas joué la moindre finale de Conférence et que Paul en a pris plein la tronche rien que pour ça. « Jean Mur », à l’inverse, a bizarrement toujours un paquet de partisans. Notamment en France. Allez savoir pourquoi.

Miami, la cure pour John Wall

John Wall est un excellent basketteur. Mais on reste convaincus que les Wizards seraient plus forts, par soustraction, en se séparant de l’un des cancers de leur équipe. Et le joueur lui-même a désespérément besoin d’un nouveau scénario. Un nouveau départ pour monter à quel point il est fort. Comme le dit Dudley, « les deux équipes seraient gagnantes » en cas de transfert. Et il y a une organisation qui peut vraiment redonner de la force à Wall. Le Miami Heat. Imaginez-le à South Beach. Avec un cadre strict. Un vrai dirigeant charismatique. Un coach génial. Une préparation physique digne de ce nom pour le mettre dans la forme de sa vie. Une équipe dévouée à sa cause avec des vrais patrons dans le vestiaire pour assumer ce que lui n’est pas en mesure de faire. C’est parti.

MIAMI REÇOIT : John Wall, Jason Smith.

WASHINGTON REÇOIT : Goran Dragic, Justice Winslow.

Si jamais le Heat refuse d’inclure Winslow – ce qui peut se comprendre – voilà une deuxième hypothèse.

MIAMI REÇOIT : John Wall, Ian Mahinmi.

WASHINGTON REÇOIT : Goran Dragic, James Johnson.

L’équilibre des salaires est respecté lors de ces deux échanges. Miami a besoin d’une superstar et il semble de plus en plus clair que la franchise floridienne n’attire plus réellement les principaux free agents. Les dirigeants auraient là l’opportunité de récupérer une superstar sous contrat pendant encore quatre ans. Un partenaire idéal pour le pick-and-roll avec Hassan Whiteside.

Goran Dragic est susceptible de tester le marché dès cet été. Le Heat va donc peut-être le perdre sans contrepartie. Autant l’échanger avec Wall. Le contrat du Slovène arrange presque les Wizards. S’il prolonge, Washington tient là une équipe solide, plus stable. S’il se barre, la franchise peut entamer sa reconstruction en signant un joueur grâce aux économies réalisées ou peut carrément décider de repartir de zéro en transférant aussi Beal pendant l’été. Un groupe composé de Dragic, Beal, Oubre, Porter et Dwight Howard peut faire des dégâts à l’Est. Avec Markieff Morris et Johnson en sortie de banc, c’est propre. D’ailleurs, au moins la moitié des problèmes des Wizards seraient réglés si Otto Porter Jr jouait ailier-fort. Il y aurait plus d’espaces, plus de jeu rapide, plus de tirs pour tout le monde et donc plus de joie. C’est simpliste mais ça semble vraiment… logique.

Wolves et Pacers comme modèles

Les dirigeants de D.C. ne doivent pas voir trop gourmands. Personne ne va se saigner pour Wall. Mais ils doivent essayer de trouver un package similaire à celui récupéré par les Minnesota Timberwolves pour Jimmy Butler ou celui des Indiana Pacers pour Paul George. Peut-être viser des jeunes joueurs de rotation qui n’ont pas forcément le profil d’une star mais ont besoin d’un nouvel air pour se développer. Un Stanley Johnson par exemple.

DETROIT REÇOIT : John Wall, Jason Smith.

WASHINGTON REÇOIT : Luke Kennard, Stanley Johnson, Reggie Jackson.

Stanley Johnson
Stanley Johnson, un joueur que les Wizards doivent cibler.

Les Pistons se mettraient dans le rouge pour toutes les saisons à venir (ce serait clairement un transfert stupide pour Detroit : il aurait un cinq majeur avec trois joueurs incapables de shooter, le spacing serait horrible) mais tiendraient là un vrai ‘Big Three’. Le contrat de Reggie Jackson est embêtant mais il expire en 2020 (encore 18 millions). Les Wizards pourront toujours essayer de négocier un buyout s’il continue de décevoir même après avoir été transféré en dehors du Michigan.

Phoenix, New York, Brooklyn, Orlando ou Chicago sont des équipes qui ne seraient pas contre la venue d’un meneur All-Star. Mais on espère réellement qu’ils ne tenteront pas leurs chances pour John Wall. Ce dernier n’est pas aligné sur l’âge de Devin Booker ou Deandre Ayton par exemple. Il sera à bout de course au moment où les jeunes stars des Suns vont réellement développer leur plein potentiel. Les Knicks ont intérêt à conserver leur espace sous le Cap pour essayer de pêcher un gros poisson à la prochaine intersaison. Les Lakers aussi. Les Nets tournent bien et le Magic n’a pas trop de contrepartie à offrir. Les Bulls ont intérêt à se reconstruire.

Les Pelicans, tronches de pigeons ?

Anthony Davis NBA
Anthony Davis a besoin d'un autre All-Star à ses côtés.

Il y a une franchise qui est susceptible d’être intéressée aussi bien par John Wall que par Bradley Beal. C’est New Orleans. Qu’ils le veuillent ou non, qu’ils le reconnaissent ou non, les Pelicans sont déjà dans l’urgence. Ils doivent trouver du soutien pour Anthony Davis. Parce qu’il va se barrer à ce rythme. AD a justement le même agent – Rich Paul baby – que Wall. Il y a aussi la connexion Kentucky. Les Pelicans étaient prêts à céder Nikola Mirotic, pourtant important, contre Jimmy Butler. Pourquoi ne pas tenter le coup avec Wall ?

NEW ORLEANS REÇOIT : John Wall.

WASHINGTON REÇOIT : Nikola Mirotic, E’Twaun Moore, au moins un pick (protégé loterie ou top 10).

Si les Wizards sont prêts à attendre le 15 décembre, date à laquelle les joueurs signés cet été seront disponibles, une autre offre peut faire l’affaire :

NEW ORLEANS REÇOIT : John Wall.

WASHINGTON REÇOIT : Julius Randle, E’Twaun Moore, Elfrid Payton.

Bradley Beal peut remplacer Wall dans les offres ci-dessus. Les Pelicans auraient là un backcourt de qualité avec un autre All-Star à associer à Jrue Holiday (surtout Beal). Beal comme Wall seraient des partenaires idéaux pour Davis sur le pick-and-roll (surtout Wall). Ainsi qu’une star autour de laquelle construire provisoirement si jamais AD venait à se barrer l’été suivant.

Un transfert de Beal peut présenter un avantage pour Washington : repartir avec Wall et miser fort sur un retour en forme de DeMarcus Cousins. DMC est le meilleur ami du meneur et il sera free agent en 2019. Washington pourrait alors essayer de se construire un cinq avec Wall, un arrière récupéré lors du transfert de Beal, Oubre, Porter et Cousins. Là, ça serait toujours aussi chaotique mais ça aurait franchement de la gueule.