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92 OKC

Il y a un an, on écrivait : Pourquoi LeBron James va quitter Cleveland

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Flashback : il y a un an, nous annoncions un départ du King en 2018. Voici ce que nous écrivions.

24/07/2017 : Parfois, une rumeur, aussi sensationnelle soit-elle, peut en cacher une autre encore plus sismique. Une fois révélées par la presse, les envies de transfert de Kyrie Irving, meneur All-Star des Cleveland Cavaliers, ont fait l’effet d’une bombe. Mais ce n’est rien en comparaison de l’explosion nucléaire qui s’annonce pour l’intersaison 2018. LeBron James sera libre de signer où bon lui semble. Et le déroulé des événements, de cette défaite éclaire en finales NBA jusqu’à ce putsch d’Irving, nous laisse croire que le King a plus que jamais l’intention de mettre les voiles. De quitter l’Ohio. Quitte à se mouiller un poil plus, de laisser Cleveland pour aller jouer aux Los Angeles Lakers (avec Paul George).

Ce raisonnement, cette spéculation, elle nous trotte dans la tête depuis plusieurs semaines maintenant. D’ailleurs, pas que dans la notre. Le très sérieux Kevin O’Connor de The Ringer a été le premier à évoquer un intérêt de James pour la franchise californienne. En plein pendant les finales. Sur le moment, nous étions encore un peu sceptiques. Prudence oblige. Mais en y regardant de plus près, il semble évident qu’il ne s’agit pas juste d’une rumeur montée de toutes pièces mais d’une hypothèse de plus en plus plausible. Même si, comme toujours, le conditionnel et les pincettes sont de mise. En un an, tout peut changer.

Si le puzzle menant LeBron James aux mauves et or se met tout doucement en place, c’est d’abord parce qu’il a du sens. Sportivement, mais pas seulement. Commençons avec ce qui se trame à Cleveland. Comme Irving l’a très bien dit avant que ses désirs d’ailleurs soient rapportés, la situation est « étrange ». Et ce depuis un moment. Cela a commencé avec le licenciement de David Griffin, GM respecté des Cavaliers pourtant auteur d’un excellent boulot à la tête de la franchise.

Dan Gilbert reprend le contrôle des Cavaliers... à LeBron James ?

Le dirigeant a été remercié par Dan Gilbert, le propriétaire, en personne alors qu’il négociait la venue de Paul George. Surtout, il a été viré sans même que James soit consulté. Même s’il s’en défend, il semble évident que le King disposait pourtant d’un droit de regard sur toutes les décisions importantes opérées par l’organisation depuis son retour au bercail en 2014. Il a masqué sa déception et affiché son soutien à Griffin après l’annonce de son éviction.

Ce choix, il ressemblait fort à une reprise de pouvoir de Gilbert au sein de sa propre franchise. Depuis trois ans, le milliardaire regarde. Il a assisté à la construction d’une équipe compétitive. Il a aligné les sommes pour les proches de LeBron James (J.R. Smith, Tristan Thompson, Tyronn Lue). Sans broncher. Il a encaissé les piques de sa superstar quand cette dernière, en pleine saison, s’est plainte de la stratégie opérée par ses dirigeants. A l’époque, des insiders avaient déjà fait comprendre qu’il s’agissait plus d’une critique envers Gilbert. Elle n’était pas destinée à Griffin, alors GM. James regrettait visiblement que son employeur ne soit pas prêt à payer encore plus pour s’assurer que les Cavs restent compétitif. Avec le recul, cette passe d’arme prend maintenant une autre ampleur.

Dan Gilbert n’est pas du genre à rester dans l’ombre, à raquer et à la fermer

Car Dan Gilbert n’est pas du genre à rester dans l’ombre, à raquer et à la fermer. Il a toujours eu un rôle sur les décisions sportives de son équipe. Même si ce n’est pas son domaine. Et depuis le retour du natif d’Akron, il a été contraint de prendre place sur le siège passager. Il pouvait sans doute le supporter tant que sa franchise était en mesure de gagner des titres. Mais avec la crainte de voir James lui filer une nouvelle fois entre les doigts d’ici un an, le proprio s’est peut-être soudainement mis en tête de récupérer son bien.

Il a donc viré Griffin et il a cherché à mettre l’un de ses hommes de confiance au pouvoir. Chauncey Billups, l’un de ses associés, a finalement refusé le poste. Peut-être que lui aussi a senti le départ du King et le merdier qui se prépare à Cleveland. Sans GM, Gilbert a lui-même mené le recrutement de son équipe. Les Cavaliers, triple-finalistes, censés incarner la première force de résistance aux Golden State Warriors, ont donc été drivés par un propriétaire qui n’a aucune expérience en tant que GM pendant un été décisif.

L'écart se creuse entre les Warriors et les Cavaliers

Paradoxalement, LeBron James n’a pas été impliqué dans le recrutement estival. Encore une fois une première depuis son «coming home ». Peut-être simplement parce qu’il ne peut pas promettre aux joueurs intéressés qu’il sera là sur le long-terme… car si ce n’est pour James, aucune superstar n’a envie de mettre les pieds à Cleveland.

Le recrutement, parlons-en. Les champions 2016 ont réalisé une intersaison indigne de leur statut. Alors que les Boston Celtics ajoutaient Gordon Hayward, que les Minnesota Timberwolves récupéraient Jimmy Butler, que les Houston Rockets s’armaient avec Chris Paul et que le Oklahoma City Thunder choppait Paul George, qu’ont fait les Cavaliers ? Ils ont signé José Calderon pour remplacer Deron Williams. Un meneur vieux, usé et fatigué changé par un meneur encore plus vieux, encore plus usé et encore plus fatigué.

José Manuel Calderon
José Calderon ne suffira pas pour tout changer à Cleveland...

Dan Gilbert a aussi filé 22 millions sur trois ans à Kyle Korver, 37 balais. A la fin de son deal, à plus de 40 piges, le shooteur rincé percevra donc encore plus de 7 millions de dollars. Enfin, Cleveland est la dernière équipe en date à donner sa chance à Jeff Green, joueur en perdition depuis plus de quatre saisons. Seule l’arrivée de Cedi Osman est excitante dans l’Ohio. Mais ça ne suffira certainement pas pour faire sauter James au plafond.

A 40 balais, Korver touchera encore plus de 7 millions de dollars

Encore moins pour battre les Warriors. Les dernières finales ont fait preuve de l’écart de niveau grandissant entre les deux ténors de la ligue. D’ailleurs, ce statut de ténors, les Cavaliers ne l’ont que grâce à LeBron James. Car en réalité, le fossé se resserre entre Cleveland et les autres armadas (Houston, Boston, San Antonio). En revanche, ils ‘agrandit avec Golden State. Les deux équipes ne boxent plus dans la même cours.

A 32 ans, James a pourtant dit plusieurs fois qu’il n’avait plus de temps à perdre. Son équipe a de sérieuses lacunes et une très faible marge de manœuvre. Il y a des chances qu’elle aille droit dans le mur, même en restant intact. Perdre trois finales de plus causerait bien du tort à sa fameuse « legacy » qu’il chérit ouvertement. Sportivement, rester aux Cavs est un risque. Même après avoir joué trois finales de suite. Surtout que si lui a l’énergie pour enchaîner les saisons extrêmement longues, ce n’est certainement pas le cas de tous ses coéquipiers. Encore moins ceux qui ont déjà fêté leur 35 bougies.

Après tout, il a déjà mené à bien sa mission. Il a déjà offert un titre à son Ohio natal. Il peut maintenant mettre les voiles sans subir un contrecoup trop important en termes d’image. Alors, partir, OK, mais pour aller où ?

Paul George - LeBron James, une nouvelle 'superteam' aux Lakers ?

C’est là où les Lakers entrent en jeu. Rich Paul, l’agent et ami de James, a récemment fait comprendre aux dirigeants californiens qu’il était préférable de laisser de la place sous le Cap en 2018. Il les a avertis personnellement, lors de la signature de Kentavious Caldwell-Pope, un autre de ses clients. Paul pouvait très bien essayer de négocier un contrat sur plusieurs saisons pour KCP. Il a discuté avec les Lakers pour obtenir plus d’argent pour le jeune arrière… et surtout un deal sur un an seulement.

Dans un an, les Angelenos auront l’espace suffisant pour accueillir au moins deux superstars. Peut-être trois si elles acceptent de faire un effort financier pour s’associer. L’avenir de Paul George à L.A. semble déjà assuré, même s’il a récemment, politique oblige, laisser penser qu’une prolongation de contrat à OKC n’était pas impossible. C’est de la communication. Toutes les sources rapportées proche du joueur insistent sur son envie de porter le maillot des Lakers.

PG admire LeBron. LeBron respecte PG. Leurs duels étaient fantastiques, leur tandem est encore plus salivant. Il relève pour l’instant du domaine du fantasme. Mais il n’est pas impossible de les voir évoluer ensemble dans un an. La NBA elle-même se prépare de plus en plus à cette possibilité. Lonzo Ball est d’ailleurs le playmaker parfait pour jouer avec James. Après s’être moqué du représentant de Big Baller Brand, le King s’est récemment rendu à un match de Summer League des Lakers et il a essayé, symboliquement, de convaincre le rookie de signer chez Nike. Les connexions se font.

Los Angeles, la destination parfaite pour assurer le relais sur son après-carrière

Los Angeles, c’est les Lakers. Mais les Lakers, ce sont aussi Los Angeles. Et Los Angeles, c’est la Californie… et le business. L’endroit idéal pour préparer son après carrière. LeBron James est un businessman et il ne s’en cache pas. Il a déjà fait comprendre qu’il souhaitait devenir un basketteur milliardaire. Il a déjà fait part de son intention de racheter un jour une franchise NBA. Passionné de nouvelles technologie, il serait exactement où il faut pour faire fructifier son argent en investissant dans les nombreuses entreprises situées à L.A. ou dans la Silicon Valley. Les opportunités ne sont pas aussi nombreuses à Cleveland. Même pour lui. Là, il serait au cœur du business. Le relais avec sa prochaine carrière professionnel serait ainsi assuré.

Et là, nous n’avons même pas mentionné la rumeur selon laquelle sa femme préférerait habiter toute l’année à Los Angeles. La famille y possède déjà une baraque. D’ailleurs, James a toujours avoué préférer les climats ensoleillé. Ce sont uniquement des détails, parfois ridicules, mais, mis à bout à bout, ils ont une autre dimension.

Un transfert à dimension politique

La Californie est aussi un état démocrate. Attention, il est temps de s’écarter du basket. Et de spéculer. Vraiment spéculer. Mais tous ces petits points méritent d’être notés au moins une fois. Vous n’avez pas manqué l’implication de LeBron James lors de la dernière campagne électorale américaine. Il était là, sur scène, avec Hilary Clinton, lors du grand rassemblement de la candidate à Cleveland. Ce soir-là, il était presque aussi important – médiatiquement – que la potentielle prochaine Présidente des Etats-Unis (la suite est connue de tous…).

Contrairement à Michael Jordan, James est un athlète politisé. Il s’implique pleinement sur les questions de société. Il défend sa communauté. Un futur gouverneur ? Congressman ? Peut-être rien de tout ça. Mais il aime le pouvoir. Et il se comporte déjà comme un politicien dans sa manière de gérer son image et sa communication.

Trump, LeBron, Gilbert. Cherchez l'intrus.

Tout ça pour dire que Dan Gilbert, lui, est l’un des fervents défenseurs de Donald Trump. Vous voyez le tableau. LeBron, Trump, Gilbert. Cherchez l’intrus. Cela peut sembler si loin du basket, et ça l’est, mais la NBA est un business qui dépasse très largement le cadre du terrain. Imaginer James cohabiter et terminer sa carrière à Cleveland, sous Gilbert, paraît très peu probable.

Alors, quel est le rapport avec Kyrie Irving ? Le All-Star a beau affirmer (avec ironie) que la terre est plate, il n’est pas bête. Il n’est pas à exclure qu’il soit lui-même dans l’anticipation d’un départ de LeBron. Si James part, Irving se retrouverait superstar – certes – d’une franchise en reconstruction complète, sans direction claire, sans vraie possibilité de se renforcer. Le cauchemar. « Uncle Drew » n’a sans doute pas oublié à quoi ressemblaient les Cavaliers avant le retour de James. Certains diront qu’il lui suffit d’attendre un an, de voir ce que décide le King puis d’éventuellement demander son transfert en cas de départ de LeBron.

Kyrie Irving
Kyrie Irving ne veut pas se retrouver seul dans le désert de Cleveland

Mais il n’aura alors absolument pas la même influence. Dans un an, Irving sera à un an de l’expiration de son contrat (il dispose d’une option pour tester le marché dès 2019). L’histoire démontre que les superstars ne sont pas faciles à transférer à ce moment-là. George a été échangé contre deux paquets de chips. Sa valeur est plus haute maintenant qu’elle ne le sera dans un an. Un avantage pour sa franchise… et donc un levier supplémentaire pour Kyrie qui peut se permettre de faire part de ses destinations préférentielles. D’ici un an, son influence sera moins forte. C’est ainsi que PG s’est retrouvé à Oklahoma City quand il réclamait Los Angeles.

Mais qu’Irving soit transféré ou non, le vrai grand départ, il y a des chances que ce soit celui de LeBron James. Les éléments sont là. Ils peuvent sembler difficiles à croire pour l’instant. Mais ils prendront eux aussi un autre sens si le triple champion venait à effectivement mettre les voiles dans un an.