Kevin Durant l’a joué à la Monsieur Propre

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Décrié pour ses isolations à outrance depuis deux tours, Kevin Durant a bien réagi après un Game 1 en dent-de-scie. Il a été impeccable cette nuit.

Steve Kerr avait prévenu : « Kevin Durant sait qu’il n’a pas été bon dans le Game 1, il est excité pour le Game 2. » Voilà qui ne présageait rien de bon pour les Cleveland Cavaliers. Ses détracteurs qui n’ont toujours pas digéré sa décision du 4 juillet 2016 diront le contraire mais ils se trompent : KD est un grand champion. Et il sait donc rebondir. Au cœur des critiques actuelles se trouvent ses isolations. Contre-nature. Pas en adéquation avec le « beau jeu » tout en mouvement des Golden State Warriors. Au contraire. Elles le complètent.

Ces possessions où le MVP des finales 2017 joue 1-vs-1 peuvent sembler effectivement étranges. Car elles cassent le flow offensif d’une équipe qui est à son maximum quand elle fait circuler la balle à outrance. Il y a un sentiment de trop plein de facilité. De simplicité. Quand les Dubs ne savent pas quoi faire, ils filent la gonfle à un montre de sept pieds au gogo-gadgeto-bras interminables. Et ils le laissent donc manœuvrer. Normal, il est l’un des meilleurs attaquants de tous les temps. S’ils lui donnent la balle, c’est parce qu’il peut marquer à tout moment. Une isolation de Kevin Durant est quasiment constamment synonyme de « bon tir ».

Dans un bon jour, il en plante 50. Et c’est justement dans ces moments-là que la défense adverse se retrouverait contrainte de faire prise-à-deux. Aucune équipe ne peut se le permettre. Faire prise-à-deux sur Durant, c’est ensuite signer son arrêt de mort. Car dit prise-à-deux sur lui dit des espaces pour Stephen Curry ou Klay Thompson, les deux gâchettes les plus redoutables de la NBA. Voilà pourquoi aucun coach adverse ne se laisse tenter par la défense en doublon, quitte à laisser l’un des trois meilleurs joueurs du monde avec un basketteur moins mobile ou plus petit sur lui. Voilà pourquoi Kerr continue à alimenter son bonhomme en têtes-à-têtes. Même après un Game 1 où il a balancé du 8/22.

Il y a tout de même eu un ajustement sur ce Game 2. Toujours des isolations mais avec des attaques plus franches. Moins de dribbles. Pas de James Harden. Ni de pick-and-roll non plus. Les isolations de Durant n’étaient pas forcément la première option sur une action. Plus une conséquence des réactions de la défense des Cavaliers. Dès qu’ils cherchaient à trapper Curry, les Warriors contraient en plaçant leur scoreur longiligne près du cercle. Il agressait son vis-à-vis dès réception du ballon. Il a vite cherché à prendre l’avantage.

Kevin Durant a ainsi débuté la partie avec cinq paniers en autant de tentatives. Pour 11 points. Il a même été à l’origine du premier écart créé (39-30) par Golden State. Il est tout simplement impossible à arrêter quand il fonce vers le cercle dans le sens de la marche, après une belle circulation de balle des Dubs. Car quand ce n’était pas de l’iso, KD s’est évertué à attaqué juste après réception, en mouvement. La meilleure stratégie offensive pour lui. Il a tout de même su se mettre en retrait quand Curry faisait exploser la défense. Il a marqué à des moments stratégiques. Comme ce trois-points planté après deux paniers primés de Kevin Love dans le troisième quart temps (66-56).

Il est ainsi revenu dans un rôle – et c’est dingue de l’écrire – de seconde option. Ou de première option bis. Il a fait dans l’efficacité totale : 26 points à 10/14 aux tirs, 9 rebonds, 7 passes et +24 de différentiel. L’ailier était tranchant sans forcer pour autant. Il a laissé le jeu venir à lui et ça a payé cette nuit.

Les highlights de Kevin Durant