Trois pépites à L.A : Zoom sur Russell, Randle et Clarkson

Les Los Angeles Lakers ont perdu cette nuit mais leurs trois jeunes joueurs prometteurs, Jordan Clarkson, D'Angelo Russell et Julius Randle, se sont illustrés. Focus.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Trois pépites à L.A : Zoom sur Russell, Randle et Clarkson
Lorsque l'on pense Los Angeles Lakers, on pense titres, superstars, showtime. On pense aussi Kobe Bryant, un futur Hall Of Famer dont le nom s'associe aux trois données précédemment citées. Dernier dinosaure d'une franchise historique en quête d'un nouveau souffle, il est le relais entre le récent passé glorieux des Lakers et la période de transition traversée actuellement par l'organisation. Alors lorsque le Black Mamba fait son retour sur les parquets après une nouvelle absence prolongée pour cause de blessure, on ne parle que de lui. Ou presque. Si l'on devait retenir une image pour illustrer la défaite des Angelenos contre Utah hier soir, on opterait de suite pour ce tir de Kobe. Le premier de la rencontre. Le premier de la saison. Un raté mémorable. Cette saison à venir a des airs de tour d'adieu pour le quintuple champion NBA. Elle ressemble aussi déjà à l'année de trop. Comme l'exercice précédent à vrai dire. Les Lakers ont pris une dérouillée hier. Mais il ne s'agit que de la pré-saison. Who cares. Cette déculottée dans les règles ne sera pas la seule de l'année. Kobe Bryant a beau se montrer ambitieux à chaque fois qu'il foule un parquet, son équipe ne truste plus les sommets de la terrible Conférence Ouest. Difficile d'imaginer L.A. en playoffs. L'image ci-dessous résume sans doute mieux la saison à venir - et sans doute d'autres dans le futur proche - des Lakers. <script Une action privée de top 10 du jour en raison d'une vilaine faute de Trevor Booker. Mais cette action, même inachevée, en dit déjà un peu plus sur les Angelenos de demain. Avec D'Angelo Russell à la mène, Julius Randle à la finition - comme c'est le cas ci-dessus - et sans oublier Jordan Clarkson, les Lakers disposent de trois jeunes joueurs talentueux et prometteurs.

D'Angelo Russell, un génie à la baguette

[caption id="attachment_288064" align="alignleft" width="318"] Une tronche de vainqueur.[/caption] Commençons avec le deuxième choix de la dernière draft. Phénomène à Ohio State, Russell a hérité des comparaisons avec Stephen Curry ET James Harden en martyrisant les défenses universitaires au cours de l'année écoulée. Une pépite qui a tapé dans l'oeil des dirigeants californiens et de Kobe Bryant himself.
"Ce qu'a fait D'Angelo dans le troisième quart-temps avec cette passe aveugle (l'action en question juste au-dessus - NDLR), c'était dingue", commentait le Black Mamba. "Sa vision du jeu est astronomique. Peu de meneurs peuvent faire une passe comme celle-ci. C'est simple avec lui, s'il y a la moindre brèche dans la défense, il arrivera à vous passer la balle."
Kobe Bryant fait des éloges à un rookie. On répète, Kobe Bryant fait des éloges à un rookie. Un coéquipier rookie qui plus est. Pas le style du personnage. Mais D'Angelo Russell n'est pas un débutant comme les autres. C'est doux, comme une mélodie du chanteur du même pseudonyme. C'est fluide. Le meneur parcourt le parquet avec grâce. Il distribue le jeu avec classe et devrait gagner en aisance en acquérant de l'expérience.
[superquote pos="d"]"Ce qu'a fait Russell dans le troisième quart-temps, c'était dingue !" Kobe Bryant[/superquote]"Ils vont faire des erreurs, évidemment. Mais ils ont tellement de potentiel", assure Byron Scott au sujet de Russell et de Jordan Clarkson, l'autre arrière prometteur de l'effectif.
D'Angelo Russell n'a que 19 ans. Sa faculté déconcertante à marquer des points de plusieurs façons différentes (de loin, en pénétration, à mi-distance) lui a valu de se faire repérer par les scouts NBA. Mais c'est bien sa capacité à créer du jeu qui intéresse les Lakers dans un premier temps. Il n'a que 19 ans, on le répète, mais il a déjà les clés de la baraque.
"Je veux donner de la liberté à ces gars pour qu'ils fassent ce qu'ils savent faire de mieux en attaque", promet déjà Scott, lui aussi peu habitué à donner rapidement sa confiance à un rookie.
[superquote pos="d"]D'Angelo Russell a déjà la confiance de Kobe et de son coach[/superquote]Byron Scott et Kobe Bryant sont de l'ancienne école. Mais ils sont - quelque part - conscients de la situation à Los Angeles. Les Lakers ne joueront pas le titre (si seulement quelqu'un y croyait vraiment). Ils chercheront évidemment à éviter une nouvelle saison ridicule (21 petites victoires l'an passé) tout en confiant de plus en plus de responsabilités aux jeunes pousses de l'équipe. En première ligne, D'Angelo Russell, Jordan Clarkson et Julius Randle. A l'image de ses performances pendant la ligue d'été, le premier nommé a encore fait preuve de maladresse cette nuit. Il a inscrit 5 petits points, perdu 2 ballons et manqué 6 de ses 8 tentatives.
"C'est un rookie de 19 ans, on ne peut pas s'attendre à autre chose", tempérait Byron Scott.
Russell estime qu'il a pris des bons shoots. Ils finiront par rentrer. C'est là que l'on se doit de repenser à cette superbe passe aveugle. Les actions isolées ont à la fois peu et beaucoup de sens. C'est un paradoxe. Un joueur lambda n'est pas en mesure de réaliser une telle passe pour son premier match de pré-saison. C'est un avant goût de ce que le jeune homme est en mesure de faire sur un terrain de basket. C'est une note d'espoir et d'excitation pour les fans des Lakers.

Jordan Clarkson, un dragster dans le backcourt

[caption id="attachment_286228" align="alignleft" width="318"] Jordan Clarkson était l'un des seuls motifs de satisfaction à L.A. l'an passé.[/caption] Le temps est l'ami des jeunes joueurs de Los Angeles. Avec le temps, Russell et son partenaire sur la ligne arrière, Jordan Clarkson, seront de plus en plus complémentaires.
"Ces gars-là ont déjà progressé très rapidement", confiait leur coach.
Clarkson, c'est l'histoire d'un joueur oublié le soir de la draft malgré ses 17 pions de moyenne lors de sa troisième saison à la faculté. Les "vieux" n'ont pas la cote auprès des scouts. C'est donc au second tour que les Lakers ont sélectionné le prospect formé à Missouri l'an dernier. Une saison plus tard, il figurait parmi les meilleurs débutants de l'année avec 11,9 points de moyenne. Il a profité de la faiblesse de l'effectif de Los Angeles pour se dégotter une place de titulaire. Il est désormais attendu même si le staff de la franchise a prévu de se montrer patient avec ses jeunes joueurs. Comme Russell, Clarkson peut mettre du rythme, agresser les défenses adverses et créer du jeu. Leur association connaîtra très certainement des mauvaises passes et quelques soirées difficiles face à des joueurs plus expérimentés mais elle devrait faire souffrir ceux qui ne sont pas prêts à courir pendant 48 minutes. Jordan Clarkson s'est lui aussi troué cette nuit : 9 points à 4/13 aux tirs. Mais là encore, c'est l'attitude du jeune homme qui séduit. Considéré comme un garçon à l'éthique de travail plus que sérieuse, il devrait corriger le tir prochainement.

Julius Randle, un buffle dans la peinture

[caption id="attachment_203207" align="alignleft" width="318"] Julius Randle ? Un "animal" selon Kobe Bryant.[/caption] Julius Randle, le troisième larron, n'a pas été plus en réussite contre Utah : 7 points à 2/10 aux tirs mais aussi 7 rebonds. Plus que les prises, c'est la manière dont il a capté ses rebonds et ce qu'il a fait par la suite qui intrigue. L'ancienne vedette de Kentucky est bestiale mais elle a aussi la capacité de foncer vers le cercle après avoir récupéré la gonfle en défense. C'est exactement ce que lui demande son coach.
"S'il prend 7 ou 8 rebonds par match, il pourra porter la balle en attaque", expliquait Byron Scott.
Comme ses deux compères, Randle joue vers l'avant. Il fonce et écrase tout sur son passage, ce qui lui a déjà valu des comparaisons avec Zach Randolph et Charles Barkley.
[superquote pos="d"]"Il est fort comme un taureau." Kobe au sujet de Randle[/superquote]"Julius est un animal. Je le pense vraiment", remarquait Kobe Bryant. "C'est un compétiteur. Il est extrêmement athlétique et fort comme un taureau. J'ai aimé son activité ce soir."
Activité, attitude, langage du corps. Des éléments rassurants au milieu d'une soirée terne. Julius Randle, D'Angelo Russell et Jordan Clarkson n'ont pas brillé mais ils se sont pourtant fait remarquer. Voilà trois joueurs que l'on suivra avec la plus grande attention cette saison. Comme quoi, il n'y pas que Kobe Bryant à Los Angeles.
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